
De récentes images du Commandant Azzedine, figure emblématique de la guerre de Libération nationale, ont suscité une vague de réactions contrastées sur les réseaux sociaux algériens.
Sa fille, Lamia Chellali, a pris la parole ce samedi 30 août sur Facebook pour dénoncer les attaques qui visent son père malade. Elle défend également son droit à recevoir des soins adaptés à sa condition.
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Commandant Azzedine, un héros affaibli mais respecté
De son vrai nom Rabah Zerari, le Commandant Azzedine, âgé de 91 ans, fut l’un des chefs militaires les plus redoutés de la guerre d’indépendance.
Il a notamment dirigé le commando Ali Khodja dans la Wilaya IV, a été blessé, emprisonné puis s’est évadé à plusieurs reprises. Il a également participé à la Bataille de Bouzegza en 1957 et a été membre du Conseil national de la Révolution Algérienne (CNRA) avant de se retirer de l’armée dès 1962.
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Aujourd’hui, le Commandant Azzedine est affaibli par la maladie. Il a d’ailleurs récemment reçu la visite du ministre des Moudjahidine, Laïd Rebiga, venu s’enquérir de son état de santé.
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Les images de cette visite montrent le visage de moudjahid marqué par les épreuves, et très vite, elles ont suscité des commentaires violents en ligne.
Le Commandant Azzedine « mérite des soins dignes de ce nom »
Sa fille Lamia Chellali a réagi en publiant un long message sur Facebook, dans lequel elle se dit « abasourdie par tant de haine, d’ignorance et de méchanceté gratuite ».
Pour elle, la dignité de son père, héros de la nation, ne se juge pas à son apparence mais à son parcours : « La dignité, c’est le courage de vivre, de se battre, et l’amour que l’on donne et que l’on reçoit ».
La fille de l’ancien maquisard a rappelé que son combat est avant tout humain, et qu’il concerne un malade comme tant d’autres patients algériens confrontés aux limites du système de santé.
« Mon père est malade, et comme tout être humain, il mérite des soins dignes de ce nom. Oui, en Algérie, nous avons des médecins d’une compétence exceptionnelle […] mais les structures et le suivi ne permettent pas toujours d’assurer à un patient la prise en charge qu’il mérite », dit-elle.
Pour « la dignité » de son père, sa fille se battra jusqu’au bout
Dans son message, Lamia Chellali n’a pas hésité à dénoncer ce qu’elle considère comme une hypocrisie de ceux qui critiquent : « Où était leur dignité quand certains vendaient des bouteilles d’oxygène pendant le Covid à cinq fois leur prix ? ».
Car oui, les mauvaises langues visent particulièrement son recours à des soins à l’étranger, insinuant un manque de confiance envers le système de santé national.
« Où était leur dignité quand ils se taisaient face aux injustices qui frappaient notre peuple au quotidien ? », s’insurge la fille du Commandant Azzedine.
Et de rappeler l’engagement de son père au-delà de la guerre, notamment son opposition aux injustices et son soutien aux libertés : « Je l’ai vu parler pour les femmes, pour les enfants, pour les libertés, pour l’Algérie ».
Âgé, malade et parfois oublié, le Commandant Azzedine reste un symbole de la mémoire nationale. La récente visite du ministre des Moudjahidine à son chevet rappelle non seulement son rôle central dans la lutte pour l’indépendance, mais aussi la nécessité de lui assurer un suivi médical adapté.
Pour sa fille, l’essentiel est ailleurs : « Aujourd’hui, je me bats pour mon père. Pour sa vie. Pour sa dignité. Pour qu’il reçoive les soins qu’il mérite. Et je le ferai jusqu’au bout ».