
L’avocat de l’écrivain Rachid Boudjedra, Khaled Bourayou, a dénoncé ce mardi le blocage par les autorités judiciaires de la plainte portée devant la justice par son client contre la chaîne de télévision Ennahar, suite à la caméra cachée humiliante dont l’écrivain a été victime durant le mois de Ramadan.
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« Sur le plan de la pratique, nous avons déposé une plainte le 14 juin dernier. A ce jour, elle n’a pas été initiée. C’est un déni de justice intolérable », a déclaré Me Bourayou dans un entretien accordé à TSA DIRECT, ajoutant qu’il s’agit là d’une « ignominie judiciaire ».
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Interrogé pourquoi la procédure n’aboutit pas, Khaled Bourayou a suggéré qu’il « faut chercher les raisons ailleurs. Quand la justice ne fonctionne pas, il y a des politiques », a déclaré l’avocat. « La plainte est bloquée par le juge d’instruction lui-même, qui ne veut pas à mon avis décider du sort de cette plainte », a affirmé Maître Bourayou, indiquant être parti voir le juge « à plusieurs reprises. A chaque fois il nous promettait d’engager les procédures. Il nous reste probablement un recours devant la chambre d’accusation ».
« C’est inacceptable que le pouvoir, que le ministre de la Justice lui-même, ne veuille pas que cette affaire soit instruite conformément aux règles et principes de la procédure pénale », a affirmé l’avocat de Rachid Boudjedra, estimant « n’avoir aucun doute » que cette affaire est bloquée pour des raisons politiques.
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« Boudjedra a été soumis à un interrogatoire musclé [durant la caméra cachée], qui s’assimile à des actes aujourd’hui de torture. C’est une affaire qui a défrayé la chronique. L’opinion publique a été outrée par cette affaire, et celle-ci aujourd’hui ne bouge pas ? Et la télévision Ennahar continue comme si de rien n’était passé ? », s’est insurgé l’avocat de l’écrivain.
« Si vous aujourd’hui vous bagarrez avec votre voisin votre dossier sera instruit dans les 24 heures. Et voilà une affaire où une chaîne, qui est importante, touche à la dignité d’un homme, touche à la dignité d’une société, touche à la conception d’un système de communication en Algérie. Une télévision ne doit pas se comporter de cette façon », a estimé Khaled Bourayou.
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