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Racisme contre les Bleus au Mondial 2026 : l’extrême-droite française avait ouvert la voie

Les attaques racistes choquantes contre l’équipe de France pendant la Coupe du monde 2026 rappellent que c’est l’extrême droite française qui a ouvert la voie bien avant.

Racisme contre les Bleus au Mondial 2026 : l’extrême-droite française avait ouvert la voie
Racisme contre l’équipe de France au Mondial 2026 : l’extrême droite française avait ouvert la voie. | Source : Facebook Équipe de France
Rafik Tadjer
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L’opinion publique, les politiques et les médias français sont indignés par les attaques racistes qui ciblent depuis l’étranger les joueurs de l’équipe de France engagée en Coupe du monde 2026.

Ces attaques ne sont toutefois pas nouvelles. Elles ont commencé il y a plusieurs décennies et en France précisément. C’est bien l’extrême-droite française, par ses dérapages répétés et banalisés sur la composante ethnique des Bleus, qui a ouvert la voie aux attaques ahurissantes auxquelles on assiste ces dernières semaines. 

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Coupe du monde 2026 : l’équipe de France victime d’attaques racistes

 

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Les propos de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla sur Kylian Mbappé sont tout simplement abjects. N’ayant pas apprécié la défaite de la sélection de son pays face à la France en huitièmes de finale (1-0) de la Coupe du monde 2026, la parlementaire a gravement dérapé sur l’un des meilleurs joueurs du tournoi.

 « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés », a-t-elle dit publiquement à propos du joueur né en France d’un père camerounais et d’une mère algérienne, Fayza Lamari. Ces propos ont choqué en France et au-delà. 

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Quelques jours après, un autre dérapage est venu d’Espagne, adversaire des Bleus en demi-finale, mardi 14 juillet. Et c’est encore un politique qui a pointé la composante ethnique de l’équipe de France. Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol pendant sept ans, de 2011 à 2018, a reconnu dans un éditorial dans un journal local que l’équipe de France dispose d’un effectif “de très haut niveau” mais a fait  remarquer qu’elle “ne compte aucun joueur français dans ses rangs.”

L’effectif des Bleus est composé majoritairement de joueurs ayant des origines immigrées, notamment africaines, mais ils sont des citoyens Français.

Soutenir le contraire peut légitimement être perçu comme une attaque inacceptable. Par le passé, beaucoup des plus grands noms du football français avaient des origines étrangères, comme Raymond Kopa, Michel Platini et évidemment Zinedine Zidane, pour ne citer que les plus connus. L’indignation et la levée de boucliers suscitées par les sorties de la sénatrice paraguayenne et l’ancien Premier ministre espagnol sont compréhensibles et légitimes. 

 

Racisme contre l’équipe de France : Le Pen a ouvert la voie, Zemmour et les autres ont fait le reste 

 

Mais ceux qui s’offusquent aujourd’hui n’ont pas toujours réagi avec la même fermeté à chaque fois que l’extrême-droite française xénophobe tenait des propos racistes similaires sur les joueurs de couleur de l’équipe de France.

Sans rappeler tous les dérapages du genre, on peut citer le tout premier et le dernier en date. Le premier à estimer publiquement et sans complexe que les joueurs de l’équipe de France ne sont pas Français, c’est Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, devenu l’actuel Rassemblement national (RN), et père de Marine Le Pen, candidate déclarée à la présidentielle de 2027. 

Le Pen trouvait en 1996 déjà qu’il était « artificiel de faire venir des joueurs de l’étranger et de les baptiser équipe de France ». L’homme politique extrémiste parlait ainsi d’un groupe de joueurs qui, deux ans plus tard, allait donner à la France sa première coupe du monde. A leur tête il y avait un certain Zinedine Zidane, d’origine algérienne. 

Il est vrai que ce premier dérapage avait été suivi de nombreuses réactions de la classe politique française. Mais les nombreux qui vont suivre seront presque passés sous silence. Hélas, la chose s’est banalisée. Tout juste avant la coupe du monde en cours, début juin dernier, Éric Zemmour fustigeait “la jeunesse arabo-musulmane” qui, selon lui, “chasse les petits Blancs » de l’équipe de France.

Sur Sud Radio, il a estimé que l’équipe de France actuelle ne représente plus vraiment « toute la société française », mais surtout la banlieue et l’immigration, et  que le football est nouvellement gangrené par une société « arabo-musulmane ». Et avant le début de la Coupe du monde 2026, l’extrême droite et ses relais médiatiques se sont acharnés sur Kylian Mbappé, allant jusqu’à lui suggérer de quitter les Bleus, parce qu’il a exprimé un avis politique contre leur courant.

Pas étonnant après ça que des propos racistes fusent de l’étranger. C’est l’extrême-droite française qui a ouvert la voie à la banalisation du racisme contre les footballeurs français. 

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