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« 3.000 dinars valent mieux que 50 € » : Mounder Bouden crée la polémique

En voulant sensibiliser les jeunes algériens sur le phénomène de l’émigration clandestine, le chef du RND a suscité la polémique en comparant 3.000 dinars à 50 euros.

« 3.000 dinars valent mieux que 50 € » : Mounder Bouden crée la polémique
« 3.000 dinars algériens valent mieux que 50 euros » : le chef du RND suscite la polémique. | Source : Facebook منذر بودن - Monder Bouden
Karim Kebir
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Comme souvent depuis quelques années, les campagnes électorales en Algérie réservent souvent leur lot de surprises, entre petites phrases, attitudes clownesques de certains candidats, comparaisons hasardeuses ou encore de déclarations qui font la part belle aux réseaux sociaux qu’au débat politique.

Et à chaque scrutin ou presque, une formule s’impose dans l’actualité, suscitant les moqueries, les sarcasmes, voire les polémiques ou l’incompréhension, notamment sur la toile. 

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3.000 dinars algériens valent-ils vraiment mieux que 50 euros ? 

 

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Cette fois, c’est le secrétaire général du RND, Mounder Bouden, qui s’est retrouvé au cœur d’une avalanche de commentaires après avoir assuré que « 3 000 dinars algériens valent mieux que 50 euros », dans une tentative de convaincre les jeunes de renoncer à l’émigration clandestine.

« Il (le harrag, ndlr) ne sait pas que 3 000 dinars valent mieux que 50 euros. Il vient évaluer la contre-valeur au marché parallèle, c’est l’équivalent de 12 000, 13 000, 14 000 ou 15 000 dinars… », lance-t-il, feignant d’ignorer le taux de change pratiqué sur le marché parallèle, qu’il évite de dénoncer au demeurant.

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Selon lui, le coût de la vie est de loin meilleur en Algérie qu’en Europe. « Qu’est-ce qu’il va gagner là-bas avec 13.500 dinars ? Un petit pain coûte deux euros, une bouteille de Saïda (Sic !) coûte deux euros. Chez nous, elle coûte 30 dinars, un pain 10 dinars et un café 30 dinars », affirme-t-il avec aplomb, suggérant que le pouvoir d’achat serait finalement plus avantageux en Algérie.

Dans cet exercice visant à dissuader les potentiels candidats à l’émigration clandestine, le chef du RND tente de mettre en avant les difficultés auxquelles ils seraient confrontés une fois arrivés en Europe.

« Quand tu investis dans ton pays, c’est ton pays. Quand tu pars harrag, ils vont t’exploiter et te presser comme un citron. Peut-être que tu pourras ramasser un peu d’argent, mais après une vie que ni tes parents ni tes amis n’apprécieront (…) », a-t-il argué.

Une comparaison tournée en dérision

Loin de convaincre, ces propos ont provoqué une véritable levée de boucliers sur les réseaux sociaux et suscité une avalanche de critiques, même si le patron du RND a réussi à susciter un débat sur le grave phénomène que représente l’émigration clandestine.

Nombre d’internautes lui reprochent de comparer uniquement les prix de certains produits de consommation, sans tenir compte des revenus.

Beaucoup rappellent que 50 euros représentent une part infime d’un salaire moyen en Europe, alors que 3 000 dinars constituent une somme bien plus importante rapportée au salaire moyen d’un travailleur algérien.

D’autres dénoncent une comparaison jugée trompeuse entre deux économies aux niveaux de revenus, de productivité et de pouvoir d’achat très différents.

En tout cas, la séquence est devenue rapidement virale, d’autant qu’elle a été fortement critiquée par un influenceur très connu, Anes Tina, pour qui les propos du responsable du RND relèvent du « mensonge ».

« Il fait comme s’il n’était pas au courant du cours de change des devises au « Square Garden » made in Algeria… », ironise un internaute, en référence au Square Port-Saïd d’Alger, haut lieu du marché parallèle des devises. Un autre s’interroge : « Je me demande si ces gens-là vivent parmi nous… Ou bien c’est nous qui sommes d’ailleurs… ». 

Plus incisif encore, un troisième estime que la comparaison est biaisée dès le départ : « Quelle comparaison ? Il faut plutôt comparer ce qu’un député, avec ses 40 millions de centimes, peut acheter et ce qu’un ouvrier payé 2 millions peut acheter. Ils sont les premiers gros clients du Square Port Saïd et il fait semblant d’ignorer le taux de change parallèle».

Enfin, un autre observe: « Il ne connaît même pas le prix d’une baguette ». Il faut dire que cette « saillie » du responsable du RND n’est pas la première du genre. Avant lui, le président du parti El Bina, Abdelkader Bengrina, avait affirmé que « celui qui touche trois ou quatre millions en Algérie est mieux que celui qui touche 5.000 francs suisses ». 

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