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« L’édition de la BD s’est effondrée en Algérie »

Le Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) fête cette année son dixième anniversaire. Il se déroule jusqu’au 7 octobre 2017 à Riad El Feth et au Palais de la culture Moufdi Zakaria. Dalila Nadjem est commissaire du festival. Entretien.

Le FIBDA se déroule cette année dans deux espaces. Pourquoi ?

C’est pour réduire les coûts. Les salles du Palais de la culture sont cédées gratuitement. Il suffit de faire une scénographie. À Riadh El Feth, nous louons un chapiteau. On installe le parterre, la moquette et les murs. Cela exige beaucoup de dépenses, au moins 3 millions de dinars. La librairie internationale est à Riad El Feth. On ne peut pas la déplacer. C’est le cœur du festival. Nous avons prévu une navette entre les deux espaces. Pour les ouvrages vendus, nous avons fait des réductions pour presque 50 % avec des prix attractifs pour les gros classiques (comme « Comic strips »). Il y a une forte demande sur les mangas.

Qu’en est-il de la participation étrangère cette année ?

L’invité d’honneur est la France. Ces dernières années, plusieurs pays ont été invités comme l’Italie, la Belgique, le Brésil, la Suisse, le Cameroun, la Corée du Sud… Avec la France, nous avons des échanges réguliers. Nous organisons des formations ensemble. Nous avons été invités en 2013 à Angoulême. Il était normal de rendre la pareille. Dans le monde arabe la BD n’est malheureusement pas prolifique. Le Maroc et la Tunisie sont représentés avec des auteurs au FIBDA. En tout, dix-sept pays participent au festival. L’année dernière, ils étaient 42.

Cette baisse de la participation est-elle liée aux restrictions budgétaires résultant de la politique d’austérité du gouvernement ?

Oui. Par le passé, nous prenions en charge jusqu’à 150 auteurs étrangers. Cette année, nous en sommes à une cinquantaine. Le festival résiste difficilement aux contraintes budgétaires. Le budget est passé de 60 millions de dinars à 20 millions. Nous avons fait beaucoup de restrictions. Nous avons quelques sponsors mais moins que les autres années. Il n’y a pas que l’État qui est en crise. Les entreprises privées sont également touchées. Malgré cela, nous avons invité des têtes d’affiches comme François Schuiten, Jacques Ferrandez, Farid Boudjellal… Nous suivons également les auteurs de notre continent qui ont commencé avec nous en 2008 et qui publient actuellement leurs travaux. Avec l’Afrique et le Maghreb, nous avons réussi. Il y a des auteurs algériens qui ont proposé des travaux très prometteurs mais qui ne pourront pas être publiés cette année. Soumeya Arezki, Nawal, Zozo continuent à travailler. Nous avons prévu des ateliers sur l’écriture de scénario, sur les films d’animation, sur le dessin… Il y a aussi des ateliers collectifs « Cuba, Alger, Bruxelles ». Une grosse demande existe sur les ateliers. Il faut réfléchir à les rendre payants mais il faut trouver le juste prix avec l’appui de l’État et des sponsors.

Et comment évolue l’édition de la BD en Algérie ?

L’édition de la BD s’est effondrée en Algérie. Je suis sceptique. Editer un livre de BD coûte très cher. Si on imprime 1000 exemplaires, le prix unitaire est entre 1400 à 1500 dinars. Et si on ajoute les autres frais comme la marge de l’auteur, on se retrouve parfois avec une BD à 2800 dinars. Ce n’est pas donné à tout le monde d’acheter une BD à ce prix. Il y a quatre ans, le ministère de la Culture accordait une aide à la création. Cette aide est gelée. Un artiste de BD travaille pendant environ un an pour pouvoir réaliser son album. Il y a ensuite la publication et la diffusion…

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