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Le hirak revient en force : ce qu’il faut retenir du 30e vendredi

Le hirak revient en force : ce qu’il faut retenir du 30e vendredi

Les prédictions se sont révélées vraies : il y avait sans doute plus de monde lors des manifestations populaires de ce 30e vendredi que lors des précédents.

Que se soit à Alger où la mobilisation était imposante, selon tous les observateurs présents sur place, ou encore dans d’autres villes du pays, comme à Oran, Mostaganem ou encore à Constantine, Bouira ou Bejaia, pour ne citer que quelques villes, les citoyens étaient fort nombreux dans les rues pour réclamer de nouveau le départ du système et le rejet des élections dans les conditions actuelles.

À Alger où l’imposant dispositif sécuritaire a été reconduit avec le déploiement des éléments de la police et des forces anti-émeute dans les principales artères, et malgré l’arrestation de certains militants du RCD dont un député, la population était au rendez-vous pour ce trentième vendredi.

Il faut probablement remonter au mois de juin dernier, si l’on excepte l’exceptionnelle mobilisation du 5 juillet, pour assister à une mobilisation d’une telle ampleur.

L’essentiel des grandes avenues d’Alger, -la rue Hassiba Benbouali, la rue Didouche Mourad, ou encore le boulevard Zighoud Youcef- était noires de monde dès la fin de la prière de vendredi.

Dans une ambiance festive, mais un tantinet de colère assez perceptible sur de nombreux visages et dans la manière dont des manifestants scandaient certains slogans, les manifestants ont scandé les slogans habituels contre le régime, et rejeté les élections dans les conditions actuelles et réclamé la libération des détenus, le départ du gouvernement et de Bensalah.

Et comme il fallait s’y attendre, l’ombre de Karim Tabbou, président de l’UDS (Union démocratique et sociale), placé sous mandat de dépôt la veille, à la prison de Koléa, a plané sur la marche.

Dans pratiquement toutes les villes où se sont déroulées les marches, les manifestants n’ont pas cessé de réclamer la libération de cet homme politique, l’un des rares à se fondre chaque vendredi parmi la foule.

« Allahou Akbar, Karim Tabbou » ou encore « libérez Tabbou » ont été longuement scandés par les manifestants à Alger, Constantine, Bejaia et ailleurs.

Image fort émouvante à Alger, la présence de l’épouse et des enfants de Tabbou, dont le garçon, en larmes, n’a pas échappé aux photographes et autres munis de leur portables et qui ont tenu à l’immortaliser.

Autres slogans phares annonciateurs de la poursuite du bras de fer entre le « Hirak » et le pouvoir : « Nous ne nous arrêterons pas jusqu’à assurer la transition démocratique » ou encore « pas d’élections avec la bande ».

Alors que certains spéculaient sur le reflux de la mobilisation, les manifestations de ce vendredi qui ont concerné un nombre considérable de villes à l’image de Mostaganem, Sidi Bel Abbes, Biskra, Jijel, El Tarf, Bouira, Oran, Constantine, Tiaret, Jijel, Batna, Tizi-Ouzou laissent à penser que l’arrestation de Karim Tabbou l’a quelque peu galvanisé.

Le pouvoir va-t-il revoir sa copie ? À voir la célérité avec laquelle les projets de Loi relatifs à l’autorité indépendante en charge des élections et au régime électoral ont été adoptés par les deux chambres parlementaires, on peine à croire qu’il va y renoncer.

La convocation du corps électoral s’annonce même imminente, probablement le dimanche. Mercredi, depuis Constantine, le chef d’état-major de Cors d’Armée, Ahmed Gaid Salah a exprimé sa « certitude de la tenue de l’élection présidentielle dans les délais », grâce, a-t-il dit, à la « bonne perception du peuple quant aux agendas de certaines parties, qui n’ont aucun lien avec l’intérêt du peuple algérien ».

« Personne n’a le pouvoir d’interrompre ou d’entraver la marche de l’Algérie et l’empêcher d’atteindre son objectif », a-t-il ajouté.

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