
Les grandes puissances économiques scrutent de près le potentiel et les évolutions de l’économie algérienne. À partir d’Allemagne, où le président de la République est attendu le 16 juillet pour une visite de travail, l’un des plus gros exportateurs au monde, c’est un regard positif qui est posé sur le marché algérien et les opportunités d’investissement dans le pays.
L’Allemagne est le sixième fournisseur de l’Algérie. Pour le moment, elle est largement distancée par des pays comme la Chine, la France et l’Italie.
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L’Algérie constitue « un marché intéressant pour les fabricants allemands de machines et d’équipements » et un fournisseur clé d’énergie pour l’Union européenne, avec des opportunités d’investissement intéressantes dans les secteurs de l’énergie, des mines, de l’agroalimentaire, de la pharmacie, de l’automobile et des infrastructures, note l’agence gouvernementale allemande de promotion économique internationale, Germany Trade & Invest (GTAI), dans un rapport sur les perspectives de l’économie algérienne, repris par la chambre de commerce algéro-allemande AHK.
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Ce que dit un rapport allemand sur l’économie algérienne
Le rapport prévoit que l’économie algérienne devrait maintenir une croissance solide en 2026, soutenue par les revenus des hydrocarbures, la consommation intérieure et les investissements publics.
Concernant le taux de croissance, les estimations de différentes sources vont de 3,7 % à 4,5 % en 2026. L’agence GTAI met particulièrement l’accent sur le secteur énergétique, soulignant que 60 milliards de dollars d’investissements sont prévus dans le secteur d’ici 2030, et que le pays a tracé l’objectif d’atteindre 15 GW de capacité installée d’énergies renouvelables à l’horizon 2035.
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L’Algérie est un partenaire important pour l’Union européenne dans le cadre de la diversification de son approvisionnement en gaz naturel. Elle était en 2025 le deuxième fournisseur de gaz par gazoduc de l’UE. Aussi, les entreprises européennes continuent de renforcer leur présence dans le secteur énergétique algérien, comme l’italien ENI qui a annoncé en 2025 des investissements de 8 milliards d’euros, rappelle le rapport allemand.
La forte dépendance vis-à-vis des exportations de pétrole et de gaz, et par conséquent la volatilité des prix de l’énergie, constituent l’un des principaux risques pour l’économie algérienne.
Néanmoins, les initiatives de diversification montrent « les premiers signes de progrès ». L’agence allemande souligne que les recettes issues des activités pétrolières et gazières permettent d’investir dans d’autres secteurs, tels que l’exploitation minière, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et l’industrie automobile.
De même que, grâce à des recettes énergétiques élevées, les projets d’extension des infrastructures progressent plus rapidement.
S’agissant des investissements étrangers, GTAI note que la Chine « gagne en importance dans tous les secteurs » et des projets d’envergure impliquant une participation chinoise sont prévus dans l’agriculture, l’automobile et le ferroviaire.
L’Algérie, un « marché intéressant pour les fabricants allemands »
Concernant le partenariat algéro-allemand, le rapport relève la stabilité des exportations allemandes vers l’Algérie, s’élevant à environ 2,1 milliards d’euros en 2025. Au premier trimestre 2026, elles ont toutefois reculé de 5,6 %.
Les entreprises allemandes, à l’image de Knauf, Siemens, Liebherr et BASF, sont présentes en Algérie depuis des décennies. L’Allemagne vend à l’Algérie notamment des produits chimiques, des machines et des véhicules automobiles. Citant l’Office fédéral allemand de la statistique, les exportations allemandes de véhicules automobiles et de pièces détachées vers l’Algérie ont reculé de 36 % en 2025, à cause du fait que les importations algériennes de véhicules sont fortement réglementées.
Mais l’Algérie reste « un marché intéressant » pour les fabricants allemands de machines et d’équipements, et ce, grâce à « l’activité intense dans le secteur industriel ». Selon les chiffres du même office, les exportations de machines vers l’Algérie ont augmenté de 23 % en 2025, pour atteindre 462 millions d’euros.
S’agissant des ventes de l’Algérie pour l’Allemagne, elles ont augmenté d’environ 11 %, à 1,4 milliard d’euros en 2025. Cette tendance s’est poursuivie au premier trimestre 2026, avec une croissance de 20 %. Les importations allemandes d’Algérie sont essentiellement constituées d’hydrocarbures bruts et de produits pétroliers. Leur évolution est donc fortement tributaire des cours de gaz et de pétrole. À l’avenir, l’Algérie devrait aussi devenir un important fournisseur d’hydrogène pour l’Allemagne. Les deux pays sont sur le projet SoutH2 Corridor, devant acheminer 4 millions de tonnes d’hydrogène vert algérien jusqu’en Allemagne, via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche.