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Réélection de Poutine : une bonne nouvelle pour Alger

Réélection de Poutine : une bonne nouvelle pour Alger

Réélu avec 76% des suffrages exprimés, dimanche 18 mars, Vladimir Poutine restera président de la Russie jusqu’en 2024. Sorti renforcé des urnes, malgré les critiques de l’opposition et les attaques des Occidentaux, le président russe va gérer plusieurs dossiers internationaux lourds.

Il y a la Syrie, la crise diplomatique avec la Grande Bretagne (après la mort suspecte d’un ancien agent secret russe), l’Ukraine, qui a empêché les citoyens russes de voter lors de la présidentielle de dimanche, et les rapports de plus en plus tendus avec les États-Unis et les Occidentaux.

Pour Alger, même si elle n’a pas encore réagi à cette réélection triomphale, un nouveau mandat pour Poutine est une bonne nouvelle. En effet, depuis l’arrivée du président russe au pouvoir en 2000, l’Algérie et la Russie ont considérablement amélioré leurs relations politiques et militaires.

Et face à l’hostilité de l’Occident à son égard, la Russie devrait chercher à densifier ses relations avec des partenaires qu’elle considère comme historiques et stratégiques comme l’Algérie.

Les deux pays sont liés depuis avril 2001 par une Déclaration de partenariat stratégique, signée à Moscou lors de la première visite du président Abdelaziz Bouteflika dans ce pays.

Poutine, qui a envoyé à Alger son premier ministre Dmitri Medvedev en octobre 2017, entend passer à « une nouvelle étape » dans les relations avec l’Algérie.

« Dialogue énergétique »

En février 2016, lors de sa visite à Alger, en février 2016, Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères avait insisté sur la nécessité de donner plus de contenu au partenariat stratégique entre les deux pays dans les domaines économique, commercial et scientifique.

Une année auparavant, Sergueï Narychkine, président de la Douma, devenu, depuis, patron des Services des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie (SVR), est venu à Alger pour évoquer les secteurs où la coopération peut être consolidée comme les domaines militaire, technique et humanitaire. Serguei Lavrov a, lui, parlé du « dialogue énergétique » entre les pays membres et non-membres de l’OPEP pour la maîtrise du marché pétrolier.

La Russie, principal fournisseur d’armes pour l’Algérie

En 2006, Poutine a visité pour la première fois l’Algérie où il a annoncé l’effacement de la dette militaire, estimé à 4,7 milliards de dollars. Un geste amical fort qui a été apprécié à Alger.

Le développement du nucléaire civil en Algérie a été abordé lors de ce déplacement, autant que celle de la coopération dans le domaine spatial. Des accords ont été signés en ce sens.

Alger veut que la coopération politico-sécuritaire s’élargit d’une manière appuyée aux secteurs de l’agriculture, de l’énergie, du commerce et des sciences.

La Russie demeure le principal fournisseur de l’Algérie en armement et en matériel militaire malgré l’épisode des MIG 29 défectueux vendus à l’Algérie entre 2006 et 2007 (un marché de plus de 1,2 milliard de dollars).

Une affaire qui a momentanément jeté un froid dans les relations entre les deux pays. Le président Abdelaziz Bouteflika s’est déplacé, en février 2008 à Moscou, où le dossier a été abordé.

La Russie a décidé alors de remplacer les appareils contestés par des MIG 29, M2 et des MIG 35, des avions de combat sophistiqués. La page semble avoir été tournée puisque Alger a repris ses commandes auprès du complexe militaro-industriel russe.

L’Algérie, plus grand acheteur d’armes en Afrique, a demandé à être fourni en tanks, en sous-marins, en armes légères, etc. S’ajoutent à cela de nombreux programmes de formation militaire.

Moscou « suit » Alger sur le Sahel

Le 15 février 2018, à l’occasion de la visite du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel à Moscou, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré que l’Algérie est l’un des principaux partenaires de la Russie en Afrique et dans le monde musulman.

Durant son nouveau mandat, Vladimir Poutine va axer ses efforts sur l’Afrique où la Russie veut renforcer sa présence dans les domaines économiques et militaires.

Pour le Sahel, où la situation demeure instable, Moscou envisage de travailler avec l’Algérie. « La Russie s’intéresse à l’évaluation algérienne de ce qui se passe dans la région du Sahel, de par son influence dans la région et sa parfaite connaissance de la situation qui y prévaut.

Une fois de plus, nous mettons en avant la pertinence de l’approche algérienne sur laquelle nous fondons notre position à l’égard de la question du Sahel », a déclaré, mercredi 14 mars, Igor Beliaev, ambassadeur de Russie à Alger, dans une interview à El Khabar.

Il est revenu sur l’Alliance militaire G5 Sahel, créée à l’initiative de Paris, en disant que l’initiative a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU et soutenue par la Russie sans aucune participation financière, technologique ou militaire.

Convergences de points de vue sur la crise libyenne

« Nous suivons ce qui se passe et nous constatons que la situation ne s’est pas améliorée en matière de sécurité, ce qui nous interpelle. Au début, il nous a semblé que les fins étaient bonnes parce que c’était un projet de confrontation avec des terroristes, mais les actions ne donnent pas de résultats positifs. Il peut y avoir des intentions derrière cela, et elles peuvent être malhonnêtes. Alors nous suivons la situation sur la base des informations que nous recevons de nos amis », a dit le diplomate russe.

Alger et Moscou vont continuer à coordonner leurs efforts diplomatiques pour le règlement de la crise en Libye, ancien allié stratégique de la Russie en Méditerranée.

La Russie partage la position algérienne sur la nécessité de trouver une solution politique consensuelle en Libye avec tous les libyens.

« En tant que communauté internationale, nous devons aider les Libyens à s’asseoir à la table des négociations. Une fois de plus, nous disons que la vision algérienne est correcte dans le dossier libyen, et nous avons des contacts avec les responsables libyens à Tobrouk (Haftar) et à Tripoli (Al Saradj) tous les deux ou trois mois afin d’essayer de rassembler et de faire converger les points de vue », a souligné Igor Beliaev.

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