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Marches contre le 5e mandat : « C’est un grand moment politique en Algérie »

Marches contre le 5e mandat : “C’est un grand moment politique en Algérie”

D.R.

Nacer Djabi est sociologue. Dans cet entretien, il commente les marches contre le 5e mandat, qui ont eu lieu ce vendredi en Algérie.

Des milliers d’Algériens ont marché pacifiquement ce vendredi contre le 5e mandat. Quel est votre commentaire ?

Il y avait des slogans diversifiés, c’était une marche pacifique. Je trouve que c’est un grand moment politique en Algérie. C’est une coupure avec l’expérience qu’on avait jusqu’à maintenant, où les Algériens avaient peur, où il y avait des débordements, de la casse. C’est pour la première fois depuis des années où les Algériens sortent dans la rue et scandent des slogans politiques très clairs : ils sont contre le 5e mandat, ils sont pour une ouverture du système politique, pour la réforme du système politique. Et surtout contre ce 5e mandat. Ce qui est bien aujourd’hui, ce qui est visible, c’est que la sociologie de la rue a changé, on n’a plus affaire à des jeunes qui cassaient, il y a plus de diversité, il y avait des familles, des vieux, des gens de la couches moyenne, qui ont donné une autre allure à la manifestation d’Alger.

Que doit faire le président ?

Je ne sais pas ce qu’il va faire, mais si les gens de la présidence, l’entourage du président, s’ils étaient sages, il y aura un retrait de cette candidature, qui risque de faire sauter tout le système politique. La rue a dit son mot, les gens ont dit qu’ils ne veulent pas de ce 5e mandat. Donc la solution la plus sage serait un retrait, avec une négociation avec les forces politiques, avec les Algériens pour changer ce système politique, qui devient un danger pour le pays.

L’opposition va-t-elle profiter de cette colère de la rue ?

J’espère que les partis politiques vont profiter un peu de cette situation. Il y a un retour de l’espoir qui vient de la rue, un retour de la puissance politique de la rue. La rue (algérienne) était vide politiquement, elle était politiquement sans vie, et on voit aujourd’hui que ce vide commence à disparaître. Il y a des slogans, le peuple est sorti dans la rue, il n’a pas eu peur, et il n’y a pas eu de casse, il n’y a pas eu d’escarmouches ou si peu, avec la police, et les choses vont dans le bon sens. Il y aura un retour des élites politiques dans la rue pour donner un sens à ce qu’il s’est passé au niveau national.

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