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Rencontre avec Yanis, le jeune qui a interpellé Macron sur la colonisation

Mercredi 6 décembre, Emmanuel Macron, en visite en Algérie, effectue une déambulation au centre-ville d’Alger. Dans la foule, un jeune algérien l’interpelle : « Il faut que la France assume son passé colonial vis-à-vis de l’Algérie ». « Cela fait longtemps qu’elle l’a assumé », répond le président français. Le jeune algérien relance le président français. Emmanuel Macron s’agace : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ! ». La séquence, filmée par les caméras de télévision qui suivent le président français, a été très commentée par la presse.

Cinq jours après la visite, nous avons rencontré Yanis B, le jeune algérien qui a interpellé le président français. Âgé de 27 ans, il travaille au Square port Saïd, près du tribunal de Sidi M’hamed, comme écrivain public et conseiller juridique. Ce jour-là, son intention n’était pas d’interroger Emmanuel Macron sur la colonisation. « Je n’allais pas aborder ce sujet. Je voulais lui parler mais de la décision de Donald Trump concernant le transfert de l’ambassade américaine à Al Qods », précise Yanis. B.

« Je voulais faire une petite demande : que la France s’exprime contre la décision de Trump », poursuit notre interlocuteur. Mais quand le président français s’approche de la foule, des personnes commencent à scander « crime de guerre » et « crime contre l’Algérie », selon lui. « Le président ne comprenait pas. Je suis alors intervenu et je lui ai parlé de la colonisation », explique le jeune écrivain public qui semble être peu convaincu par la réponse du président français.

« La réponse par rapport à mon âge n’est pas logique. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas connu (cette période), qu’on n’y était pas né ou qu’on ne l’a pas vécue, qu’on ne devrait pas en parler », souligne Yanis qui estime toutefois qu’Emmanuel Macron a fait « un petit effort » par rapport à ses prédécesseurs sur la question de la colonisation qu’il a qualifiée de « crime contre l’humain ».

Yanis. B. dit vouloir répondre aux médias français qui ont porté des jugements sur les jeunes algériens après cet échange entre lui et Emmanuel Macron. « Ils ont parlé de génération Bouteflika, de jeunes otages de l’histoire, bloqués et prisonniers de leur passé et qui considèrent la France comme responsable de ce qui se passe aujourd’hui (dans le pays). Je tenais à dire que ce n’est pas du tout le cas et que cela est complètement faux », assure-t-il.

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