
Stellantis a réuni ses fournisseurs italiens le lundi 2 février à Turin pour les convaincre de s’installer en Algérie où le groupe multimarque a ouvert une usine FIAT fin 2023.
L’entreprise Sigit, spécialisée dans la fabrication des composants plastiques et basée à Orbassano, près de Turin, est de celles qui ont accepté de relever le défi.
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Son directeur, Pierangelo Decisi, défend le choix de produire en Algérie qui sera, selon lui, bénéfique autant pour Stellantis que pour l’Algérie et l’Italie. “Il ne s’agit pas d’une délocalisation, mais d’une stratégie de croissance”, explique-t-il au média local Torino Corriere, assurant qu’il “ouvre une usine en Algérie pour éviter de licencier des employés à Turin”.
Sigit a compris que l’Algérie est une opportunité avant même l’appel de Stellantis. L’année passée, la société italienne à fonds omanais a signé un accord de partenariat avec l’entreprise publique algérienne Siplast.
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L’Algérie, un « pays stratégique »
Une usine est en construction. Elle emploiera 200 personnes et fournira des composants à l’usine FIAT d’Oran. Ce “joyau technologique profitera à l’Italie et au Piémont”, assure l’entrepreneur italien.
Pierangelo Decisi dirige par ailleurs l’association des petites entreprises de Turin. Pour lui, aller en Algérie, c’est investir dans “un pays stratégique”, insistant sur le fait que l’investissement à l’étranger ne pénalise pas le tissu économique italien.
“Je n’ai pas besoin de convaincre qui que ce soit : l’internationalisation est un moteur de croissance pour le Made in Italy. Nous sommes présents dans une vingtaine de pays, nous exportons et investissons à l’étranger. Ainsi, nous créons également de la valeur pour notre pays”, dit-il.
Automobile : “L’Algérie, une formidable opportunité pour le Made in Italy”
Decisi donne l’exemple de la Fiat Grande Panda qui sera produite par l’usine de la marque italienne de Stellantis à Oran.
“En Algérie, Stellantis produira des véhicules utilitaires pour le marché nord-africain, ainsi que la Grande Panda, qui porte bien son nom. Elle est destinée aux familles nombreuses, qui ne sont pas si nombreuses ici. Nous n’enlevons rien. Au contraire, nous créons quelque chose.
Pour l’entrepreneur, l’ouverture d’un nouveau marché lui permet d’ “aborder la crise du marché européen avec plus de sérénité”, de préserver les emplois et même embaucher, soulignant que l’usine algérienne fournira des composants à FIAT, mais aussi à la future usine Hyundai qui ouvrira en Algérie.
Tout le monde en Algérie est heureux et satisfait, assure-t-il. L’intérêt, selon lui, va au-delà de l’automobile, expliquant que le plan Mattei désigne l’Afrique comme “une destination d’investissement”, car elle dispose de l’énergie et des matières premières essentielles.
“Si vous pensez qu’il s’agit de délocalisation, vous vous trompez lourdement. C’est une excellente initiative”, insiste-t-il, en présentant l’Algérie comme “une formidable opportunité pour le Made in Italy, et pas seulement pour l’industrie automobile”.
Pour rappel, l’appel lancé par Stellantis à ses fournisseurs pour venir s’installer en Algérie a suscité une levée de boucliers en Italie, où plusieurs parlementaires et des syndicats ont crié à la “délocalisation”.