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Musulmans, noirs, quartiers populaires : personne n’est « moins Français que les autres »

Fayçal Kaddour, adjoint au maire de Vitry-sur-Seine en région parisienne, pointe la responsabilité politique et médiatique dans l’attaque raciste de Trappes en France

Musulmans, noirs, quartiers populaires : personne n’est « moins Français que les autres »
Musulmans, noirs, quartiers populaires en France : personne n'est « moins Français que les autres » / LinkrdIn
Fayçal Kaddour
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TRIBUNE. Il existe une responsabilité politique et médiatique dans le climat qui s’est installé en France.

Depuis des années, l’extrême droite construit son discours sur la désignation de boucs émissaires. Les musulmans seraient une menace. Les immigrés seraient responsables de l’insécurité. Les Arabes et les Noirs devraient constamment justifier leur présence. Les quartiers populaires seraient des territoires perdus pour la République.

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Un fonds de commerce pour certains médias

Et certains médias ont fait de cette stigmatisation un fonds de commerce. À longueur d’émissions, on organise des débats où les musulmans doivent se justifier, où l’immigration est présentée comme une menace permanente et où les habitants des quartiers populaires sont trop souvent réduits à des caricatures.

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Mais ma colère vise aussi ceux qui, par calcul électoral, ont choisi de courir derrière l’extrême droite plutôt que de la combattre. Ceux qui reprennent ses mots, valident ses obsessions et normalisent progressivement ses idées dans le débat public.

Quand on banalise les idées de l’extrême droite pour gagner des voix, on ne combat pas l’extrême droite : on lui ouvre la voie.

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Il faut mesurer ce que cela signifie pour des millions de nos concitoyens. Quand vous passez des années à expliquer à une partie de la population qu’elle constitue un problème pour la France, vous contribuez à installer un climat de suspicion, de rejet et d’hostilité. Vous fragilisez la cohésion nationale. Vous rendez la vie quotidienne plus difficile à ceux qui subissent déjà les discriminations.

Soyons précis : la responsabilité pénale dans cette attaque relève de la justice, qui doit établir les faits et les motivations de son auteur. Mais la responsabilité politique, elle, ne se limite pas aux tribunaux. Elle consiste aussi à répondre de ses paroles, de ses choix et du climat que l’on contribue à installer.

La liberté d’expression n’est pas un permis de déshumaniser. La responsabilité politique ne s’arrête pas à la porte des studios de télévision. Et la lutte contre le racisme ne peut pas être une indignation de circonstance.

La France appartient à tous les Français

Alors oui, il faut nommer les choses. Oui, il faut dénoncer les discours qui alimentent la haine. Oui, il faut demander des comptes aux responsables politiques et médiatiques qui contribuent à banaliser le racisme.

La République mérite mieux que cette course à la surenchère identitaire. Et je le dis clairement : je ne laisserai personne expliquer à nos concitoyens musulmans, noirs ou habitants des quartiers populaires qu’ils seraient moins Français que les autres.

Ce pays leur appartient autant qu’à n’importe quel autre Français. Et ceux qui prétendent le contraire attaquent directement notre idéal républicain.

*Fayçal Kaddour est adjoint au maire écologiste de Vitry-sur-Seine (France)


Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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