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M’Sila : l’interaction entre le wali et le frère de Ayache, symbole de la défaillance de l’État

M’Sila : l’interaction entre le wali et le frère de Ayache, symbole de la défaillance de l’État

Ayache Mahdjoubi, 26 ans, est décédé ce dimanche après être resté coincé pendant six jours suite à une chute dans un puits artésien de 30 mètres de profondeur, près de M’Sila. A l’annonce de la tragique nouvelle, des vidéos méritent d’être vues ou revues pour tenter de mieux comprendre les défaillances profondes au sein de l’Etat algérien.

Il s’agit des vidéos qui circulent depuis hier montrant l’interaction du wali de M’Sila, Hadj Mokdad, avec le frère du défunt Ayache Mahdjoubi. Sur les vidéos, le frère d’Ayache est naturellement agité et en colère. Et pour cause : l’échange a lieu alors que le souffle de la vie traversait encore le jeune Ayache, coincé à 30 mètres de profondeur certainement non loin du lieu de la discussion.

L’inquiétude et le dépit du frère d’Ayache face à l’absence de moyens sont palpables, et il n’hésite pas à exprimer légitimement son exaspération. C’est un homme stressé qui sait que le temps joue à la défaveur de son frère, qui était peut-être arrivé déjà à la réalisation qu’il restait trop peu de temps à Ayache. Qu’il était peut-être déjà trop tard.

 

Face à lui, le frère d’Ayache aurait dû trouver une oreille attentive et à son écoute. Il aurait dû avoir droit à de la compréhension, à de la compassion, à de l’humanité en somme. Il n’en fut rien. Dans sa situation de crise, le frère d’Ayache a eu face à lui un wali qui était venu bien trop tard sur les lieux pour faire de la politique. Un wali bien trop occupé à s’adresser aux caméras pour essayer de brandir l’illusion que l’Etat avait mis tous les moyens à disposition.

L’exaspération de Hadj Mokdad est palpable. Tandis que le frère d’Ayache demandait à s’exprimer, le wali lève les yeux vers le ciel. Peut-être se demandait-il comment cet homme inquiet du sort de son frère pouvait oser perturber le discours répété sur la mise à disposition des moyens de l’Etat. A aucun moment Hadj Mokdad ne semble vraiment chercher à écouter et comprendre l’homme.

L’empathie ne laisse place qu’au discours politique creux d’un wali dont la compétence a été testée et dont l’échec est retentissant. L’exaspération du wali le mènera même à commettre une faute grave en tournant le dos à un citoyen que le wali est supposé servir. La devise « par le peuple et pour le peuple » de l’Etat algérien, que le wali est censé représenter, a été lamentablement faillie sur le plan de l’image.

« Fais confiance à ton Etat », déclarait le wali au frère d’Ayache. Le résultat est là, visible aux yeux de tous. La fin tragique que le jeune Ayache a connue était probablement évitable dans un pays disposant d’un Etat fonctionnel et compétent. Pas en Algérie, à l’évidence. Le frère du défunt aura quant à lui à porter le deuil de son frère aux côtés de sa famille, mais ils ne seront pas seuls. 40 millions d’Algériens partageront aujourd’hui avec eux leur douleur.

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