
Malgré l’hostilité d’une bonne partie de son opinion publique, le Maroc continue de renforcer ses relations avec Israël, dont l’entreprise génocidaire à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée suscitent de plus en plus le désaveu, y compris parmi ses soutiens traditionnels en Occident.
Alors que les portes lui sont fermées aux salons de Paris et de Rotterdam, l’industrie de défense israélienne se voit offrir une vitrine par le royaume du Maroc.
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Israël expose pour la première fois ses armes au Maroc
En effet, pour la première fois, des entreprises de défense israéliennes participent officiellement au Salon aéronautique de Marrakech, qui se tient du 7 au 10 octobre.
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Conduite par la Direction de la coopération internationale en matière de défense du ministère israélien de la Défense, connue sous l’acronyme SIBAT, la délégation israélienne comprend huit entreprises : Elbit Systems, Israel Aerospace Industries (IAI), Rafael Advanced Defense Systems, XTEND Systems, SHILAT Optronics, UVision Air, ASIO Technologies et Orbit Communication Systems, selon les comptes rendus de plusieurs médias.
Les équipements présentés couvrent plusieurs domaines : munitions téléopérées, systèmes robotiques fondés sur l’intelligence artificielle, navigation autonome pour drones, guidage laser de drones FPV et communications satellitaires.
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Elbit Systems expose notamment le drone Hermes 900, des plateformes autonomes de la famille FUSE, ainsi que la munition rôdeuse SkyStriker, le système de lance-roquettes PULS et le projectile guidé par laser LIZARD.
De son côté, Israel Aerospace Industries met en avant des technologies de frappe de précision et des systèmes de défense, dont le missile LORA. Les trois grands groupes présentent plus largement des solutions destinées aux domaines aérien, terrestre, naval et spatial, ainsi qu’au renseignement et au cyberespace.
Génocide à Gaza et nettoyage ethnique en Cisjordanie
Cette présence, qui intervient dans un contexte international sensible, marqué notamment par la persistance des violences israéliennes contre les Palestiniens, ne passe pas inaperçue.
Car les industriels israéliens exposent des technologies militaires qu’ils présentent eux-mêmes comme « éprouvées au combat » à Gaza, notamment des drones, des munitions rôdeuses, des systèmes de guidage et des équipements de communication.
Autrement dit, des technologies dont la valeur commerciale est également mise en avant à travers leur utilisation opérationnelle sur les théâtres de guerre. Et qui dit théâtres de guerre dit opérations menées par l’entité sioniste en Iran, au Liban et en Syrie, mais surtout dans l’enclave de Gaza, martyrisée et dévastée.
À Marrakech, les responsables israéliens ne boudent d’ailleurs pas leur plaisir face à cette opportunité et ne cachent pas les objectifs de cette participation.
Le général de brigade à la retraite Yaïr Kulas, qui dirige la SIBAT, a lui-même qualifié cette présence de « jalon important » pour le ministère de la Défense et l’industrie militaire israélienne, selon les mêmes sources.
Il a également présenté le salon comme une plateforme destinée à « élargir la coopération internationale en matière de défense et à établir des partenariats à long terme ».
Derrière la vitrine technologique se dessine donc un objectif commercial, mais surtout stratégique : accroître les exportations d’armements israéliens, prospecter de nouveaux marchés et consolider les liens militaires avec Rabat. Pour le Royaume, engagé dans une course à l’armement, cette participation, qui s’inscrit dans le prolongement des accords d’Abraham, constitue une occasion de renforcer davantage ses liens avec Israël.
Une coopération à contre-courant de l’opinion publique
Mais au moment où, en Occident, des gouvernements durcissent le ton à l’égard d’Israël et où les entreprises israéliennes rencontrent des restrictions dans certains grands salons européens de défense, la participation israélienne au salon de Marrakech dans ce contexte particulier apparaît comme un affront à l’opinion publique marocaine et aux Palestiniens.
D’autant que cette présence coïncide avec l’anniversaire du 7 octobre, date de l’attaque du Hamas en Israël, en 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza et les opérations militaires israéliennes ayant entraîné des pertes humaines massives et des destructions considérables dans le territoire palestinien.
Une coïncidence qui confère à cette participation une dimension politique supplémentaire. Mais qu’importe, visiblement, pour les autorités marocaines. L’enjeu est ailleurs : il se situe avant tout sur le terrain stratégique et industriel. Le rapprochement avec Israël lui permet de bénéficier de technologies avancées et de renforcer ses capacités militaires face à son voisin algérien. De quoi entretenir l’instabilité dans une région qui ne manque pas de foyers de tensions.