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Tunisie : une ville en grève pour réclamer “le retour de la police”

La ville de Redeyef, dans le centre-ouest défavorisé de la Tunisie, a observé mardi une grève générale pour réclamer des emplois mais aussi pour demander “le retour de la police”, absente depuis que le commissariat a été incendié, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Les branches locales du puissant syndicat UGTT et du patronat Utica avaient appelé à cette grève pour dénoncer “l’absence sécuritaire continue et délibérée”.

Le commissariat a été incendié fin 2017 lors de mouvements sociaux. Depuis, des habitants se plaignent de l’insécurité, notamment de cambriolages, et de devoir se rendre dans les villes environnantes pour obtenir certains documents officiels comme la carte d’identité, dont la demande se fait dans les postes de police.

Mardi, les commerces sont restés fermés toute la journée, tout comme les institutions publiques. Seules les pharmacies et les urgences de l’hôpital étaient ouvertes.

“L’emploi n’est pas une faveur”, “Les gouvernements se succèdent et Redeyef est toujours oubliée”, ont scandé quelques dizaines de manifestants qui ont défilé dans les rues principales de la ville.

“Nous avons épuisé les tentatives (de négociation) avec les autorités pour un retour des forces de l’ordre. La grève générale n’était pas un objectif en soi, elle est devenue nécessaire après la fermeture des canaux de négociation avec les autorités régionales et locales”, a dit à l’AFP Mouammar Amidi, le secrétaire général du syndicat de l’enseignement de base.

Les commerçants arguent de leur côté qu’il n’est pas possible “d’attirer les investissements sans sécurité”.

Redeyef se trouve dans le bassin minier, une région riche en phosphate mais qui est l’une des plus pauvres de Tunisie.

Le bassin minier a été le théâtre en 2008 d’une insurrection réprimée dans le sang par le régime de l’ex-dictateur Zine El Abidine Ben Ali et reste régulièrement agité par des mouvements sociaux depuis la révolution de 2011.

La production de phosphate est d’ailleurs globalement paralysée depuis fin janvier en raison de sit-in.

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