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Législatives : l’administration peut-elle encore frauder ?

Législatives : l’administration peut-elle encore frauder ?

Depuis quelques mois, le gouvernement multiplie les assurances sur la transparence des élections législatives du 4 mai. Même le chef d’état-major de l’ANP s’est impliqué en assurant que les soldats voteront en dehors des casernes.

Gaid Salah s’implique

« Le devoir de citoyenneté exige des personnels de l’ANP d’accomplir leur devoir électoral hors des casernes, et ce, conformément aux lois de la République et suivant les mesures prises en coordination avec le ministère de l’Intérieur », a déclaré Ahmed Gaïd Salah, vendredi. Selon le Code électoral, les militaires peuvent demander leur inscription sur la liste de leur commune de naissance, la commune du dernier domicile ou la commune de naissance d’un des ascendants (pour ce qui est élections locales).

Même si le vote des militaires en dehors des casernes ne constitue pas une nouveauté, le rappel de Gaid Salah est destiné à rassurer ceux qui redoutent une fraude aux prochaines élections. Et ces derniers ont de bonnes raisons de ne pas prendre au sérieux les assurances du gouvernement sur la transparence des élections. Le pouvoir a pris l’habitude de trafiquer les résultats des élections et il est difficile pour lui de convaincre les électeurs et les partis qu’il a abandonné ses mauvaises pratiques.

Non-respect de la loi

Qu’est-ce qui justifie ces accusations ? « Lors des élections locales de novembre 2012, des militaires ont été inscrits sur des listes électorales à Bouira notamment dans la commune de Haïzar (ce qui est illégal). Il y a eu des incidents. Nos militants (qui ont protesté, NDLR) ont été condamnés à de la prison avec sursis », rappelle Me Fetta Sadat, candidate et cadre du RCD. « Si le principe était respecté, on n’aurait pas eu besoin que le vice-ministre de la Défense intervienne (en faisant une déclaration là-dessus, NDLR) », ajoute-t-elle.

Au-delà du lieu de vote des membres des services de sécurité, l’opposition a régulièrement posé le problème des consignes de vote qui peuvent être données, selon eux, à la veille de chaque scrutin. Par exemple, depuis le début de la campagne électorale, les discours et les appels des responsables politiques à voter pour la stabilité du pays pourraient être interprétés comme étant une consigne de vote indirecte en faveur des partis du pouvoir, le FLN et le RND.

Pour Me Sadat, les corps constitués sont un « segment » sur lequel le système « compte énormément » lors des élections. « À travers le vote des corps constitués, le pouvoir peut gonfler le taux de participation. Il peut également influencer les résultats du scrutin », soutient-elle.

Comment l’administration pourrait encore frauder ?

Certes, le gouvernement ne cesse de rassurer en vantant les mesures prises par l’administration pour garantir la transparence totale lors du prochain scrutin. Mais rien n’y fait. L’opposition reste tout de même sceptique, malgré le limogeage du général Mohamed Medienne et la restructuration du DRS.

« Aujourd’hui, s’ils veulent frauder, c’est très facile puisqu’il n’y a plus de commission (indépendante, NDLR) de contrôle composée de représentants de partis politiques. Ils ont mis en place une Haute instance qui ne peut rien faire », avait estimé Bachir Frik, ancien wali.

Fichier électoral national

Comment peuvent-ils facilement frauder ? Quelle méthode pourrait être adoptée pour organiser cette fraude ?  Interrogé une nouvelle fois, Bachir Frik précise : « Il n’y a pas de recette toute prête pour frauder. Il y a plusieurs méthodes de fraude. On peut intervenir dans les urnes, lors de la lecture des résultats, etc ». « S’il y a une volonté réelle d’organiser des élections propres et transparentes, ils auraient créé une instance indépendante pour l’organisation des élections. Pourquoi les pouvoirs publics ne veulent pas dessaisir l’administration de l’organisation des élections ?  », dit-il.

Pour les partis de l’opposition, le refus du gouvernement de leur remettre le fichier électoral national contredit tous les discours officiels sur la transparence des élections.

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