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Pays-Bas : la haine des musulmans propulse un parti extrémiste à la tête des législatives

Aux Pays-Bas, le parti d’extrême droite et antimusulmans PVV (parti de la liberté), dont le leader Geert Wilders a traité les Marocaines de « racaille », est arrivé en tête des élections législatives tenues mercredi 22 novembre.

Il a été chaleureusement félicité par l’extrême droite française et les analystes n’exagèrent point en évoquant un nouveau « séisme politique » en Europe.

Le chef du parti, Geert Wilders, 60 ans, a bâti son mouvement politique et sa réputation patiemment, pendant plusieurs décennies, sur le rejet de l’immigration, particulièrement musulmane.

Ses attaques contre les étrangers, notamment les Marocains qu’il qualifiait de « racaille », lui ont valu des condamnations judiciaires. Il a poussé la provocation jusqu’à organiser un concours de caricatures du Prophète de l’Islam.

Son discours a fini par trouver écho auprès d’une grande partie de l’électorat qui lui a donc donné une nette victoire électorale mercredi. Le PVV a obtenu 35 sièges, contre 25 pour l’Alliance de gauche et 24 pour le parti de centre-droite VVD.

Geert Wilders n’est pas seulement un antimusulman et un anti-immigration, c’est aussi un anti-européen résolu. Pendant sa campagne électorale, il a promis d’organiser en cas de victoire un référendum sur l’adhésion de son pays à l’Union européenne.

On est cependant encore loin de cette éventualité. La victoire du PVV ne lui garantit pas de constituer un gouvernement.

Pour disposer d’une majorité, le parti doit constituer une alliance, mais les autres formations ont exclu de participer à un gouvernement dirigé par le parti d’extrême-droite.

Il reste néanmoins que son arrivée en tête est accueillie comme un « séisme » dans toute l’Europe. Elle est symptomatique de l’avancée désormais inexorable des courants extrémistes et antimusulmans qui ont même accédé aux commandes dans certains pays du Vieux continent.

En arrivant en tête des élections aux Pays-Bas, l’extrême-droite frappe un coup symbolique puisque ce pays fait partie du noyau fondateur de l’Union européenne avec les fameux Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

Avancée de l’extrême-droite : combien de temps la France tiendra-t-elle ?

En octobre 2022, c’est l’Italie, un des premiers membres de la CEE, ancêtre de l’UE, qui est tombée dans l’escarcelle de l’extrême-droite avec l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni et son parti post-fasciste Fratelli d’Italia, à la tête d’une coalition comprenant deux autres formations populistes, la Ligue et Forza Italia. Avant l’Italie, l’extrême-droite dirigeait deux gouvernements de l’Union européenne, en Pologne et en Hongrie.

En Lettonie, Slovaquie et Finlande, ce courant participe à des coalitions gouvernementales, tandis qu’en Suède, il apporte son soutien au gouvernement sans y prendre part.

Partout en Europe, l’extrême-droite avance à pas sûrs, portée partout par le même populisme anti-migrants et antimusulmans.

En France, les analystes évoquent l’arrivée du Rassemblement national au pouvoir comme une éventualité qu’il serait imprudent d’écarter.

Le parti fondé au début des années 1970 par Jean-Marie Le Pen est devenu, sous l’impulsion de la fille de ce dernier, Marine, une des principales forces politiques de France.

Marine Le Pen s’est hissée au deuxième tour des deux dernières élections présidentielles (2017 et 2022) et aux législatives de 2022, son parti a raflé 88 sièges de députés.

Plus de 41 % des Français ont voté pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022, alors que certains sondages l’avaient même donnée au coude à coude avec le président sortant Emmanuel Macron.

Les analystes en sont arrivés à s’interroger sur le temps que tiendra encore la France, et avec elle toute l’Europe, face à l’avancée de l’extrême-droite eurosceptique et islamophobe.

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