
Est-ce la fin de la crise inédite entre l’Algérie et la France ? Après près de deux ans de tensions sans précédent, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, l’a en tout cas presque annoncé ce mardi 19 mai, au lendemain du retour d’Alger de son collègue de la Justice, Gérald Darmanin.
« Les relations sont bonnes, elles sont reparties. Ce sont deux grands pays qui se parlent en matière de sécurité. Les choses se réenclenchent », a dit sur BFMTV le successeur de Bruno Retailleau. C’est la première fois depuis le déclenchement de la crise en juillet 2024 que les relations entre Alger et Paris sont ainsi qualifiées par un responsable de ce rang.
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« On a renoué des relations sécuritaires qui n’existaient plus »
« Beaucoup de choses étaient au point mort. On a renoué avec des relations sécuritaires qui n’existaient plus », a souligné le ministre, qui a fait savoir que l’Algérie a délivré 150 laissez-passer consulaires depuis sa visite à Alger à la mi-février, contre aucun entre le 1er janvier et la date de cette même visite.
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« Bien sûr qu’il faut que ça aille plus vite, bien sûr qu’il faut que ça soit plus fort, mais les choses se réenclenchent. Moi, je m’en satisfais. Je souhaite évidemment qu’on monte en puissance et je n’ai pas de raison de penser que ce ne soit pas le cas », a assuré Laurent Nunez.
Le locataire de la Place Beauvau a réitéré que la coopération avec son homologue algérien porte sur « les enjeux migratoires, notamment sur les reconduites », mais pas seulement. Les deux parties ont aussi des coopérations en matière de renseignement et de lutte antiterroriste, et un échange d’informations se fait « dans les deux sens ».
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Traité d’amitié France-Algérie : « J’y souscris »
À propos de la visite annoncée à Paris du ministre de l’Intérieur algérien, Saïd Sayoud, Nunez a indiqué qu’elle n’aura pas lieu cette semaine à cause d’un calendrier chargé.
« À partir de la semaine prochaine, nous verrons. On est en train de caler ce déplacement », a-t-il dit, précisant qu’il va recevoir le ministre algérien « avec l’ensemble de ses directeurs de sécurité, et l’ensemble des directeurs de sécurité du ministère de l’Intérieur français ».
Interrogé sur le vœu exprimé par Gérald Darmanin de voir les deux pays parvenir à un traité d’amitié, Laurent Nunez a répondu sans détour : « Si Gérald Darmanin l’a dit, moi, j’y souscris. »
« Les relations avec l’Algérie ont toujours été parfois compliquées, mais elles sont indispensables, elles sont essentielles. Nous avons plusieurs millions de personnes qui, de près ou de loin, ont un rapport avec l’Algérie. Il faut que nous ayons de bonnes relations avec l’Algérie », a-t-il plaidé, rappelant que pendant toute sa carrière, il n’a « travaillé qu’à ça ».