
L’actuel gouvernement britannique est sous le feu des critiques pour avoir vendu pour près de 5 milliards de livres sterling d’armes et équipements militaires à des « régimes jugés répressifs » ou des « pays controversés en matière de droits de l’Homme », rapporte ce dimanche le quotidien britannique The Guardian.
L’Algérie figure parmi les pays de ce groupe ayant acheté des armes auprès du Royaume-Uni durant ces deux dernières années, en compagnie de l’Arabie saoudite, le Qatar, la Chine ou encore l’Azerbaïdjan. L’État algérien a en effet acheté un hélicoptère militaire en septembre 2015 pour un montant de 195 millions de livres sterling (265 millions d’euros, selon le taux dudit mois).
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Ce montant fait de l’Algérie l’un des principaux clients du complexe militaro-industriel britannique durant cette période, dépassé uniquement par l’Arabie saoudite, qui a acheté pour 3.75 milliards de pounds en équipements de défense militaire auprès du Royaume-Uni durant les 22 derniers mois. Le Qatar a quant à lui dépensé 120 millions de pounds dans l’achat d’équipement militaire de soutien aérien.
« Le Royaume-Uni a constamment armé plusieurs des régimes les plus brutaux et les plus autoritaires au monde, et un certain nombre ont été invités à Londres pour acheter des armes », a déclaré Andrew Smith, de l’ONG Campaign Against Arms Trade. « Ces ventes d’armes ne sont pas moralement neutres, elles constituent un signe clair de soutien politique et militaire pour les régimes auxquels elles sont vendues. Le gouvernement a joué un rôle absolument central et a toujours mis les exportations d’armes vers les despotes et les dictateurs en avance sur les droits de l’Homme », a-t-il ajouté.
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De son côté, le gouvernement britannique de Theresa May insiste sur le fait que ses systèmes de licences d’exportation d’armes sont soumis à des règles strictes. « Le gouvernement prend très au sérieux ses responsabilités en matière de contrôle des exportations et exploite l’un des systèmes de contrôle des exportations de défense les plus robustes dans le monde. Nous examinons rigoureusement toutes les applications au cas par cas », a affirmé, la semaine dernière devant le Parlement britannique, le ministre d’État aux Affaires étrangères, Alan Duncan.
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