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Plongée dans le gigantisme de la nouvelle aérogare d’Alger

CSCEC Algérie
La nouvelle infrastructure, dite de classe « A » dans le jargon des aéroportuaires, portera la capacité de l’aéroport d’Alger à 10 millions de passagers par an, contre 6 actuellement.

De la rocade sud d’Alger, qui relie Ben Aknoun à Dar El Beida, les usagers peuvent admirer un imposant bâtiment de verre à l’architecture futuriste. C’est la nouvelle aérogare internationale d’Alger.

Le bleu des milliers de carreaux de verre qui recouvrent ses façades, surplombées de centaines d’arcades blanches, distingue ce mastodonte des constructions alentours et éclipse totalement l’actuelle aérogare, considérée pourtant comme un joyau architectural avec sa disposition atypique en demi-cercle.

20 hectares de halls et de locaux !

Vu du ciel, l’ouvrage est disposé en forme de T géant. Il impressionne d’abord par son gigantisme : quatre hectares de surface bâtie. Avec son sous-sol, ses deux niveaux et sa mezzanine intermédiaire, il offre un total de 200 000 mètres carrés, soit 20 hectares de surface utile !

La nouvelle infrastructure, dite de classe « A » dans le jargon aéroportuaire, a une capacité de 10 millions de passagers par an, contre six pour l’actuelle aérogare.

« Les travaux sont presque terminés. On est entre 90 et 95% de taux d’avancement. Comme prévu, la nouvelle aérogare sera ouverte aux passagers vers la fin septembre 2018, au plus tard début octobre », assure Tahar Allache, PDG de la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires (SGSIA), tout fier d’avoir chapeauté et suivi un tel projet d’envergure dès le premier coup de pioche, fin 2014.

C’est le groupe chinois CSCEC qui prend en charge la réalisation du projet, en « clés en main ».

À l’entrée du chantier, ses ouvriers, casques jaunes sur la tête, s’activent, malgré le soleil qui commence à darder ses rayons en ce mitan d’avril, pour livrer dans les délais l’un des rares lots qui accuse un léger retard, à cause vraisemblablement des intempéries de l’hiver dernier : le parking véhicules.

Donnant directement sur l’autoroute et disposant de 4.500 places qui s’ajouteront aux 2.400 existantes, il permettra de régler définitivement les soucis de stationnement des voyageurs, de leurs accompagnateurs et des 15 000 employés de l’aéroport et des compagnies aériennes.

Le gain de temps est certain d’autant plus qu’il s’agit d’un parking moderne doté notamment d’un système d’information indiquant le nombre de places libres dans chaque compartiment.

© TSA


Toujours à l’extérieur du bâtiment, un autre, de moindre envergure mais à l’architecture tout aussi sublime, subit les dernières finitions pour être livré au même temps que l’aérogare. Il s’agit du futur hôtel de l’aéroport, un établissement 4 étoiles construit en partenariat avec la chaîne Hayat Regency.

Non loin de là, les ouvriers et ingénieurs d’une autre entreprise tentent de relever le même défi : livrer avant septembre la ligne de train qui desservira l’aéroport.

À l’ouverture de la nouvelle aérogare, il ne restera que le métro, dont la station devrait être achevée en 2019 et la ligne un peu plus tard, vers 2020.

Un autre gain de temps en perspective, puisque l’absence jusque-là de moyens de transport de masse contraint les voyageurs et les employés de l’aéroport à se déplacer en voiture ou en bus, ce qui crée quotidiennement des embouteillages monstres sur la rocade sud et à l’intérieur de la ville de Dar El Beida, explique M. Allache.

À partir du parking on peut accéder, via un gigantesque pont, directement au bâtiment central pour l’embarquement où l’attente des voyageurs.

© TSA


« Grand mais facile à utiliser »

Sous le pont, l’accès au sous-sol. Un gigantesque espace de 40 000 mètres carrés. Accessible aux voitures et camions, il abritera les équipements techniques, notamment les centrales de traitement d’air et les groupes électrogènes.

Les compagnies aériennes et autres partenaires de l’aéroport pourront aussi y occuper des espaces pour le stockage ou autre. Cela permettra de dédier les autres niveaux du bâtiment uniquement à leur vocation, l’accueil des passagers.

La grande nouveauté dans la conception de cette aérogare, c’est la nette séparation des zones d’arrivées et de départs. Le traitement des bagages se fera au niveau zéro. Il est constitué de deux zones. La première est réservée pour le public, c’est-à-dire les accompagnateurs des passagers ou ceux qui viennent à leur accueil.

Et la seconde pour la récupération des bagages dont l’acheminement de et vers l’avion se fera à travers une ligne droite. La salle est immense mais agréablement éclairée et aérée et dispose de tapis roulants, au nombre de 12 (contre six actuellement), et autres équipements ultramodernes à même de permettre le traitement de grandes quantités de bagages en un temps record.

Une fois les formalités de police accomplies, le passager pourra descendre récupérer ses bagages en empruntant le moyen qu’il désire : escalier, escalator où ascenseur.

© TSA


Certains pourront même admirer toute la beauté des halls à travers les vitres de l’un des nombreux ascenseurs panoramiques mis en place. En tout, les différents niveaux du bâtiment sont reliés par 54 ascenseurs et 34 escaliers mécaniques, en plus bien sûr des escaliers traditionnels pour les adeptes de la marche.

Contrairement à ce qui se fait dans l’actuelle aérogare, les contrôles de police ne s’effectueront pas dans la même zone de traitement des bagages. Pour les arrivées, ils se feront au niveau de la mezzanine inférieure.

A partir de l’avion, les passagers rallieront directement les poste de contrôle de police via des couloirs avec tapis roulants, trois de chaque côté. Encore une ligne droite.

Sur place, beaucoup de locaux sont prévus pour les différents commerces et services, en plus de bancs d’attente ultra confortables. Le décor est à couper le souffle avec un immense parquet scintillant qui reflète la lumière des milliers de spots encastrés dans le plafond.

Des poteaux cylindriques d’un mètre vingt de diamètre, tout aussi reluisants, remontent, de 35 mètres sous terre, jusqu’au dernier niveau, celui des départs.

C’est là que les voyageurs en partance pour l’étranger, puisque le bâtiment sera réservé aux vols internationaux, attendront et accompliront les formalités d’usage.

Là aussi le gain de temps est garanti avec les 120 banques d’enregistrement mises en place, contre soixante seulement pour l’actuelle aérogare. Comme pour le hall des arrivées, des commerces et services sont également prévus.

Après les formalités de douane et de police, le passager sortira directement au niveau de la jetée où se fait l’embarquement, longue de 400 mètres.

L’embarquement se fera de part et d’autre vers les avions, par le biais de 21 passerelles en forme d’accordéon. Aux différents niveaux, les halls s’étendent à perte de vue.

Sur une aire de quatre hectares de bureaux, de commerces et de postes de contrôle, il ne sera pas facile de trouver son chemin et c’est pourquoi une signalisation adéquate est prévue pour l’orientation des visiteurs. « C’est grand, mais facile à utiliser », résume M. Allache.

© TSA


À l’affût de la moindre imperfection

L’endroit est presque prêt à accueillir les premiers passagers. A quelques mois de la livraison complète du projet, on entend déjà les sons réguliers émis par les appareils de testage.

« Tous les équipements et systèmes doivent subir plusieurs tests, jusqu’au 31 août. Nous avons même acquis des cellules électriques pour pouvoir tester avec une puissance de 12 KVA. Il faut organiser des simulations parce qu’un bâtiment comme celui-là, on ne peut pas le mettre en service directement, il faut des tests, des simulations, des formations pour les compagnies, pour la police, concernant les scanners, les enregistrements et autres….», explique le PDG de la SGSIA, qui a suivi le chantier dès le début et qui compte le faire jusqu’au bout.

© TSA


Ouvriers chinois

En tout cas, ce n’est pas le moment de baisser la garde après près de quatre ans de travaux et un investissement de quelque 380 millions d’euros.

Sur place, les ouvriers chinois, munis de ponceuses ou de chignoles, s’attèlent à apporter les dernières retouches. D’autres scrutent les murs parfaitement poncés, à l’affût de la moindre imperfection sur la peinture encore fraîche. On ne laisse rien au hasard, tout doit être parfait. Le standing de la nouvelle aérogare internationale d’Alger ne peut s’accommoder d’un travail bâclé.

Avions gros porteurs

Au même moment, de l’autre côté de l’immense bâtiment, là où se trouvent les pistes, les travaux vont aussi bon train pour achever le nouveau parking avions qui portera la capacité de l’aéroport d’Alger de 12 à 48 places de stationnement pour tous types d’appareils, y compris les gros porteurs.

Les concepteurs du projet se sont en effet projetés sur le long terme, prévoyant d’agrandir les accotements des pistes pour permettre l’atterrissage du fameux A380. Dans leur schéma directeur, ils ont même prévu une solution à mettre en œuvre quand, vers 2030, l’infrastructure qui est sur le point d’être livrée arrivera à saturation : construire de nouvelles pistes et une nouvelle aérogare sur les 2200 hectares de terres nues au sud de l’aéroport. Rendez-vous donc dans douze ans pour un autre joyau…

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