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Liban : après le drame, la colère gronde à Beyrouth

Liban : après le drame, la colère gronde à Beyrouth

Quatre jours après la terrible explosion qui a dévasté le port de Beyrouth et une partie de la ville, faisant plus de 150 morts et plus de 6 000 blessés, le deuil et la consternation laissent la place à la colère à travers le Liban.

Ce samedi 8 août, des milliers de Libanais sont sortis dans les rues de la capitale pour exiger des sanctions contre les responsables de la tragédie et plus encore, réclamer le départ de la classe dirigeante.

La colère contre les autorités libanaises n’est pas nouvelle. Un large de mouvement de contestation avait éclaté en octobre 2019 sur fond d’une crise économique asphyxiante.

Il s’est estompé à cause de la crise sanitaire du coronavirus, mais a repris épisodiquement, notamment en avril et en juin derniers. L’explosion du 4 août n’est donc que le drame de trop, un motif supplémentaire pour réclamer un changement radical.

Lors des manifestations de ce samedi, des milliers de citoyens ont tenu les dirigeants du pays pour responsables de l’explosion de mardi dernier. À Beyrouth, l’exigence de sanctions sévères est exprimée par des potences et des guillotines brandies par les manifestants, estimés par différentes agences de presse à plusieurs milliers.

« Pendez-les tous », « c’est eux ou c’est nous », « vous étiez des corrompus, maintenant vous êtes des criminels », a notamment scandé la foule, en référence aux énormes dégâts provoqués par l’explosion de 2700 tonnes de nitrates d’ammonium stockées depuis des années dans l’enceinte du port.

En sus des morts et des blessés, 300 000 libanais se sont retrouvés sans abri. Des slogans anti-Hezbollah, ont été aussi entendus, bien que ce mouvement politique, qui pèse lourd sur l’échiquier libanais, se soit défendu d’être lié de près ou de loin à l’explosion.

Il y aurait au moins une centaine de blessés, suite à l’intervention des forces de l’ordre qui ont utilisé des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants.

Lors de la manifestation baptisée « le jour du jugement », les contestataires ont marché du lieu de l’explosion jusqu’au centre-ville, en passant par les boulevards dévastés, certains ont tenté de prendre d’assaut le périmètre du siège du Parlement, selon l’agence Reuters et d’autres ont investi le siège du ministère des Affaires étrangères, déclaré « quartier général de la révolution ».

Ces événements interviennent à la veille de la tenue d’une conférence internationale pour venir en aide à un Liban au bord du précipice après plusieurs mois d’une crise économique qui l’a mené à se déclarer en cessation de paiement en mars dernier.

La visioconférence des donateurs, organisée par la France et l’ONU, devrait se tenir ce dimanche 9 août. De nombreux pays et organismes ont annoncé leur participation. « Tout le monde veut aider », a tweeté le président américain Donald Trump.

 

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