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Le projet de Macron sur l’immigration provoque un tollé en France

Le projet de Macron sur l’immigration provoque un tollé en France

Le président français Emmanuel Macron a provoqué un tollé dans son pays en décidant d’installer le très sensible sujet de l’immigration au cœur de l’agenda politique, ses critiques estimant que son gouvernement cherche à emboiter le pas à Marine Le Pen et à l’extrême droite.

« Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l’immigration) en face », a déclaré le président français ce lundi lors d’une réunion avec les députés de sa majorité La République en marche (LREM).

« Je crois en notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers où le nombre de mineurs non accompagnés explose », a-t-il averti dans des propos cités par Le Point.

« La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec », a indiqué Macron, ajoutant : « La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite. On est comme les trois petits singes : on ne veut pas regarder ».

Pour le président français, le parti de majorité n’a qu’ « un seul opposant sur le terrain : c’est le Front national (devenu Rassemblement national, NDLR) ». « Il faut confirmer cette opposition, car ce sont les Français qui l’ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, faire peur ou bâtir une solution ouverte, mais pas naïve », a affirmé Emmanuel Macron.

Le président français aurait notamment, selon Marianne, dans son collimateur les Albanais et les Géorgiens qui viennent demander l’asile en France, alors qu’ils viennent de pays considérés comme sûrs. 10 000 Albanais et 7 000 Géorgiens ont demandé l’asile en 2018, soit une explosion de 256% pour ces derniers, indique la même source.

Le changement de cap politique du président Macron et son gouvernement ont eu effet de créer des divisions au sein du parti de la majorité, La République En Marche. Une quinzaine de députés issus de l’aile gauche du groupe parlementaire a notamment diffusé ce mardi une tribune pour défendre l’intégration.

« Ne soyons pas dupes, ce débat sur les migrants économiques est souvent instrumentalisé par ceux qui veulent accentuer le sentiment de rejet lié à l’étranger et à l’islam. (…) Ne laissons pas le débat de l’immigration aux conservateurs et à la droite. Ne le laissons pas dériver vers une palabre sécuritaire, protectionniste et identitaire », écrivent les députés de la majorité, cités par BFM TV.

L’éditorialiste Claude Askolovitch a également fustigé la stratégie du gouvernement français, estimant « qu’à son tour, Macron s’abaisse à instrumentaliser l’immigration » et adoptant des mots tranchants à l’égard de Macron. « Dans l’espoir de séduire l’électorat lepéniste, le président ressort les vieux clichés du bourgeois humaniste et de l’ouvrier xénophobe », écrit le journaliste français.

« Nous y voilà. Il a, quel talent d’acteur, revêtu le costume mité du réalisme. Il faut, pour éviter Le Pen, tutoyer ses thèmes et flatter son public ; il faut, pour amadouer le peuple xénophobe, punir l’immigration ; il faut être ferme, et l’étranger est là pour le prouver », dénonce Askolovitch. « Ce n’est pas être populaire que d’attribuer aux immigrés les maux d’une société. C’est être fasciste », estime l’éditorialiste.

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