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Feux de forêt : la double stratégie payante de l’Algérie

Après plusieurs années difficiles, l’Algérie a pris des mesures pour lutter contre les incendies et reprendre le contrôle sur ses forêts.

Feux de forêt : la double stratégie payante de l’Algérie
feu-Par-Lumppini
Aicha Merabet
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C’est l’été et l’Algérie a pris toutes les dispositions pour prévenir et lutter contre d’éventuels feux de forêt. Les mesures prises ces dernières années semblent produire de l’effet. L’année passée, il y a eu nettement moins de feux et de dégâts que les années précédentes.

« Nous avons enregistré l’un des taux les plus faibles depuis l’indépendance en matière de feux de forêt », affirme une source officielle. Deux facteurs ont contribué à la lutte contre les feux de forêt : le durcissement des peines contre les pyromanes et la mobilisation des moyens matériels comme les avions bombardiers d’eau pour prévenir et lutter contre les feux de forêt. Au lieu de subir, l’Algérie est en train de reprendre le contrôle pour mieux lutter contre les incendies.

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L’année 2021 a été de loin la plus catastrophique avec des incendies qui ont touché quasiment tout le nord du pays, particulièrement la Kabylie. À Tizi-Ouzou, des dizaines de morts ont été déplorés et des dizaines de milliers d’hectares de forêts, de vergers et de broussailles sont partis en fumée.

Le scénario s’est répété deux ans plus tard, en juillet 2023, faisant plus d’une trentaine de morts dans la région de Toudja, près de Béjaïa. Rien qu’en 2021, près de 90 000 hectares ont été détruits.

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Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer la multiplication des feux dévastateurs ces dernières années en Algérie. Il y a d’abord évidemment le changement climatique qui génère des températures très élevées et inhabituelles. Mais d’autres facteurs, humains cette fois, n’en sont pas moins responsables. Beaucoup de feux dont d’origine volontaire, voire criminelle. « 80 % des feux de forêt en Algérie sont d’origine humaine, souvent criminelle », indique notre source.

Des activités illicites, comme la production de charbon ou le défrichage des forêts pour en faire des terres agricoles causent d’immenses dégâts au patrimoine forestier national.

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Les feux de forêt en net recul en Algérie

La négligence et les comportements irresponsables sont aussi pointés du doigt, comme la prolifération des décharges sauvages à la lisière des forêts et des endroits boisés, les barbecues en pleine forêt ou des gestes anodins tels le débroussaillage en été ou un simple mégot de cigarette jeté d’une voiture…

Ajouter à tout cela le manque de moyens de lutte et d’intervention, comme les avions bombardiers d’eau qui ont beaucoup fait parler ces dernières années.

Tous ces aspects ont été pris en compte dans les plans de prévention, d’où le recul remarquable du nombre de départs de feux en 2024. Selon une source au fait du dossier, cette année-là a été la plus calme en Algérie en termes de feux de forêt depuis l’indépendance. Moins de 3500 hectares ont brûlé en 2024 dans toute l’Algérie, soit une baisse spectaculaire par rapport aux 38 000 hectares perdus en 2023 ou encore les 90 000 de 2021. Cela, bien que l’été 2024 fut plus chaud que les précédents.

Cette amélioration est le résultat des efforts conjugués des différentes parties concernées et des nombreuses mesures prises tant au niveau national qu’à l’échelle locale. Il y a d’abord le durcissement des peines pour les actes d’incendie volontaire et des sanctions pour les gestes dangereux. Les pyromanes risquent de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité « lorsque les infractions portent sur les biens appartenant à l’État, aux collectivités locales, aux établissements ou organismes de droit public ».

Les autorités ont aussi multiplié les interdictions (fabrication illicite de charbon, défrichage, barbecue en forêt…) en plus de campagnes de sensibilisation intensives.

À noter aussi le redéploiement salvateur des gardes forestiers. Ces derniers reprennent leur place dans les forêts du pays après de longues années d’absence, due notamment au terrorisme dans les années 1990.

Répression et déploiement d’importants moyens matériels

Parallèlement, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens tant humains que matériels, avec notamment l’acquisition de moyens de lutte aériens permettant le repérage des feux dès leur départ et une prompte intervention. Les moyens mobilisés pour l’été en cours sont impressionnants.

Le dispositif aérien, présenté le 1er juin dernier, est constitué de 12 bombardiers d’eau AT 802 loués par la Protection civile, 6 hélicoptères et deux avions de reconnaissance, en plus d’autres moyens de plus grande capacité appartenant à l’ANP. La Protection civile a en outre réquisitionné 505 unités d’intervention, 65 colonnes mobiles et 6 détachements régionaux. Des drones sont utilisés en outre pour surveiller les forêts et prévenir les départs d’incendies afin d’intervenir rapidement.

Pour le moment, on est à la mi-juillet et l’été est toujours calme en termes d’incendies. L’Algérie est-elle définitivement sortie du cauchemar des feux de forêt dévastateurs ?

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