
Il ne passe aucun mois de ramadan en Algérie sans que les programmes TV ne suscitent la polémique. Cette fois, c’est une scène qui se déroule dans un hôpital public qui a suscité la colère et l’indignation du syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP).
Dénonçant « un comportement inacceptable d’un médecin qui harcèle une patiente », le syndicat a officiellement saisi l’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’appelant à intervenir pour recadrer la chaîne TV qui diffuse ce programme.
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Le mois sacré de ramadan est devenu depuis plusieurs années la saison des productions TV. Les chaînes privées et publiques algériennes proposent de riches grilles de programmes conçus sur mesure pour divertir les familles lors des soirées ramadanesques.
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La série El Mouhajir d’El Hayat TV suscite la colère du SNPSP
Mais comme chaque année, des scènes, voire des productions toutes entières, suscitent la controverse auprès des téléspectateurs algériens. Cette année, c’est le secteur de la santé publique qui se sent offensé par une scène du feuilleton El Mouhajir, diffusé par la chaine El Hayat TV.
Dans une lettre adressée au président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel, ayant pour objet « plainte et demande d’intervention », le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a dénoncé des images « portant atteinte à la pudeur et à la réputation du corps médical ».
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« J’ai l’honneur de m’adresser à vous (…) pour porter une plainte accompagnée d’une demande d’intervention de votre part concernant la diffusion d’une émission télévisée sur la chaine El Hayat TV pendant le mois de ramadan 2026 », peut-on lire dans le document signé par le président du SNPSP, adressé au président du gendarme algérien de l’audiovisuel
L’objet de la plainte concerne un épisode de la série El Mouhajir, dont l’action se déroule à l’hôpital de Kouba, à Alger, précise la même source, soulignant que « la séquence montre le comportement professionnel inacceptable d’un médecin qui harcèle une patiente sur son lieu de travail et lors de l’exercice de ses fonctions ».
« Une scène contraire aux principes éthiques de la profession médicale »
Le syndicat estime que la scène incriminée est « contraire aux principes éthiques de la profession médicale et donne au téléspectateur une image négative et défavorable du corps médical et de l’hôpital concerné ».
Ces « séquences indécentes » qui sont diffusées en prime time (juste après l’heure de l’iftar) sont largement relayées sur les réseaux sociaux, ce qui est encore plus problématique du point de vue du syndicat des praticiens de la santé publique.
Le SNPSP affirme qu’il ne nie pas l’existence de tels comportements « aberrants et inacceptables » dans le secteur de la santé et dans d’autres secteurs, mais il refuse catégoriquement « de promouvoir la dépravation pendant le mois sacré du ramadan ».
Surtout que ce programme TV a utilisé « l’image du secteur médical pour porter clairement atteinte à sa noblesse et à sa valeur sociale et éthique, fondée sur la relation de confiance et de respect qui le lie au patient et aux usagers des établissements de santé », dénonce encore la représentation syndicale.