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Le MSP répond à Ould Abbes : « Cheikh Nahnah n’était pas un homme de marchandage »

Le MSP a vivement réagi, ce mercredi 18 juillet, aux déclarations de Djamel Ouled Abbes, secrétaire général du FLN, faites la veille, lors d’une rencontre avec les médias à Alger. « Cheikh Nahnah n’étéit pas un homme de marchandage. C’est lui qui a cédé son droit à la présidence de la République, après avoir été plébiscité par les électeurs en 1995 », écrit le MSP, dans une déclaration.

Évoquant l’élection présidentielle de 1999, Ould Abbes a rappelé que le FLN était le premier à avoir soutenu la candidature d’Abdelaziz Bouteflika (il s’est présenté en candidat libre). « Après, des partis sont venus le voir. Ce n’est pas un secret, le président d’un parti islamiste, qui était ami du président, aujourd’hui décédé, a demandé au président sur ce que sera l’après élection. Le président a répondu : « Moi, je ne promets rien du tout. Celui qui veut voter pour moi, mon programme est là. Je ne suis pas venu pour faire du marchandage ». Un autre parti, tout nouveau, est venu demander le nombre de postes de walis et de ministres qui lui seront attribués (après l’élection). Le président a répondu que cela se passe dans un Souk Fellah et qu’il n’était pas venu pour vendre ou acheter », a déclaré le SG du FLN.

Le FLN va « clarifier les choses »

« Il est du droit d’un parti de proposer une initiative politique et il est droit de tout responsable d’appeler le président de son parti de se présenter aux élections. Cheikh Mahfoud Nahnah n’a pas besoin de quelqu’un pour défendre son honnêteté et ses sacrifices pour le pays. Tout le monde connaît son rôle essentiel dans la sauvegarde du pays, chose que les autres politiques de son âge et de son rang n’ont pas faite », appuie le parti d’Abderrazak Makri.

Le MSP dit avoir appris auprès de la direction du FLN que ce qui a été rapporté à propos du Cheikh Mahfoud Nahnah était faux. « La direction a annoncé qu’elle va clarifier les choses », est-il précisé dans la déclaration de presse.

« Ils veulent rester au pouvoir avec la protection de l’armée… »

Le MSP annonce une prochaine rencontre avec le FLN pour évoquer son initiative d’aller vers « un consensus national » et l’élection présidentielle de 2019. Le parti s’engage à expliquer, prochainement, le contenu de ce projet. « Ce qui distingue cette initiative est qu’elle respecte les formes et les échéances constitutionnelles pour faciliter son acceptation. Aussi, avons-nous dit que l’élection présidentielle de 2019 sera une occasion importante pour la mettre en pratique dans l’intérêt du pays », explique le MSP.

Appelant tout le monde à tirer les leçons des autres expériences dans le monde, le parti de Makri, en réponse aux critiques du SG du FLN, souligne que la réussite des « transitions politiques et économiques » dépend de la contribution de l’institution militaire. « Depuis sa création, le MSP a été la victime de l’intervention de l’État, avec toutes ses institutions, dans la politique et dans la fraude électorale comme l’institution militaire qui a été utilisée dans les consultations électorales pour changer la volonté populaire. Même certains leaders proches du pouvoir l’ont reconnu. Ceux qui profitent de la situation actuelle font de la surenchère sur la non intervention de l’armée. Ils veulent rester au pouvoir avec la protection de l’armée d’une manière ou d’une autre », accuse le parti islamiste.

Djamel Ould Abbes a attaqué ceux qui appellent à « la transition démocratique » et appelé à éloigner l’armée de toute action politique. « Laissez l’armée assumer ses missions. L’armée protège le pays, le territoire et l’unité du peuple. L’armée ne va pas interférer dans la politique. Jamais », a tranché le SG du FLN.

« La corruption a atteint les sommets »

Selon le MSP, le pays vit une crise économique et structurelle profonde. « Une crise qui peut provoquer des situations sociales dangereuses pouvant menacer la stabilité et l’unité du pays. La corruption a atteint les sommets et les gouvernements successifs ont échoué à assurer le développement et la prospérité. La cause de tout cela est l’absence de transparence et de contrôle sur l’action publique, la médiocrité, la nomination aux postes selon des critères de régionalisme et les réseaux de corruption. Cela s’est développé en raison du trafic électoral et de l’absence de la démocratie et de la compétition politique libre », analyse le MSP.

Le parti de Makri prévient que si le navire échoue, tout le monde coulera avec. « Intervenir pour empêcher ceux qui veulent trouer le navire est un devoir de tout patriote libre voulant sauver tout le monde », souligne-t-il.

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