
La championne olympique algérienne aux JO de Paris 2024, Kaylia Nemour, ne digère toujours pas les années « d’emprise » qu’elle avait subies par ses anciens entraîneurs Marc et Gina Chirilcenco du club d’Avoine-Beaumont.
Toujours déterminée à aller de l’avant, en témoignent ses derniers résultats réalisés fin octobre dernier aux championnats du monde de gymnastique de Jakarta, Kaylia Nemour revient sur les conditions extrêmement difficiles, voire humiliantes, dans lesquelles elle s’entraînait à Avoine-Beaumont.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
« Je sais maintenant que ce que j’ai vécu n’était pas normal »
La gymnaste franco-algérienne évoque une nouvelle fois, dans un entretien accordé au journal Le Parisien à l’occasion de la sortie de son livre « L’ombre de l’or » ce jeudi 4 décembre, les violences physiques et psychologiques infligées par ses anciens entraîneurs pendant des années.
A lire aussi : Sporting Portugal : Slimani dans la tourmente
La championne algérienne de gym affirme qu’elle a besoin de se confier sur ce qu’elle a vécu pour pouvoir passer à autre chose. « Je sais maintenant que ce que j’ai vécu n’était pas normal », dit-elle, évoquant des violences physiques et des bleus aux jambes « causés par les rouleaux de scratch que Marc me balançait dessus en guise de sanction ».
Âgée à peine de 16 ans à l’époque, Kaylia subissait des violences physiques et psychologiques lors des entraînements « quasi-militaires, tous les jours sans exception et jusqu’à épuisement », se confie-t-elle.
A lire aussi : Imane Khelif : disparition inquiétante des rings de la championne algérienne
Elle se dit toujours « traumatisée par toutes ces souffrances, par toutes ces fois où, après m’avoir virée de l’entraînement et envoyée dans les vestiaires, Marc m’obligeait à revenir pour aller m’excuser auprès de chaque entraîneur, un par un, de ne pas avoir réussi mes exercices ».
Meurtrie par ces humiliations, la championne olympique affirme qu’elle agissait comme un robot. Le pire, c’est que ses entraîneurs lui faisaient croire que ces méthodes sont la norme de la gymnastique de haut niveau.
« J’ai compris qu’on pouvait faire de la gym par plaisir »
« Pour moi, c’était la norme. Je n’ai connu que ça, et ils disaient que c’était ça la gym de haut niveau », dit-elle. Même en regardant, « avec envie », ses adversaires plaisantant avec leurs coachs, elle se disait qu’elles n’ont pas les mêmes objectifs sportifs, « que c’était sans doute normal, qu’il n’y ait pas la même exigence et le même fonctionnement ».
Les deux anciens entraîneurs de la championne du monde aux barres asymétriques à Jakarta avaient persuadé sa mère, Stéphanie Nemour, qu’elle était « capricieuse et difficile à entraîner », soulignant que ses parents avaient « 100 % confiance en Marc et Gina », raconte Kaylia.
En août 2024, lorsque Kaylia Nemour a décroché l’or aux JO de Paris aux couleurs de l’Algérie, elle a été contrainte de retourner au village olympique, à peine la médaille accrochée à son cou. Alors qu’à Paris la fête olympique battait son plein, Kaylia était restée seule au village olympique.
En mai dernier, Kaylia Nemour a quitté le club d’Avoine-Beaumont. Depuis, elle est entraînée par Nadia Massé à Dijon et a déjà obtenu deux médailles mondiales, l’or aux barres et l’argent à la poutre. « J’ai compris qu’on pouvait faire de la gym par plaisir. Si vous saviez combien je kiffe aujourd’hui », confie-t-elle encore avec le sourire aux lèvres.