
La « Déclaration de Nice », signée vendredi par 61 villes d’Europe et de la Méditerranée dont Alger pour répondre aux défis de la menace terroriste, débouchera dès 2017 sur une rallonge de l’Union européenne au fonds pour la sécurité intérieure, a annoncé le commissaire européen chargé de la Sécurité, Julian King.
« L’Union européenne renforcera le fonds pour la sécurité intérieure en lui allouant 100 millions d’euros pour cette année 2017, dont au moins 10 millions pour des projets sur la sécurisation des espaces publics », a déclaré le commissaire européen. Une consultation publique des autorités locales et régionales sera également lancée pour rassembler les idées innovantes.
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Présent à Nice, le maire d’Alger-Centre Abdelhakim Bettache a expliqué comment les imams sont mis à contribution dans la lutte contre le terrorisme en Algérie. « Un imam de mosquée est proche de la société. On les implique dans presque toutes les réunions, ce qui nous permet d’avoir des informations et d’agir au moment opportun », a-t-il dit à RFI.
Mercredi, devant le Conseil de la nation, le premier ministre Ahmed Ouyahia a vanté l’expérience algérienne dans la lutte contre le terrorisme. « En 2017, l’Assemblée générale des Nations Unies rend hommage à l’expérience algérienne dans la lutte contre le terrorisme et notamment à la réconciliation nationale aujourd’hui prise comme modèle », a-t-il rappelé.
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Si l’Algérie veut exporter son « savoir-faire » dans la lutte contre le terrorisme, l’Europe, qui a été touché ces derniers mois par de nombreux attentats terroristes, cherche plutôt à se barricader.
Mercredi, notamment à la demande la France, la Commission européenne a proposé la possibilité de rétablir jusqu’à trois ans les contrôles aux frontières nationales dans l’espace de libre-circulation de Schengen, que les Etats pourront justifier pour des raisons migratoires ou de sécurité.
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Le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, a précisé que si cette proposition allait au bout, la France s’en saisirait « pour des questions de sécurité » afin de prolonger la fermeture des frontières en vigueur depuis novembre 2015 et les attentats de Paris et Saint-Denis (130 morts).
« L’Union européenne ne peut pas se contenter d’être un espace de laisser-faire et de laisser-passer », a soutenu le maire de Nice, Christian Estrosi, président du réseau des villes Euromed, qui a pris l’initiative de la rencontre après l’attentat de Barcelone cet été : « Nous ne pouvons pas rester passifs, attendre et prier, courber le dos (…). Nous sommes en guerre, une guerre que nous n’avons pas voulue ».
Des centaines d’autres villes ont donné leur accord de principe pour signer la « Déclaration de Nice », a-t-il dit. Le texte engage notamment à « poursuivre la mobilisation contre la radicalisation », « échanger les informations indispensables dans cette lutte contre le terrorisme » et à réfléchir sur « les statuts et les prérogatives des polices locales ».
M. Estrosi a souligné le lourd préjudice économique subi par les villes touristiques après ces attentats, comme à Nice (86 morts le 14 juillet 2016) mais aussi en Egypte ou en Tunisie. Il a plaidé pour « un nouveau fonds (européen) de soutien à l’équipement urbain contre le terrorisme ».