
Et si une grande partie du problème entre l’Algérie et la France était là, dans la désinformation que mène la “minorité agissante” qu’est le courant anti-algérien ?
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tenu en tout cas à le signifier clairement, recadrant définitivement le débat. L’Algérie n’a pas de problème avec la France ni avec le peuple français.
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Tebboune aux Français : « On sait faire la différence »
“On sait faire la différence”, a dit le président lors de sa rencontre périodique avec des représentants de médias nationaux, diffusée lundi soir par la télévision algérienne.
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Abdelmadjid Tebboune réagissait à la polémique qui a suivi les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie sur les visas.
Stéphane Romatet a évoqué dans un entretien avec TSA la possibilité d’un retour au niveau de délivrance d’avant la crise et le courant extrémiste a vite accusé le gouvernement français de “capitulation”.
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Dans son instrumentalisation de la relation à des fins électorales, ce même courant entretient un schéma aux antipodes de la réalité : d’un côté, l’Algérie qui réclame des choses sur la mobilité et la mémoire, de l’autre un gouvernement français qui cède.
“C’est vraiment le comportement d’une minorité agissante, vraiment une minorité bruyante et agissante puisque maintenant ça se répercute sur leurs dirigeants”, a dénoncé Abdelmadjid Tebboune, qui a tenu à réaffirmer trois choses “pour les Algériens, avant nos amis français”.
Tebboune : l’Algérie « n’a pas demandé des visas ni des excuses »
“Le président algérien n’a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas”, a-t-il asséné. C’est une question de souveraineté des États, mais entre l’Algérie et la France, les problèmes “sont enchevêtrés”.
“Ce n’est pas un problème de ‘je veux’, ce n’est pas uniquement le problème des accords de 1968. Qu’est-ce qui a amené l’accord de 1968, qu’est-ce qui a amené les accords d’Évian, qu’est-ce qui a amené la guerre de libération ? Tout ça, on en fait table rase ? Une anesthésie collective de la conscience ? Non !”.
Défiant quiconque de prouver le contraire, le président Tebboune a réitéré que “l’Algérie ne quémande pas” et n’a pas demandé un quota de visas parce que “les Algériens qui émigrent actuellement, c’est des intellectuels, des médecins, des ingénieurs, il n’y a plus d’ouvriers qui vont là-bas.”
Pour le chef de l’État, l’ambassadeur de la République française en Algérie a cru devoir parler du sujet des visas “comme étant un geste, mais l’Algérie n’a jamais demandé ce geste-là (…) il a cru bien faire à son niveau, mais la désinformation, c’est la culture des mauvais, parce qu’ils n’affrontent pas la réalité.”
La “désinformation” touche aussi aux positions de l’Algérie sur la question de la mémoire, lui prêtant des revendications qu’elle n’a jamais exprimées.
“Je n’ai jamais demandé d’excuses. La même minorité agissante dit ‘le gouvernement, à chaque fois, il s’excuse’. Il ne s’est jamais excusé, je n’ai jamais demandé d’excuses et l’Algérie ne demandera pas d’excuses. On n’est pas fous pour demander des excuses à une génération qui n’a rien à voir avec ce qui s’est passé il y a des siècles”, a-t-il clarifié.
“Ce n’est pas la France, on sait faire la différence”
“On ne l’a pas fait et on ne le fera pas. Je n’ai jamais demandé d’indemnisation, l’Algérie ne fera jamais la manche, l’Algérie ne demandera jamais de l’argent à quelqu’un, c’est un problème de dignité nationale”, a-t-il insisté, indiquant qu’il a tout juste réclamé des réparations en ce qui concerne les essais nucléaires, “parce qu’il y a des dégâts collatéraux jusqu’à présent, pour une prise en charge des malades, c’est tout”.
Pour le président de la République, toute cette agitation procède d’un héritage, “un héritage de l’OAS et d’avant l’OAS…” Néanmoins, a-t-il tenu à souligner, ces gens ne représentent pas la France.
“Ce n’est pas la France, on sait faire la différence. Nous avons suffisamment côtoyé assez d’intellectuels français, assez de Français honnêtes pour ne pas leur coller cette tare, parce que c’est une véritable tare”, a-t-il asséné.