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Propagation du moustique-tigre : l’état d’alerte déclenché

Andre Penner - Keystone / www.rts.ch

Le moustique-tigre inquiète les habitants de plusieurs villes du pays. Il se propage, avec la prolongation de la saison des chaleurs, à une vitesse rapide. « C’est un phénomène que nous suivons de près et que nous prenons en charge », a assuré Djamel Fourar, directeur de la Prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, cité par l’agence APS.

| LIRE AUSSI : Qu’est-ce que le moustique-tigre et comment le reconnaître ?

Une rencontre a été organisée, mercredi 18 octobre, à Alger pour étudier les moyens de renforcer la lutte contre cet insecte, connu pour être un vecteur d’une vingtaine de virus.

Selon le ministère de la Santé, la présence du moustique-tigre dans plusieurs quartiers d’Alger est signalée depuis 2016. La même année, de nombreux pays méditerranéens, comme l’Espagne, l’Italie et la France ont constaté la présence de cet insecte, reconnaissable à ses rayures blanches sur les pattes et le corps et à sa taille plus petite que le moustique urbain.

« Le moustique-tigre est une espèce qui prolifère en zone urbaine et s’adapte facilement aux différents biotopes, ses œufs résistent longtemps à la dessiccation. Depuis son introduction en Europe dans les années 1990, son aire de distribution ne cesse de s’étendre d’un pays à un autre. Cette espèce est réceptive au virus du Chikungunya, de la dengue et du Zika. Des cas de Chikungunya ont été déclarés récemment (septembre 2017) en Italie et en France, et des cas autochtones de dengue ont été rapportés cette semaine en Égypte », révèle un rapport du ministère de la Santé.

La présence en Algérie de l’Aedes albopictus, nom scientifique du moustique-tigre, a été signalée pour la première fois en Algérie en juin 2010 à Larbaa Nath Iraten (Tizi Ouzou).

« Un seul spécimen a été capturé. Depuis, aucune activité de ce moustique n’a été signalée dans la région. En décembre 2015, suite à des plaintes des habitants d’une forte nuisance occasionnée par les moustiques, durant l’été, les entomologistes de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) ont permis de confirmer l’introduction de cette espèce à Ain Turk (Oran). Le 17 juillet 2016, les habitants de quartier dit « Zonka » entre Birkhadem et Ain Naadja (Wilaya d’Alger) ont signalé une forte nuisance d’une espèce de moustique qui pique surtout le matin et au crépuscule. La prospection entomologique a confirmé la présence d’Aedes albopictus à tous les stades de son développement (œufs, larves et adultes) », est-il précisé dans le document.

Densité élevée à Alger

D’après la même source, les opérations de démoustication ont été lancées par Hurbal (établissement relevant de la wilaya d’Alger) et se sont poursuivies jusqu’à la disparition du moustique en juillet-août 2016.

« Durant le mois d’août 2017 et suite aux différentes plaintes des habitants de vieux Kouba (Alger) de piqûres particulières de moustiques, une enquête entomologique a été réalisée afin d’identifier l’espèce. Les captures ont montré la présence d’Aedes albopictus avec une densité élevée à tous les stades de son développement », est-il relevé dans le rapport.

L’insecte, qui s’adapte au climat tempéré et tropical et dont l’origine serait l’Asie, est présent, selon le même rapport, dans quatre communes de la capitale : Hussein Dey, Saoula et Khraicia.

Sa présence est signalée dans quatre wilayas : Jijel, Alger, Tizi Ouzou et Oran. À Alger, des opérations de traitement par l’insecticide Deltamethrine (Magic 10 EC) en fumigation ont été menées, à partir de juillet 2017, contre les habitations où les œufs et larves de moustique-tigre ont été découverts.

« Malgré tous les efforts déployés par les services de démoustication d’ Hurbal, le moustique tigre s’est propagé vers d’autres localités à savoir Saoula, Khracia et Husein Dey. À l’est du pays, une prolifération anormale de moustique a été notifiée par le service de prévention de la DSP de Jijel au mois d’août 2017, l’entomologiste dépêché sur les lieux a permis de confirmer la présence du moustique-tigre au centre-ville de la wilaya », est-il relevé.

Djamel Fourar a annoncé que le comité national des arboviroses « s’est mis en état d’alerte » pour suivre l’évolution de la situation ». Les autorités envisagent d’éradiquer les foyers où le moustique-tigre peut proliférer (eau, végétation, lieu ombrageux, etc).

Une menace réelle

Selon le rapport du ministère de la Santé, la propagation du moustique-tigre est une menace réelle pour les wilayas du littoral algérien et les zones humides.

« Ses larves se développent essentiellement dans des gîtes larvaires produits par les habitants eux même (récipients, ustensiles, pneus usagés, etc…abandonnés et contenant de l’eau). Le contrôle de la densité de ce moustique est faisable, il suffit une large sensibilisation de la population », est-il souligné.

Une campagne d’information des citoyens est déjà lancée par l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA). « La surveillance entomologique à l’aide de pièges pondoirs (pour détecter les œufs du moustique-tigre ) sera poursuivie par l’équipe d’entomologistes de l’IPA, afin de suivre les densités de ce moustique au niveau des zones colonisées et également pour évaluer l’impact de la démoustication », est-il précisé.

Une journée de formation des techniciens du Bureau d’Hygiène Communal (BHC) des wilayas du Centre sur l’utilisation des pièges pondoirs est programmée à l’IPA ce mois d’octobre. La formation se poursuivra en 2018 et concernera tous les BHC des wilayas à risque de propagation du moustique-tigre.

Selon Djamel Fourar, le moustique-tigre a une préférence à piquer les humains au niveau des chevilles « et ce, durant toutes les heures de la journée, mais essentiellement au crépuscule et à l’aurore ».

Le même spécialiste a rassuré que les piqûres du moustique-tigre ne nécessitent que des pommades et autres applications pour atténuer les réactions allergiques.

Il a recommandé toutefois de consulter un médecin si elles occasionnent d’autres symptômes comme les fièvres. Citée par l’APS, Lynda Cheballah, directrice générale de Hurbal, a souhaité une plus grande contribution des citoyens car « il est impossible d’éliminer totalement le moustique puisqu’il vit avec l’humain ». Elle conseille, par exemple, de vider de leur eau les ustensiles pouvant servir de foyers pour la reproduction de l’insecte.

 

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