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Mokhtar Said Mediouni : « Je pense que la majorité des Algériens ira voter »

Mokhtar Said Mediouni : « Je pense que la majorité des Algériens ira voter”

Prévoyez-vous un taux de participation aux présidentielles ?

Mokhtar Said Mediouni, ancien officier supérieur à la retraite : Il est difficile de déterminer le taux de participation dès lors que la campagne électorale vient de commencer. Néanmoins,  je pense que la majorité des Algériens vont aller voter. Il y en a même ceux qui sont à l’intérieur du Hirak qui vont aller voter.

Pourtant une majorité de citoyens ne veulent pas entendre parler d’élections dans les conditions actuelles….

Je l’ai déjà dit une fois, celui qui est en train de déraper et de devenir antidémocratique c’est bien le Hirak. Est-ce que l’État a empêché les gens de manifester ? Pourquoi les gens du Hirak empêchent des candidats d’aller faire leur campagne ? Ce n’est pas démocratique. Et c’est intolérable. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités car il s’agit d’actes antidémocratiques qui n’ont pas lieu d’être en Algérie. Cela me rappelle les comportements des années 1990. La démocratie c’est lorsque celui qui n’a pas envie de voter il ne vote pas, mais il n’a pas à empêcher d’autres d’aller voter ni empêcher les candidats de faire leur campagne.

Beaucoup d’observateurs et citoyens disent que les candidats déclarés aux présidentielles sont ceux de l’ancien système ?

Tout le monde avait le droit de se porter candidat. Quant à ceux qui sont en train de parler aujourd’hui au nom du Hirak, est-ce que le Hirak a été identifié ? Tout le monde parle au nom du Hirak et certaines personnalités historiques nationales auraient pu participer ne serait-ce que pour sauver le pays. Les gens qui ont été approchés par les citoyens et qui ont refusé  de se porter candidat n’ont plus le droit le parler aujourd’hui et n’ont pas à critiquer les autres candidats. Les candidatures étaient ouvertes à tous les Algériens qui remplissent les critères.

Certains candidats ont été hués par les manifestants. Comment envisager une campagne électorale face à toute cette tension ?

L’État, comme il a été annoncé par le chef d’état-major de l’ANP, s’est engagé à sécuriser le processus électoral par tous les moyens dont disposent les services de sécurité et l’armée nationale. Un mouvement qui est né un 22 février pour une démocratie en Algérie interdit aujourd’hui à des candidats de faire campagne. Vous trouvez normal d’empêcher des candidats de faire leur campagne, les huer et pourchasser les comités de campagne ? La violence est en train de venir du Hirak et non pas du pouvoir.

Je respecte celui qui ne vote pas. C’est un acte démocratique que de ne pas voter. Mais aller empêcher les candidats de tenir leur campagne électorale, pourchasser dans la rue les représentants des candidats, ce sont des actes de violence alors que le Hirak prône plus de démocratie. Et là j’espère que les engagements de l’ANP en matière de sécurisation du processus électoral seront tenus et que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur.

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