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Taxes, salaires…ce qui change au 1er janvier 2026 en Algérie

La Loi de finances 2026, qui est entrée en vigueur ce jeudi 1er janvier, prévoit de nombreux changements pour les particuliers et les entreprises locales et étrangères en Algérie.

Taxes, salaires…ce qui change au 1er janvier 2026 en Algérie
Ce qui change au 1er janvier 2026 en Algérie selon la Loi de finances 2026 / 170749563-Diethelm Scheidereit-Dreamstime.com
Badreddine Khris
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La Loi de finances 2026, qui a été publiée au Journal officiel mercredi 31 décembre, est entrée en vigueur ce jeudi 1er janvier. Elle prévoit de nombreux changements pour les particuliers et les entreprises locales et étrangères. Voici les mesures phares.

Le budget de l’État des dépenses s’élève à 17.636,7 milliards de DA en 2026 (plus de 135 milliards de dollars), tandis que les recettes budgétaires devraient atteindre 8 009 milliards DA durant la même année. Le budget 2026 est considéré comme le plus élevé de l’histoire de l’Algérie.

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Les objectifs macro-économiques tracés, selon le texte, font état d’une croissance économique d’environ 4,1 % en 2026, avec une amélioration progressive dans les années suivantes (4,4 % en 2027, 4,5 % en 2028).

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L’objectif de diversification de l’économie en réduisant la dépendance aux hydrocarbures et en renforçant d’autres secteurs a été clairement spécifié dans la LF 2026.

Mesures fiscales et économiques

En ce qui concerne les mesures fiscales et économiques, l’État réaffirme son soutien à l’économie et aux entreprises. Le texte prévoit des mesures pour encourager l’investissement, simplifier les procédures fiscales et soutenir les startups.

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Il est ainsi prévu un allongement des exonérations fiscales pour les startups,  qui peut aller à une extension à deux ans sous certaines conditions.

Des réformes du Code des impôts directs et des taxes assimilées sont introduites pour élargir la base fiscale et alléger certaines pressions fiscales.

Harmonisation fiscale pour les entreprises étrangères

Le texte de loi fait ressortir ainsi la décision de l’État liée à l’harmonisation fiscale pour les entreprises étrangères.  Les sociétés non-résidentes devront désormais calculer et payer l’impôt sur les bénéfices (IBS) comme si elles étaient soumises au régime algérien normal, et non plus sous régime optionnel, notamment pour les contrats de construction « clé en main », EPC (Engineering, Procurement, Construction). Ce qui met les entreprises locales et étrangères sur un même pied d’égalité en termes de réglementation.

Le texte prévoit, en outre, une introduction d’un dispositif exceptionnel de régularisation fiscale volontaire, avec imposition à un taux fixe (libératoire) si elle est réalisée avant le 31 décembre 2026.

Outre la simplification du remboursement des trop-perçus, la loi simplifie aussi les modalités de remboursement des trop-versés sur l’IRG ou l’IBS, réduisant les délais et procédures de remboursement.

Extension des taux réduits de TVA

La Loi de finances 2026 étend ou crée plusieurs cas d’application du taux réduit de TVA (9 %), notamment pour la réhabilitation de logements anciens (travaux et prestations associées), pour les services de santé et soins médicaux (certaines prestations), la formation professionnelle et services liés à l’apprentissage ainsi que les transports de voyageurs par bus (taux réduit).

« Ces mesures visent à réduire le coût des services essentiels pour les citoyens et encourager certains secteurs économiques », explique le texte.

Exonérations de droits de douane en soutien à certains secteurs

La loi prévoit en outre, des exonérations de droits de douane et réductions ciblées pour soutenir certains secteurs dont les importations d’équipements pour panneaux solaires avec un taux de douane réduit à 5 %, les électrolyseurs pour production d’hydrogène (exonération des droits de douane).

Les importations de matières premières pour la pêche et l’aquaculture bénéficient d’une exonération + TVA 9 % pour encourager le développement de ces activités. Le même taux est appliqué pour le transport en bus et certains services. Quant aux micro-importations, l’on prévoit une imposition forfaitaire unique de 0,5 % par transaction, calculée sur la valeur en douane.

La LF 2026 introduit plusieurs mesures fiscales pour promouvoir l’environnement et l’énergie verte, notamment l’exonération des droits de douane pour les équipements liés à l’énergie solaire ou à l’hydrogène vert.

Il est institué aussi une déductibilité fiscale des dépenses liées au développement d’hydrogène vert et aux énergies renouvelables. La TVA est, en outre, réduite ou exonérée pour certains biens liés à la transition énergétique tels que les panneaux, chauffe-eau solaires, etc…

Soutien au pouvoir d’achat et mesures sociales

La Loi de finances 2026 intègre un ensemble de mesures sociales concrètes, dont des allègements fiscaux pour les produits de base, un soutien renforcé au logement social, des incitations pour les transports publics, et une orientation budgétaire qui protège le pouvoir d’achat des citoyens. Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large de stabilisation des prix et d’amélioration des conditions de vie des citoyens.

La Loi de finances 2026 met clairement l’accent sur le soutien au pouvoir d’achat des ménages et l’amélioration du cadre de vie des citoyens, tout en veillant à la stabilité des prix des produits essentiels et à l’approvisionnement du marché.

Mesures sur les produits de consommation

Le texte de loi prévoit une prolongation des exonérations fiscales et droits de douane pour plusieurs produits de première nécessité jusqu’au 31 décembre 2026 afin d’atténuer l’impact de l’inflation sur les prix. Il s’agit, des huiles brutes de soja, café, légumes secs, viandes blanche et rouge.

Le taux de douane est réduit à 5 % pour l’importation des bovins et ovins destinés à l’abattage et les viandes fraîches réfrigérées. Ces mesures visent à stabiliser les prix alimentaires essentiels et à faciliter l’accès des citoyens à ces produits.

Soutien au financement du logement social

La loi applique par ailleurs, une subvention des intérêts sur les prêts accordés par les banques publiques pour la construction de logements sous le programme AADL (location-vente), avec une couverture de 100 % des intérêts durant la période de différé.

Il est prévu aussi une prolongation des délais jusqu’à fin 2026 pour les occupants de logements publics sociaux souhaitant acheter leur logement. Ces mesures facilitent l’accession à la propriété pour les ménages et réduisent le coût du financement du logement.

Soutien direct à certaines catégories de citoyens

L’État a introduit une exonération des droits et taxes pour les véhicules de transport de personnes (10 personnes et plus), importés dans la limite de 10 000 unités qui inclut les droits de douane, la TVA, la contribution de solidarité et les autres taxes.

Ce qui va encourager le renouvellement du parc de transport collectif, réduisant ainsi les coûts pour les opérateurs et potentiellement les usagers.

Augmentation de la masse salariale dans le budget 2026

Sur un autre registre, la Loi de finances 2026 prévoit une augmentation globale des salaires et des revenus sociaux, destinée à renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs, des chômeurs, des étudiants et potentiellement des retraités.

Cette politique s’inscrit dans une orientation sociale affichée par les autorités pour atténuer les effets de la conjoncture économique tout en améliorant les conditions de vie des citoyens

Le budget 2026 consacre une enveloppe plus importante aux salaires de la fonction publique et des établissements publics. Ainsi, la masse salariale globale prévue pour 2026 est d’environ 5.926 milliards de dinars, soit 33,6 % du budget de l’État. Cela représente une augmentation de 83 milliards de DA (+1,4 %) par rapport à 2025.

« Cette hausse traduit la volonté de l’État de maintenir le soutien au pouvoir d’achat des fonctionnaires et des employés publics malgré le contexte économique difficile », souligne le texte.

Le président de la République a annoncé pour 2026 des augmentations de salaires, allocations chômage et bourses étudiantes, avec possibilité d’extension aux pensions de retraite selon les moyens de l’État.

L’objectif affiché est de renforcer le pouvoir d’achat des ménages concernés par ces revenus. Ainsi, la LF 2026 réserve 438,162 milliards de dinars pour le soutien et la promotion à l’emploi. Cet argent doit être utilisé pour financer l’allocation chômage qui est passée de 15.000 DA à 18.000 DA.

Revalorisation programmée des salaires et pensions

Selon des analyses du projet de loi (article 15 du texte), il est prévu une revalorisation des salaires et des traitements dans les secteurs public et privé pour les années 2026, 2027 et 2028, ainsi que des pensions de retraite, les montants étant fixés par décret.

Une hausse salariale d’environ 4 % est prévue dans la fonction publique pour 2026 comparativement à 2025, comme étape de cette revalorisation.

Une chose est certaine, plusieurs mesures visent à protéger le pouvoir d’achat des citoyens et améliorer leurs conditions de vie. C’est ainsi qu’il est promis un appui aux familles vulnérables des programmes d’aides ciblées concernant les dépenses sociales de ces catégories.

Le soutien est réservé en outre au secteur de l’Agriculture à travers un  financement élevé pour sa modernisation et sa stimulation. Des dispositifs spécifiques de soutien et d’accès au financement sont inclus pour les PME et petites entreprises. Les ressources en eau et les infrastructures sont également mentionnées comme domaines d’investissement prioritaires.

Nouvelles taxes

La Loi de finances 2026 a par ailleurs institué, dans son article 97 qui modifie et complète l’article 81 de la Loi de finances 2021, une taxe sur la consommation des carburants des véhicules, camions et autobus à chaque sortie des frontières du pays, pour la compensation de l’écart entre le prix administré et le prix international des carburants.

Les tarifs de cette taxe sont fixés pour les véhicules utilitaires, autobus et camions à raison de 5.000 DA par rotation pour les véhicules utilitaires et camions moins de 10 tonnes, à 12.000 DA par rotation pour les camions plus de 10 tonnes et autobus.

Pour les véhicules de tourisme, un tarif progressif en fonction du nombre de sorties effectuées par véhicule par jour, sera fixé à raison : d’une sortie à 1.000 DA, deux sorties à 5.000 DA, trois sorties à 10.000 DA, quatre sorties ou au-delà, le tarif est fixé à 25.000 DA.

Concernant le transport maritime, « la taxe est perçue auprès des transporteurs maritimes et versée tous les trois mois au trésor. Elle est, également, versée à titre d’éventuel excédent sur le recouvrement de ladite taxe, dans les mêmes conditions. En cas de remboursement du titre de transport, la taxe est également restituée par le transporteur à l’ayant droit », précise l’article .

Une taxe pour les titres de transports individuels ou collectifs

Par ailleurs, les titres de transports individuels ou collectifs délivrés à quelque titre que ce soit aux personnes, aux groupes de personnes, résidants en Algérie et sortants du territoire national, sont soumis à une taxe.

Celle-ci est fixée à 1400 DA (au lieu de 1 000 DA) au titre du transport maritime et à 1900 DA (au lieu de 1 500 DA) au titre du transport aérien.

Cette taxe sert à « alimenter des fonds destinés à la solidarité nationale, soutenant divers secteurs ou aides sociales en Algérie. Les modalités d’application des dispositions précitées sont définies, en tant que de besoin, par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre chargé des transports ».

La Loi de finances 2026 prévoit d’autres taxes tel que mentionné dans son article 25 : « il est institué une taxe intérieure de consommation composée d’une part fixe et d’un taux proportionnel applicable aux produits et selon les tarifs. Une taxe de 15 % est donc soumise aux tabacs à fumer, tabacs à priser et à mâcher ».

Le produit de la taxe intérieure de consommation est affecté , comme le précise l’article 26 bis, à 90 %, au profit du budget de l’État, 10 %, au profit du compte d’affectation spéciale n° 302 – 153 intitulé « Fonds spécial pour la promotion des exportations ».

Entreprises : voici neuf mesures phares

  • Réduction du taux de l’IRG sur les dividendes distribués par les entreprises de 15 % à 10 %
  • Obligation de dépôt des contrats conclus avec des entreprises non-résidentes (contrat, avenant, résiliation), dans un délai de 10 jours à compter de la date de leur signature.
  • Les écoles de formation professionnelle sont soumises désormais au taux de TVA 9 %
  • Article 8 LF26 : institution d’un taux forfaitaire fixé à 40 % du prix de vente, pour le calcul du prix d’achat, lorsque ce dernier est indéfini, pour faciliter la détermination de la plus-value de cession des biens immeubles bâtis ou non bâtis. Article 78 CIDTA – Article 9 LF26
  • Le bénéfice imposable pour une entreprise étrangère sans établissement stable, lorsqu’elle exécute un contrat unique combinant services, travaux, fourniture d’équipements, comprendra la totalité des bénéfices réalisés en Algérie, y compris ceux liés aux équipements, peu importe leur facturation ou importation séparée.
  • Obligation de dépôt auprès des services fiscaux de tous les contrats conclus avec des entreprises non-résidentes, incluant avenants, renouvellements et résiliations (au lieu de contrat principal uniquement) dans un délai de 10 jours (au lieu de 15 jours) à compter de la date de leur signature. Article 156 bis et 161 CIDTA – article 14 et 15 LF26
  • Introduction du paiement électronique des droits de timbre pour les CNI, Passeport, registre du commerce
  • Suppression de l’exonération de la vignette automobile pour les véhicules fonctionnant au GPL/C.
  • Obligation d’avoir des logiciels de facturation certifiés par une autorité habilitée, garantissant l’inaltérabilité, la sécurité, la conservation et l’archivage des données (obligatoire à compter du 1er janvier 2027).
Lien permanent : https://tsadz.co/8rcf5

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