
Le cabinet international PwC a présenté ce mardi 28 avril à Alger la deuxième “Édition Algérie” de son indice CEO Global Survey.
Des chiffres clés sur l’économie algérienne ont été dévoilés à l’occasion, concernant le climat des investissements, les secteurs des hydrocarbures, des mines et de l’agriculture, le système bancaire, la numérisation, la santé…
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S’agissant du secteur névralgique des hydrocarbures, le cabinet note que l’Algérie dispose de trois gazoducs qui la relient à l’Europe, dont deux directement, et figure dans le top 10 des exportateurs mondiaux de gaz naturel.
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Mines : un énorme potentiel en fer, phosphate et zinc
Dans les réserves minières, l’Algérie est dans le top 3 en Afrique. Bien que le pays ait investi 28 milliards de dollars dans les projets miniers, 60 % de son territoire minier est encore sous-exploré, note PwC.
La production annuelle projetée du gisement de fer de Gara Djebilet est de 50 millions de tonnes. Le gisement dispose de réserves de 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer, ce qui le place dans le top 10 mondial par sa taille et son potentiel stratégique.
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L’Algérie a mobilisé 15 milliards de dollars d’investissements pour ce gisement. L’étude estime en outre la consommation annuelle à court et moyen terme de minerai de fer par les usines sidérurgiques algériennes (Tosyali, El Solb et AQS) à 40 millions de tonnes.
Le phosphate est une autre ressource minière importante de l’Algérie. Les réserves exploitables sont estimées à 840 millions de tonnes et le potentiel géologique à 3,5 milliards de tonnes, pour une capacité d’extraction de 10 millions de tonnes par an.
L’Algérie dispose de 4 unités de traitement de phosphate, avec 4.100 tonnes de phosphate traité par jour. Les projets en cours permettront la transformation de 6 millions de tonnes de phosphate marchand. Trois milliards de dollars sont mobilisés dans le projet de transformation de phosphate de Tébessa, avec 100 % de capitaux nationaux.
PwC évoque aussi le zinc, avec 170.000 tonnes de capacité de production pour le projet de Oued Amizour (Béjaïa), ainsi que le manganèse (2 millions de tonnes de réserves exploitables au projet de manganèse de Béchar).
Médicament : une usine africaine sur trois se trouve en Algérie
Au chapitre de la souveraineté numérique, le réseau de télécommunications en Algérie s’élève à 200.000 km, en plus de 9,8 Tb/s de bande passante internationale.
La population algérienne est connectée à Internet à environ 80 %, tandis que cinq data centers sont opérationnels et deux projets Tier III+ sont en cours de réalisation.
Dans la santé, les chiffres sont aussi éloquents. L’Algérie est le premier producteur de médicaments en Afrique et abrite un tiers des installations pharmaceutiques du continent. Grâce à 233 unités de production pharmaceutique, 83 % des besoins nationaux en médicaments sont couverts par la production locale.
L’Algérie a produit pour 4 milliards de dollars de médicaments en 2024 et en a importé pour 1,4 milliard en 2025.
Décortiquant le climat des investissements, l’étude souligne que l’Algérie dispose de plus de 20 établissements bancaires et financiers et de 6.093 agences, dont 1.735 agences bancaires.
En 2025, un total de 22 millions de cartes de paiement étaient actives, dont 17,7 millions de cartes Edahabia d’Algérie Poste et 4,24 millions de cartes CIB. Le nombre de cartes a progressé de 9 % par rapport à 2024.
En outre, 33,5 millions de comptes postaux et bancaires étaient actifs en 2025. Le montant du paiement digital s’est élevé à 939 milliards de dinars.
Les grandes ambitions de l’agriculture algérienne
L’investissement en Algérie est en forte progression. Au total, 12.843 projets d’investissement, dont 193 étrangers, ont été enregistrés dans la période 2022–2025, avec un montant global de 5.776 milliards de dinars.
L’étude de PwC précise que 81 % des projets ont été lancés dans les secteurs stratégiques comme l’industrie, les transports, le BTP et l’agriculture. L’impact sur l’emploi est de 316.000 nouveaux postes créés.
Dans l’agriculture, l’Algérie envisage d’irriguer 1 million d’hectares supplémentaires d’ici à 2030. En 2024, la production agricole du pays s’est élevée en valeur à 37 milliards de dollars. En 2025, la filière céréalière a produit 4,2 millions de tonnes, beaucoup moins que les quantités importées (9 millions de tonnes de blé).
S’agissant des objectifs, l’Algérie aspire à atteindre 6,2 millions de tonnes de céréales et à concrétiser des projets agro-industriels sur 1 million d’hectares au sud d’ici 2028, 10 centres de stockage de lait en poudre, 350 centres de stockage…
Enfin, l’étude souligne le dynamisme de la filière agro-alimentaire, avec 47 200 entreprises actives dans le secteur.