
Les États-Unis sont sans ambassadeur en Algérie depuis le départ, en janvier dernier, d’Élisabeth Aubin. C’est Marc Shapiro, le chargé d’affaires, qui assure la charge de chef de la mission diplomatique.
Dans une vidéo mise en ligne par l’ambassade US en Algérie, Shapiro a expliqué sa mission et répondu à la question que tout le monde se pose : pourquoi le président Donald Trump n’a pas encore nommé un ambassadeur à Alger ?
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Un pays “important” qui ne pouvait pas “attendre”
Mark Shapiro a fait savoir qu’il est de fait le chef de la représentation diplomatique US et qu’il est le responsable de tout le travail de l’ambassade, des relations entre les deux pays et de la mise en œuvre des orientations stratégiques de Washington.
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Sur sa désignation comme chef de la mission diplomatique, il a d’abord rappelé que les mutations diplomatiques sont normales et font partie de la vie des diplomates et des relations entre les pays.
Selon lui, le président Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio ont établi une liste de pays qui sont “très importants pour attendre”. “Il fallait un leadership et de la continuité. C’est pour cela qu’ils m’ont envoyé ici comme chef de mission”, a-t-il expliqué.
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L’absence d’un ambassadeur n’a donc pas mis les opérations “à l’arrêt”. “Cela peut prendre longtemps, plusieurs mois, parfois plus d’une année”, a-t-il précisé.
Les trois priorités de Mark Shapiro à Alger
À propos de sa mission, Mark Shapiro a indiqué qu’il aspire à maintenir la relation sur “cette courbe ascendante”, se félicitant du fait que “nous sommes à un moment où les relations entre les États-Unis et l’Algérie sont beaucoup plus larges et plus profondes que par le passé”.
“Mes prédécesseurs ont fait un travail remarquable. Je veux maintenir ce processus dans trois domaines importants : le commerce, la sécurité et le peuple”, a-t-il assuré.
Le chargé d’affaires a indiqué qu’il explique aux Américains que l’Algérie est “le plus grand pays d’Afrique”, un “acteur clé de la sécurité énergétique pour ses partenaires européens”, disposant de “ressources minérales, d’un énorme potentiel économique et des capacités de sécurité et de partenariat”. Un pays qui a un “poids politique” et qui constitue “un partenaire critique dans cette région du monde”.
“On a l’impression que tout le monde parle anglais”
Shapiro a aussi la charge de faire connaître les États-Unis aux Algériens.
“J’ai informé la délégation d’hommes d’affaires que j’ai accompagnés aux États-Unis il y a seulement deux semaines, que les USA ont un système fédéral non centralisé. Quand on voit les relations commerciales, on ne voit pas un seul pays, mais 50 États différents. Chaque État a sa capacité d’appliquer une certaine politique économique autonome”, a-t-il dit.
Mark Shapiro a déjà fait un passage en Algérie, comme responsable politique et économique de l’ambassade US entre 2007 et 2009. Beaucoup de choses ont changé en Algérie entre ces deux passages. En 2007, il y avait encore le souvenir de la décennie noire et “les gens étaient encore un peu tendus”.
“Maintenant, constate le diplomate américain, nous voyons une réelle transformation. Les gens sont plus détendus, il y a une liberté de mouvement”. Et il y a aussi cette nouveauté qui ne lui a pas échappée : “On a l’impression que tout le monde parle anglais, ça c’est une vraie transformation à laquelle je ne m’attendais pas. C’est un investissement générationnel du gouvernement algérien”.
Pour le reste, l’Algérie a gardé toute sa richesse qui a fasciné le diplomate lors de son premier passage, “les paysages naturels, la beauté, la cuisine, les gens, la musique et tout le reste”.
Mark Shapiro est, semble-t-il, sur les traces d’Élisabeth Aubin qui avait sillonné le pays de long en large. Déjà, il a visité plusieurs régions et pris goût à la cuisine algérienne. Il se dit séduit par la beauté de Constantine et de Timimoun, ainsi que par deux plats typiquement algériens : la Chekhchoukha et le couscous.