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Assurances en Algérie : « Entre 90 et 130 milliards DA d’impayés »

Hassen Khelifati alerte sur l’impact de la sous-tarification dans le domaine des assurances et plaide pour une révision à la hausse des primes. Il explique les raisons

Assurances en Algérie : « Entre 90 et 130 milliards DA d’impayés »
Hassen Khelifati juge urgent de revoir à la hausse la tarification dans le domaine des assurances en Algérie | ID 122234801 © Pattanaphong Khuankaew | Dreamstime.com
Ali Idir
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Hassen Khelifati appelle à sortir de la sous-tarification des primes d’assurance en Algérie. Pour le patron d’Alliance assurances, cela « constitue une dérive dangereuse ».

« Si elle peut apparaître comme un levier de concurrence à court terme, elle fragilise en réalité la solidité financière des compagnies et menace l’équilibre du marché. Pour préserver l’avenir du secteur assurantiel en Algérie, une réforme structurelle s’impose », soutient le fondateur de l’unique assureur algérien côté à la Bourse d’Alger dans une contribution publiée sur sa page Facebook.

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Pour appuyer sa proposition, Hassen Khelifati met en avance le montant colossal des impayés des compagnies d’assurance algériennes qui est évalué, selon les sources, entre 90 et 130 milliards de dinars (un milliard de dollars), soit un peu moins que le chiffre d’affaires annuel de tout le secteur. C’est ce que les compagnies d’assurance doivent aux assurés algériens.

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Hassen Khelifati estime que la sous-tarification des risques représente un « frein » au développement du marché algérien de l’assurance qui dispose, pourtant « d’un potentiel de croissance considérable ».

La sous-tarification plombe le secteur algérien des assurances

Il explique que cette pratique consiste à proposer des « primes largement inférieures au niveau requis pour couvrir les engagements futurs liés aux sinistres ».

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« Présentée comme une stratégie commerciale visant à conquérir des parts de marché, elle s’apparente en réalité à une fuite en avant qui fragilise les équilibres techniques du secteur », critique-t-il, en rappelant un principal fondamental de l’assurance : « l’équilibre entre les primes collectées et les sinistres à indemniser ».

« Lorsque cet équilibre est rompu, ce sont non seulement les compagnies qui se fragilisent, mais également la confiance des assurés dans tout le système », enchaîne-t-il.

Hassen Khelifati insiste sur l’impact de cette pratique qui affaiblit financièrement les assureurs et compromet « leur capacité à faire face à des sinistres majeurs ou à des séries d’indemnisations imprévues ».

« Mais le phénomène le plus préoccupant réside dans la dérive concurrentielle qu’elle entraîne. À force de tirer les prix vers le bas, certaines pratiques créent une véritable guerre tarifaire qui dévalorise l’assurance et décourage l’innovation, la qualité de service et la diversification des produits », pointe-t-il, tout en jugeant « urgent de réintroduire une discipline technique et financière plus rigoureuse ».

Hassen Khelifati propose trois mesures pour sortir du piège de la sous-tarification

Hassen Khelifati propose trois mesures pour sortir de ce qu’il qualifie de piège. La première est d’ « instaurer des tarifs planchers techniques obligatoires, définis sur la base d’études actuarielles approfondies par branche d’activité ».

« Ces seuils minimums, encadrés par le régulateur et élaborés en concertation avec les acteurs du marché, permettraient de garantir un niveau de prime compatible avec la réalité des risques et de mettre fin à certaines dérives tarifaires », développe-t-il.

Deuxième mesure : « application stricte du principe universel « no pay, no cover » : aucune couverture d’assurance ne doit être accordée en l’absence de paiement effectif de la prime ».

Enfin, il suggère le « renforcement du contrôle des assurances obligatoires, notamment celles liées aux risques professionnels des entreprises ».

« À cet égard, les commissaires aux comptes pourraient être appelés à jouer un rôle plus actif en vérifiant l’existence et l’adéquation des couvertures d’assurance des entreprises qu’ils auditent. Une telle mesure contribuerait non seulement à renforcer la protection des entreprises et de leurs parties prenantes, mais également à élargir la base assurantielle et à améliorer la gestion des risques dans l’économie », détaille le patron d’Alliance assurance.

Hassen Khelifati estime que « sortir du piège de la sous-tarification n’est pas seulement une nécessité pour les assureurs », mais une « condition essentielle pour bâtir un marché assurantiel plus solide, plus crédible et capable d’accompagner durablement le développement économique de l’Algérie ».

Pour résumer, les assureurs proposent des tarifs bas pour attirer les clients, mais quand il s’agit de les indemniser en cas de sinistre, ils rechignent à le faire, faute de moyens.

Lien permanent : https://tsadz.co/v91p5

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