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« Le dinar n’a pas quitté la spirale vicieuse de la dévaluation »

L'euro a battu, mardi 1er août, un nouveau record face au dinar, à 128,11 dans les échanges officiels de la Banque centrale. L'économiste Farid Benyahia renvient dans cet entretien sur…

« Le dinar n’a pas quitté la spirale vicieuse de la dévaluation »
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L’euro a battu, mardi 1er août, un nouveau record face au dinar, à 128,11 dans les échanges officiels de la Banque centrale. L’économiste Farid Benyahia renvient dans cet entretien sur la dépréciation du dinar et ses effets sur l’économie nationale. Il explique aussi le dernier règlement de la Banque d’Algérie destiné à permettre aux opérateurs de se couvrir contre les risques de change.

Le dinar a-t-il encore de la valeur ?

Depuis les années 1990, la monnaie nationale n’a jamais retrouvé son niveau d’avant crise économique. Le dinar a été dévalué suite aux recommandations et instructions du FMI. L’Algérie est tombée dans le piège de cette institution internationale dont la mission principale est la compatibilité et la consolidation des comptes.

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Le management stratégique et la politique monétaire font défaut dans cette institution, et les résultats dégénérés ont été difficiles à gérer.

Certes, au début, l’Algérie était obligée de suivre les instructions du FMI. Mais après les années 2000, nous avons raté de belles occasions pour opérer des changements structurels majeurs.

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Alors on s’est retrouvé dans la spirale vicieuse de la dévaluation de la monnaie nationale. Aujourd’hui le taux de change est de 1 euro pour 128 dinars à la banque et 192 sur le marché parallèle. 17 ans après le boom pétrolier, la Banque d’Algérie parle encore de dépréciation du dinar. Ce qui est une reconnaissance de l’échec des politiques (industrielles, agricoles et services) adoptées par les gouvernements successifs depuis 2000.

Quel impact aura une nouvelle dévaluation/dépréciation du dinar sur l’économie nationale ?

La dévaluation de la monnaie nationale génère des problèmes socio-économiques. L’Algérie est un pays importateur, la dépréciation de sa monnaie engendrera des conséquences très difficiles à gérer sur le plan social : la cherté des prix des produits importés et la pénurie de certains produits soumis aux licences d’importation. Ce qui va créer une situation de tension.

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Aujourd’hui, on est encore dans la politique de replâtrage. Au lieu de prendre des décisions courageuses visant à assurer un accompagnement réel de l’État aux investisseurs (les vrais investisseurs), assainir le climat des affaires, lutter contre le marché de change parallèle, lever les contraintes sur les investisseurs, attirer les investisseurs étrangers (sérieux), etc., le gouvernement continue de tourner en rond.

D’ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de la dévaluation du dinar. Une dévaluation seule n’a pas véritablement d’intérêt tant que les conditions économiques qui ont conduit à cette dévaluation sont toujours les mêmes.

Le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) de la Banque d’Algérie va autoriser les opérateurs à se protéger contre les risques de change. Quel impact aura cette décision ?

La Banque d’Algérie a essayé d’équilibrer les choses. Malheureusement, ce sont les importateurs qui bénéficieront encore une fois de cette nouvelle réglementation du moment où nous n’avons pas des investisseurs réels en Algérie à part quelques-uns. Dans cette période marquée par la fluctuation du dinar qui vient d’enregistrer son plus bas historique face à l’euro, cette décision cherche encore à prémunir les importateurs contre les risques de change. Une décision purement politique établie sur mesure et vise à servir l’intérêt des lobbys de l’importation.

Si le gouvernement veut vraiment organiser le marché monétaire, il devrait entamer la réforme du système bancaire et lutter contre les marchés de change et les bourses parallèles installés dans les quartiers au su et au vu des autorités. On assiste ces derniers temps à l’impuissance de l’État. Il n’exerce aucun contrôle sur la sphère économique. L’État ne maîtrise pas le marché informel y compris du change, il est grand temps que les Algériens portent des lunettes pour voir la gravité de la situation.

Les réformes actuelles du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune ne peuvent régler le problème d’une guerre économique criminelle déclarée contre l’Algérie. Pour cela, il faut d’autres démarches stratégiques, à l’instar des plans d’états-majors lors d’une guerre.

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