
Robert Alpers est un agriculteur américain spécialisé dans la culture du soja, du maïs et du blé. C’est aussi un éleveur. Dans cet entretien, il aborde quatre points essentiels : la durabilité agricole à travers les générations, l’impact du climat sur la culture du soja, la faiblesse de l’empreinte carbone du soja américain, comment l’Algérie peut-elle tirer profit de l’expérience américaine dans le domaine de la culture du soja.
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La durabilité agricole à travers les générations
En tant qu’agriculteur américain de troisième génération spécialisé dans le soja, comment l’approche de votre famille en matière de durabilité agricole a-t-elle évolué au fil du temps, et que signifie aujourd’hui pour vous l’« agriculture durable » ?
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Chaque génération prend davantage conscience de l’impact réel qu’elle peut avoir sur la santé des sols à long terme.
La génération de mon grand-père, tout en cherchant à maximiser la production et à exploiter les terres pour répondre à une demande croissante, a été la première à développer le concept de « conservation des sols ».
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La génération de mon père a commencé à introduire une meilleure efficacité, des intrants améliorés, des équipements plus performants et des pratiques de conservation plus avancées.
Pour ma part, la durabilité et la technologie vont de pair. Les progrès réalisés en matière de durabilité agricole ont été rendus possibles grâce aux nouvelles technologies : notre capacité à mieux maîtriser les quantités d’intrants utilisées, la qualité élevée des semences que nous cultivons, la gestion des données, le GPS, le guidage automatique des machines et les systèmes de surveillance.
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Nos pratiques de production ont également évolué. Cela signifie préserver la structure du sol grâce à la rotation soja-maïs, améliorer l’activité biologique, réduire l’érosion et veiller à ce que chaque hectare devienne plus résilient au fil du temps.
La durabilité n’est pas une pratique unique : c’est un état d’esprit qui consiste à transmettre la terre dans un meilleur état que celui dans lequel on l’a trouvée.
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Variabilité climatique
Alors que la variabilité météorologique affecte de plus en plus l’agriculture à l’échelle mondiale, quelles pratiques durables se sont révélées les plus efficaces pour stabiliser les rendements d’une année à l’autre ?
L’essentiel est de renforcer la résilience du système plutôt que de dépendre d’une seule campagne agricole. Le semis direct permet de maintenir l’humidité du sol pendant les périodes de sécheresse ; les cultures de couverture améliorent l’infiltration des nutriments et la structure du sol ; et la rotation des cultures réduit la pression exercée par les mauvaises herbes, les ravageurs et les maladies.
Ensemble, ces pratiques permettent d’atténuer les effets des conditions climatiques extrêmes. Il est impossible d’éliminer totalement la variabilité climatique, mais il est possible d’en réduire l’impact sur les rendements. Dans les systèmes de production du soja, les sols en bonne santé affichent systématiquement de meilleures performances en période de sécheresse comme lors de fortes précipitations, car ils absorbent et amortissent les chocs.
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L’empreinte carbone du soja américain
Q : Le soja américain est reconnu pour avoir l’une des empreintes carbone les plus faibles parmi les différentes origines. Quelles pratiques durables mises en œuvre sur votre exploitation contribuent le plus à cette performance ?
Le soja américain bénéficie d’une faible empreinte carbone principalement grâce à l’efficacité globale du système de production. Par exemple, le semis direct et le travail réduit du sol diminuent la consommation de carburant, tandis que l’agriculture de précision permet de limiter le gaspillage des intrants.
La rotation soja-maïs améliore également l’efficacité, notamment parce que le soja fixe naturellement l’azote atmosphérique et réduit ainsi les besoins en fertilisation.
Par ailleurs, le soja constitue une source essentielle de protéines végétales et d’acides aminés indispensables, ce qui renforce la demande sur les marchés de l’alimentation humaine et animale. L’ensemble de ces facteurs améliore à la fois les performances environnementales et la rentabilité des exploitations agricoles.
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Pertinence pour l’Algérie : partage des connaissances
Q : L’Algérie est un pays dont l’agriculture est confrontée à des défis tels que la rareté de l’eau, la dégradation des sols et les contraintes climatiques. À partir de votre expérience dans la production de soja aux États-Unis, quels enseignements ou principes clés des systèmes agricoles durables vous semblent les plus facilement transférables vers des régions confrontées à ce type de contraintes ?
Bien que chaque région possède ses propres spécificités, les principes fondamentaux de l’agriculture durable sont largement transférables. La protection des sols ainsi que l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau et des nutriments constituent les bases d’une productivité et d’une résilience durables.
Des pratiques telles que le semis direct ou le travail réduit du sol, le maintien des résidus de culture à la surface du sol et la rotation des cultures permettent de conserver l’humidité, de réduire l’érosion, d’améliorer la santé des sols et de renforcer la résilience face au stress climatique.
Par ailleurs, l’Algérie peut tirer parti d’un accès à des sources de protéines de haute qualité et fiables pour sa chaîne d’approvisionnement alimentaire et animale, et le soja américain en est un excellent exemple.
L’un des éléments qui distinguent le soja américain de nombreuses autres origines est qu’il est naturellement séché au soleil dans les champs avant la récolte. Ce processus de séchage naturel contribue à garantir la qualité et la régularité du produit, renforçant ainsi la fiabilité recherchée par les fabricants d’aliments pour animaux et les éleveurs.
Associée à des pratiques de production durables, cette caractéristique fait du soja américain une source de protéines fiable pour les clients du monde entier, y compris sur des marchés tels que l’Algérie.
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La croissance mondiale de la demande en protéines
Q : Alors que la demande mondiale en protéines continue de croître, quel rôle les producteurs américains de soja ont-ils à jouer pour produire davantage de nourriture tout en utilisant les ressources de manière plus efficiente ?
Les producteurs américains de soja ont un rôle essentiel à jouer pour répondre à la demande mondiale croissante en protéines.
Le soja est une source extrêmement efficace de protéines végétales et d’acides aminés essentiels, ce qui en fait un ingrédient incontournable pour l’alimentation animale et de nombreux produits alimentaires destinés à la consommation humaine.
Grâce à l’adoption de pratiques telles que le semis direct, la rotation des cultures, les cultures de couverture et les technologies d’agriculture de précision, nous pouvons continuer à accroître notre productivité tout en utilisant les ressources de manière plus efficace.
L’objectif est de produire davantage de protéines de haute qualité avec une empreinte environnementale réduite, afin d’assurer à la fois la durabilité et la rentabilité des exploitations agricoles.
À l’avenir, l’agriculture devra produire davantage avec moins de ressources. Je suis convaincu que l’innovation, la technologie et un engagement constant en faveur de la santé des sols permettront aux agriculteurs de relever ce défi tout en nourrissant une population mondiale en constante augmentation.