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Révision constitutionnelle : Bouchachi publie sa réponse à Tebboune

Révision constitutionnelle : Bouchachi publie sa réponse à Tebboune

L’Algérie veut se doter d’une nouvelle Constitution. Dans une lettre adressée au président Tebboune le 5 juillet dernier, qu’il a publiée mercredi soir, Me Bouchachi donne son avis sur le projet de révision constitutionnelle.

Mostefa Bouchachi a rendu publique sa réponse au président de la République Abdelmadjid Tebboune après avoir été destinataire de la première mouture du projet de révision constitutionnelle en juillet dernier.

Dans sa lettre datée du 5 juillet, l’avocat et militant du hirak rejetait la démarche dans la forme, le timing et le fond. Faisant remarquer d’abord que toutes les révisions constitutionnelles passées ont été à l’initiative du régime, alors qu’une Constitution consensuelle doit émaner du peuple à travers une instance élue, Me Bouchachi estime ensuite que le projet devait être reporté à cause de la crise sanitaire qui ne permet pas la participation de tous au débat.

Concernant la teneur de la première mouture, Bouchachi affirme en avoir été « surpris ». « Elle institue un pouvoir personnel dans lequel le président de la République est comme un empereur qui s’immisce dans les prérogatives des pouvoirs législatif et judiciaires, en plus des leviers de contrôle qu’il détient à travers les nominations.

Par-dessus-tout, il n’est comptable ni politiquement ni juridiquement », écrit-il, ajoutant que la mouture n’institue pas un régime clair, « ni parlementaire ni présidentiel ni semi-présidentielle » et est « en porte-à-faux avec toutes les constitutions démocratiques ».

Pour Bouchachi, le comité d’experts qui a rédigé les propositions a suivi les désidératas du président ou ceux du régime et a « ignoré la classe politique et la volonté du peuple d’aller vers une démocratie véritable ».

« Ce n’est pas avec une telle teneur que l’on pourra instituer la nouvelle Algérie, une Algérie démocratique et libre, pour laquelle le peuple est sorti dans la rue le 22 février 2019 ».

L’avocat et figure du hirak avance comme autre argument de son refus de prendre part au débat, l’absence de garanties que les propositions seront prises en compte. Il indique en outre à l’adresse du président que « des millions d’Algériennes et d’Algériens à l’intérieur et à l’extérieur du pays réclament une Algérie démocratique » et « il s’agit d’une opportunité qu’il ne faudra pas rater pour mettre en place une Constitution consensuelle ».

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