
La grogne sociale monte en Tunisie. Hier lundi, des affrontements entre des protestataires et les forces de l’ordre ont éclaté dans plusieurs régions du pays, rapporte ce mardi 9 novembre le site d’information Kapitalis. Bilan : un mort dans des circonstances encore indéterminées à Tebourba, au sud de Tunis, plusieurs blessés et 44 arrestations dont 16 à Kasserine, une ville située dans l’ouest de la Tunisie près de la frontière avec l’Algérie.
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Outre le bilan humain, plusieurs bâtiments publics endommagés lors de ces heurts, d’après le ministère tunisien de l’Intérieur cité par l’AFP.
À l’origine de cette vague de contestation, l’adoption de la loi de finances 2018 à une nette majorité par le parlement tunisien en décembre dernier. Le budget 2018 prévoit une hausse d’un point de la TVA, et une augmentation de prix « douloureuse » mais nécessaire pour la réduction du déficit budgétaire, selon le président Béji Caid Essebsi, cité par le Figaro.
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Très vite, la protestation s’est organisée pour dénoncer les conséquences néfastes de ladite loi sur le pouvoir d’achat des Tunisiens. Une campagne, baptisée « Fech Nestanaw (« Qu’est-ce qu’on attend ? ») », a été lancée début janvier par des jeunes dont plusieurs sont issus de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET).
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Mais, c’est dans les zones les plus reculées du pays où cette protestation a pris une autre tournure. À Sakiet Sidi Youcef, une localité frontalière, les manifestants ont barré la route menant en Algérie pendant des jours. À Métlaoui, une localité du bassin minier tunisien situé dans l’ouest du pays, des jeunes brandissant des drapeaux algériens ont tenté de marché dimanche 7 janvier vers la frontière algérienne. Ils ont été empêchés par les autorités tunisiennes de pénétrer sur le sol algérien.
Pareil, à Sidi Bouzid, autre ville du centre du pays fortement mobilisée et d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale qui avait marqué le début des printemps arabe, des routes ont été bloquées par des pierres et des pneus, selon le correspondant local de l’AFP.
Face à cette escalade, le Premier ministre tunisien a réagi ce mardi 9 janvier, qualifiant que « ce qui s’est passé dans la nuit du lundi n’a rien à voir avec des protestations ». Youcef Chahed, déjà en difficulté sur le plan politique, a dénoncé des actes de vandalisme ayant touché des institutions publiques et privées, mais aussi des agressions sur des citoyens, rapporte Kapitalis.