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Presse électronique : les éditeurs dénoncent une campagne de « criminalisation du web-journalisme »

Presse électronique : les éditeurs dénoncent une campagne de « criminalisation du web-journalisme »

L’arrestation et la mise en détention de six journalistes de la presse électronique obéit à une stratégie de « diabolisation » et de « criminalisation du web-journalisme », a dénoncé, ce mercredi 7 novembre, le Syndicat algérien de la presse électronique (SAEPE).

« La presse électronique algérienne subit, ces dernières semaines, des attaques sans précédent dans sa jeune histoire. Six journalistes et éditeurs de médias sur le web sont en détention préventive pour des motifs en liaison leur métier. Une campagne de criminalisation du web-journalisme a été déclenchée dans certains télévisions privées alors qu’en d’entre elles, Ennahar TV, est devenue le procureur général à charge contre notre corporation piétinant toute règle de protection de droits du citoyen face à la justice », a ajouté le syndicat dans un communiqué. Aussi, le SAEPE a tenu à dénoncer « le recours abusif et injustifié en début d’instruction à l’emprisonnent » des six journalistes.

« J’ai été hier chez les familles des journalistes d’Algérie Part et j’ai pu accéder au dossier de ces derniers. Ils sont définitivement dans le délit de presse. Ils sont poursuivis suite à des plaintes déposées contre eux par le wali d’Alger et le PDG d’Ennahar TV. Il n’y a rien d’autre. On est dans le schéma classique d’avant 2012 », a affirmé El Kadi Ihsane, éditeur du site Maghreb Emergent, lors d’une conférence de presse. Pour lui, les poursuites dont ont fait l’objet les six journalistes comme la résultante du « déni dont est victime la presse électronique ». « Nous sommes exclus de tout. La presse électronique connaît la même situation que les télés privées mais en pire », a-t-il dénoncé.

El Kadi Ihsane a dénoncé la campagne de discrédit dont fait l’objet la presse électronique qu’on essaie de faire passer, accuse-t-il, pour « un relais de la cyber-dissidence ». « Nous ne sommes pas des cyber-dissidents mais des journalistes et nous tenons à notre indépendance », a-t-il affirmé. Et au directeur de Maghreb Emergent de déplorer le mépris des autorités à l’égard de « la filière la plus dynamique » de la corporation, à savoir la presse électronique. « Ils ont fermé toutes les issues pour le développement de cette filière. Le gouvernement a choisi de ne pas nous reconnaître », a-t-il encore dénoncé.

Au-delà de l’exigence de la libération des six journalistes emprisonnés, le SAEPE appelle à « la cessation de la campagne de stigmatisation de la presse électronique ». Il invite le ministre de la Communication à prendre « des mesures concrètes pour lever l’embargo institutionnel dont est victime la presse électronique en dépit de sa reconnaissance légale dans le texte de loi de 2012 » mais aussi à ouvrir « un dialogue direct » autour « des propositions constructives » consignées par le syndicat dans son « projet de pacte d’avenir pour l’émergence des médias électroniques en Algérie ».

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