
Le journal britannique The Economist se penche sur l’invasion de l’enclave espagnole de Ceuta par des dizaines de
milliers de jeunes Marocains en juillet dernier et révèle la présence d’agents israéliens sur le territoire marocain.
Parmi toutes les lectures faites sur cette évasion collective, le média estime que la plus plausible est celle d’une action délibérée en représailles à l’accueil d’un lanceur d’alerte marocain par l’Espagne.
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Dans son analyse, The Economist rappelle toutes les théories qui ont entouré cette affaire.
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Certains avancent que les forces de sécurité auraient été détournées de leurs missions frontalières pour participer aux cérémonies de la Fête du Trône, d’autres affirment que ce sont Donald Trump et Benyamin Netanyahou qui se sont servis du Maroc pour punir l’Espagne à cause de ses positions sur la guerre contre Gaza.
Une autre lecture affirme que le Maroc, enhardi par le soutien américain et israélien, se prépare à affronter l’Espagne au sujet de ses enclaves du Nord, ou encore que le Maroc utilise la carte migratoire pour faire pression sur l’UE afin qu’elle augmente ses subventions…
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Une taupe s’est enfuie en Espagne avec « les plus sombres secrets » du Maroc
Mais pour le média britannique, « la théorie qui fait le plus autorité » est celle d’une action délibérée des chefs sécuritaires du roi afin de punir l’Espagne pour avoir accueilli un lanceur d’alerte détenant « certains des secrets les plus sombres de l’État ».
Se référant à des témoignages et des sources au sein du makhzen, The Economist indique qu’une taupe travaillant au sein de la Direction générale de la surveillance territoriale (DGST, renseignement intérieur) s’est enfuie avec une liste de cibles que les services marocains suivaient à la trace à l’aide de logiciels espions israéliens.
Depuis une salle des opérations connue sous le nom de « Bureau 21 », « qui comptait apparemment des agents israéliens, ils ont piraté des téléphones portables et des caméras de vidéosurveillance, espionnant ainsi des personnalités de premier plan au Maroc et en Europe ».
Certains affirment que le roi Mohammed VI lui-même figurait parmi leurs cibles, selon le même média. Le lanceur d’alerte, désigné par le nom de « Safir », s’est d’abord enfui en Tunisie, puis en France, avant d’atterrir en Espagne, « qui lui a offert sa protection ». Les responsables marocains se sont sentis « trahis » par cette aide apportée par l’Espagne au lanceur d’alerte.
Les luttes internes s’intensifient en prévision de la succession
Selon le journal, les défections vers l’Europe se multiplient dans un contexte marqué par l’affaiblissement de la santé du souverain marocain et l’exacerbation des luttes d’influence des chefs des services de sécurité marocains en vue de la succession.
La fracture la plus profonde, lit-on dans l’article, oppose la « vieille garde » dirigée par le conseiller du roi Fouad Ali El Himma, d’une part, et le prince héritier Moulay Hassan et sa mère Salma, d’autre part.
The Economist rappelle qu’après le divorce de Mohammed VI et de la princesse Salma en 2018, El Himma, à l’instigation du roi, a maintenu la princesse « dans une situation proche de l’assignation à résidence ».
Le plus proche conseiller du roi craint ainsi une « vengeance » de Lalla Selma lorsqu’elle deviendra reine-mère. « Les tensions risquent de s’intensifier à mesure que l’heure de vérité concernant la succession approche », conclut le journal britannique.