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C’est Les cours du pétrole et du gaz ont de nouveau atteint des cimes dans le sillage des développements de la situation où Moyen-Orient où l’industrie des hydrocarbures est mise à mal par la guerre sur mènent les États-Unis et Israël à l’Iran.
Pour l’Algérie, qui tire l’essentiel de ses recettes en devises de l’exportation des énergies fossiles, il s’agit évidemment d’une aubaine qui tombe à pic, c’est-à-dire au moment où sont lancés des projets gigantesques de diversification de l’économie.
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Une bataille salutaire que l’aisance financière attendue de la hausse des prix du pétrole et du gaz ne doit pas faire oublier.
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La guerre contre l’Iran fait flamber le pétrole et le gaz
Le baril de pétrole a frôlé les 120 dollars lundi 9 mars, à la suite de l’annonce du blocage du détroit d’Ormuz par lequel passent 30% des livraisons mondiales de pétrole.
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Le gaz aussi s’est envolé à cause de la dégradation de la situation dans la même région, particulièrement après l’arrêt de la production du Qatar, l’un des plus gros exportateurs mondiaux.
Le déblocage des réserves stratégiques, à l’appel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a fait baisser les prix, qui se maintiennent toutefois aux alentours de 100 dollars le baril.
Les analystes n’excluent pas une remontée des cours, jusqu’à une fourchette de 120-125 dollars. Un tel scénario permettrait à l’Algérie d’équilibrer son budget, élaboré sur la base d’un baril à 70 dollars.
L’Algérie exporte un peu moins de 1 million de barils de pétrole par jour et plus de 50 milliards de mètres cubes de gaz par an. Ses recettes varient considérablement suivant le niveau des cours mondiaux.
En 2020, année des restrictions liées à la crise sanitaire, elles se sont élevées à 22 milliards de dollars seulement.
En 2022, l’Algérie a engrangé 60 milliards grâce à la flambée des prix causée par le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les recettes en devises de l’année en cours dépendront évidemment de la suite des événements dans le Golfe et des niveaux des cours dans les mois à venir.
Par le passé, l’Algérie a raté plusieurs aubaines du genre pour diversifier son économie, comme la forte hausse des cours qui a duré du début des années 2000 jusqu’en 2014.
Le pétrole à 100 dollars, une aubaine pour l’économie algérienne
Les autorités algériennes semblent avoir retenu la leçon, en faisant de la réduction de la dépendance aux hydrocarbures une priorité, tout en continuant à maintenir un système coûteux de subventions généralisé de plusieurs produits et de services, mais certaines dépenses ont été réduites au maximum, notamment certaines importations.
C’est précisément après la flambée de 2022 que de nombreux projets d’infrastructures et d’investissement productif, visant à diversifier véritablement l’économie, ont été lancés.
On peut citer les gigantesques projets ferroviaires du sud, les projets intégrés d’exploitation minière (fer de Gara Djebilet, phosphate de Tébessa et zinc et plomb de Béjaïa), les fermes géantes du sud (production de lait avec les Qataris, de blé avec les Italiens…).
Le gouvernement, qui a amélioré au préalable le climat des affaires à travers une batterie de textes, dont une nouvelle loi sur l’investissement, table sur ces projets et d’autres à venir notamment dans l’industrie pour atteindre un PIB de 400 milliards de dollars, suivant les prévisions du président de la République Abdelmadjid Tebboune.
En attendant, la hausse des recettes des hydrocarbures permet au gouvernement de poursuivre les réformes sans grosse pression, en équilibrant d’abord un budget qui a atteint 58 milliards de dollars.
En 2019, le Fonds monétaire international (FMI) estimait que l’Algérie avait besoin d’un baril à 116 dollars pour équilibrer son budget, suivant les chiffres de l’époque. Pour les dépenses actuelles, de nombreux économistes estiment qu’un baril à 120-125 dollars constituerait une véritable bouffée d’oxygène.
Une diversification inévitable
La manne permettra aussi au gouvernement de ne pas revenir sur ses engagements sociaux et de maintenir notamment le système des subventions généralisées.
Le montant global des transferts sociaux s’élève à une trentaine de milliards de dollars. Les maintenir, c’est préserver la paix sociale et disposer d’une fenêtre de tir pour poursuivre les réformes sans mesures douloureuses et risquées. Il pourra aussi poursuivre les immenses projets d’infrastructures dans recourir à l’endettement extérieur.
Tout cela ne doit toutefois pas faire perdre de vue le chantier de la diversification, le seul à même de permettre à l’Algérie de s’affranchir des calculs à chaque fluctuation des cours des hydrocarbures consécutivement aux aléas de la géopolitique mondiale.
L’Algérie se classe 15ème sur 193 pays recensés dans l’indice de dépendance aux exportations d’hydrocarbures établi par le thinktank Verisk Maplecroft, cabinet d’analyse et d’évaluation des risques géopolitiques et économiques mondiaux, lequel mesure la dépendance excessive d’un pays envers ce type de revenus, selon Bloomberg.