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Peut-on manifester sans risque Place des Martyrs à Alger ?

Peut-on manifester sans risque Place des Martyrs à Alger ?

Depuis l’installation de barricades autour de la Grande Poste d’Alger en raison d’un risque d’affaissement du palier et des escaliers, plusieurs alternatives sont évoquées par les citoyens en prévision du 14e vendredi de mobilisation.

Sur les réseaux sociaux, certains suggèrent les marches du Palais du gouvernement, en référence à la dernière manifestation des étudiants, d’autres proposent la place du 1er mai.

Mais le lieu qui recueille le plus d’adhésions est sans aucun doute la Place des Martyrs. Avec sa superficie de 8 000 m², cette place aménagée à l’époque coloniale est chargée de symboles pour les Algériens. Elle fascine d’autant plus depuis la découverte de vestiges archéologiques vieux de 2000 ans, lors du chantier de la station de métro éponyme, et qui n’ont pas encore dévoilé tous leurs secrets.

Manifester « Sahat Chouhada » (Place des Martyrs), le directeur par intérim de l’inventaire, de la conservation et de la maintenance auprès de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels (OGEBC), Samir Belkacemi n’y voit pas d’inconvénient, « à condition d’être rassemblé de manière pacifique. Les voûtes au sous-sol ont supporté des poids d’immeubles et de transports depuis cinq ou six siècles », rappelle-t-il.

L’archéologue appelle néanmoins à la vigilance : « Si cela dégénère, cela peut porter préjudice aux ruines qui sont millénaires et notamment à la fenêtre archéologique qui est ouverte au public. Or il faut absolument préserver ces ruines qui représentent toute l’histoire de l’Algérie. »

Rafik Balamane, président du Conseil local de l’ordre des architectes de la wilaya d’Alger est lui plus mesuré. « La place des Martyrs est en partie une dalle, elle est faite pour marcher. Elle a déjà accueilli des manifestations par le passé. Mais est-ce que le temps a fait son travail ? Est-ce que les travaux du métro ont fragilisé le site ? Tant qu’il n’y a pas d’expertise faite par des ingénieurs et des architectes spécialistes du patrimoine et des monuments historiques, je ne peux pas vraiment dire si c’est dangereux ou pas. »

Difficile de prédire l’itinéraire qu’emprunteront les marcheurs ce vendredi 24 mai. Mais pour Abdelouahab Fersaoui, président du RAJ (Rassemblement Action Jeunesse), « peu importe que les gens partent vers la Grande Poste ou la Place des Martyrs. Ce qui compte, c’est qu’ils sortent. Et j’appelle à ne pas aller dans la confrontation. »

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