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France – Algérie : Ségolène Royal règle ses comptes avec Macron

Ségolène Royal, présidente de l’association France – Algérie, rappelle la responsabilité du président Emmanuel Macron dans la dégradation des relations entre les deux pays.

France – Algérie : Ségolène Royal règle ses comptes avec Macron
Ségolène Royal, présidente de l’association France – Algérie/Facebook Ségolène Royal
Riyad Hamadi
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Alors que la crise avec l’Algérie s’approche inexorablement de sa fin, l’heure des comptes a sonné en France. La reprise du dialogue suscite des réactions, notamment de nombreuses critiques du courant anti-algérien, mais pas uniquement.

Ceux qui ont plaidé et œuvré pour la fin de la crise reprochent également au président français Emmanuel Macron et à son gouvernement d’avoir perdu beaucoup de temps et mis en péril la relation avec un grand pays. Parmi eux figure Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie (AFA), qui évoque un « revirement » après une politique qui a « coûté cher ».

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“Des années d’aveuglement” qui ont “coûté cher”

La finaliste de l’élection présidentielle de 2007 a réagi aux annonces faites après la visite en Algérie du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin. Avec ce déplacement, les deux pays ont franchi une étape supplémentaire vers un retour à la normale.

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« Le gouvernement reconnaît enfin, après des années d’aveuglement qui ont coûté cher à notre coopération sécuritaire ainsi qu’à nos partenariats économiques et énergétiques, que “l’Algérie est un grand pays voisin et qu’il faut coopérer, etc., etc.” », a écrit Ségolène Royal sur X.

L’ancienne ministre socialiste affirme reconnaître, dans la communication officielle actuelle sur l’Algérie, « mot pour mot » ce qu’elle déclarait ces derniers mois « sous le feu de critiques méprisantes ».

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“Des comportements et déclarations vexatoires envers l’Algérie”

Ségolène Royal accuse le pouvoir français d’avoir « tout bloqué par des comportements et déclarations vexatoires envers l’Algérie ».

Il y a quelques mois, en effet, les attaques les plus virulentes contre l’Algérie émanaient du sein même du gouvernement français, lorsque Bruno Retailleau occupait le poste de ministre de l’Intérieur (septembre 2024 – octobre 2025).

Le président Emmanuel Macron avait lui-même ordonné au Premier ministre François Bayrou, en août 2025, d’adopter une posture de fermeté et de durcir le ton avec l’Algérie. Il avait notamment pris des mesures drastiques visant à limiter la délivrance des visas aux ressortissants algériens.

Ségolène Royal figurait, contre l’avis du courant dominant, parmi ceux qui ont œuvré en faveur d’un apaisement. Élue présidente de l’Association France-Algérie en décembre 2025, elle a effectué deux voyages à Alger en trois mois, à la fin janvier puis à la fin avril 2026.

Aujourd’hui, elle revendique sa part du mérite dans le retour annoncé à la normale.

« Je m’honore d’avoir ouvert la voie dès le mois de janvier, à mon arrivée à la présidence de l’Association France-Algérie, en rétablissant le contact avec le président Tebboune », écrit-elle.

La visite du pape a “ouvert les yeux”

Dans son message publié sur X, elle a énuméré une liste non exhaustive de ses actions menées ces derniers mois en faveur de l’apaisement entre Alger et Paris.

Elle rappelle avoir rendu visite au journaliste incarcéré en Algérie, Christophe Gleize, abordé « les sujets tabous » des biens spoliés, des archives à restituer, des extraditions, de l’agent consulaire algérien incarcéré en France ainsi que des OQTF. Elle affirme également avoir posé « les bonnes règles d’un dialogue égalitaire » et témoigné de la réalité industrielle et économique.

La femme politique française attribue aussi une part du mérite à la visite du pape Léon XIV en Algérie, du 13 au 15 avril, qui, selon elle, « a beaucoup ouvert les yeux embués par des postures absurdes ».

De ce qu’il s’est passé avec l’Algérie, Mme Royal tire une autre conclusion : « La dégradation des relations avec de nombreux pays d’Afrique, qui a conduit partout au remplacement de la France, aurait pu être évitée, car elle est le résultat du même type de comportement condescendant. »

« Il faudra reconstruire ces partenariats avec nos voisins avec intelligence et créativité », conclut-elle.

En plus de Ségolène Royal, plusieurs autres voix en France, notamment à droite de l’échiquier politique, comme Bruno Retailleau et le Rassemblement national, reprochent au président Macron de « se coucher » devant l’Algérie et réclament une politique de « fermeté ».

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