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Guerre contre l’Iran : retour de flamme pour les Emirats arabes unis

La guerre contre l’Iran a transformé subitement Dubaï en ville dangereuse. Les Emirats paient le prix de leur aventurisme politique.

Guerre contre l’Iran : retour de flamme pour les Emirats arabes unis
Guerre contre l’Iran : les Emirats arabes unis pris au piège de ses alliances. / DR
Riyad Hamadi
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Retour de flamme, au propre et au figuré, pour les Émirats arabes unis. Allié d’Israël et des États-Unis, impliqué dans de nombreux conflits dans le monde arabe et en Afrique, le pays du Golfe fait face à une situation totalement imprévue. 

Depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, samedi 28 février, les villes émiraties vivent des moments jusque-là impensables. Et ce n’est peut-être que le début.

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L’Iran riposte en attaquant les bases militaires américaines dans la région, faisant vivre un cauchemar aux habitants et aux touristes des principales villes du Golfe, considérées avant la guerre comme des havres de paix.

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Les Emirats arabes unis sont particulièrement touchés. Les fortes explosions dans le ciel et les incendies font partie depuis trois jours partie du quotidien de Dubaï, d’Abu Dhabi et autres villes de ce pays composé de sept émirats.

Des images impressionnantes sont partagées sur les réseaux sociaux ou diffusées par les médias, montrant les effets des missiles et drones iraniens. 

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Comme dans les autres pays du Golfe, les dégâts sont occasionnés par la chute de débris de missiles abattus par la défense anti-aérienne locale.

Comment Dubaï s’est transformée en piège pour les touristes

Les bases américaines sont peu touchées, mais la réputation des Emirats, présentés comme une destination sûre pour les fortunés du monde entier, a volé en éclats.

Les touristes étrangers sont pris au piège et tentent de quitter le pays par tous les moyens. Même le ministre de la Défense italien a dû faire le voyage à Dubaï en pleine guerre, non pas pour tenter une médiation mais pour récupérer sa famille qui se trouvait en vacances sur place.  

Les conséquences économiques risquent d’être très lourdes avec la perturbation également des livraisons de pétrole. L’Iran a annoncé la fermeture du Détroit d’Ormuz et menacé de couler tout navire qui tenterait de le traverser. Le quart des livraisons mondiales de pétrole passe par ce passage et les Emirats sont un grand exportateur d’or noir. 

En réaction aux attaques iraniennes contre les bases américaines se trouvant sur son territoire, Abou Dhabi a annoncé lundi la fermeture de son ambassade à Téhéran. 

Comme les autres pays concernés par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis sont très prudents et redoutent une situation encore plus compliquée.

Les Emirats et l’illusion de la protection israélienne

Ce qui se passe en ce moment n’est que le premier impact. La situation risque de dégénérer en une confrontation directe entre l’Iran et les pays du Golfe. Le pays le plus exposé c’est les Emirats, situés à quelques dizaines de kilomètres de la côte iranienne sur le Golfe arabique. 

Avant cette épreuve du feu, Abou Dhabi avait subi celle de la mise au pilori diplomatique pour son rôle néfaste dans la déstabilisation de la région. 

“Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan”, a dénoncé le président de la République Abdelmadjid Tebboune en mars 2024.

Des ingérences partout 

En plus de leurs tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie, les Emirats sont en effet impliqués dans les conflits libyen, soudanais, malien et yéménite.

En janvier dernier, ils ont soutenu la démarche de leur allié israélien qui a reconnu la région séparatiste du Somaliland, malgré la condamnation du reste du monde arabe et musulman.

Au Yémen, le pays de Mohamed Ben Zayed (MBZ) a franchi les lignes rouges en apportant son soutien à une faction séparatiste, déclenchant l’ire de l’Arabie Saoudite.

En décembre dernier, Ryad a accusé publiquement Abou Dhabi d’agir “dangereusement” au Yémen. Dans la foulée, l’armée saoudienne a bombardé des cargaisons d’armes acheminées à partir des Emirats et destinées aux séparatistes du sud du Yémen. 

Avec les implications de cette guerre contre l’Iran, les Emirats se rendent brusquement à l’évidence que la protection escomptée de sa compromission avec Israël est une illusion.  

Avec même une posture qui frise l’ironie : en espérant être protégé par Israël et les États Unis contre la menace de Téhéran, le pays de MBZ se retrouve contraint de protéger lui-même les troupes américaines de la même menace iranienne, en mettant en péril sa population et sa réputation de destination sûre. 

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