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Zinedine Zidane sélectionneur des Bleus : à Aguemoune, le village natal de son père en Algérie

Aguemoune (Bejaia), le village natal du père de Zidane se vide. Entre incendies et nostalgie, les habitants attendent beaucoup du nouveau sélectionneur des Bleus.

Zinedine Zidane sélectionneur des Bleus : à Aguemoune, le village natal de son père en Algérie
En Algérie, à Aguemoune, le village natal du père de Zinedine Zidane, entre fierté et attentes / Facebook - Zinedine zidane Officiel
Karim Kebir
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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Assis sur le parapet d’un dalot, à l’entrée d’une piste menant à sa maison située à quelques dizaines de mètres de là, à Aguemoune, village natal des parents de Zinedine Zidane, Slimane Haddad savoure la légère brise qui remonte de la vallée en cet après-midi de mardi 28 juillet, après plusieurs jours de chaleur accablante.

À 79 ans, cet ancien émigré semble couler une retraite paisible dans son village natal, l’un des derniers habitants d’un hameau que beaucoup ont quitté depuis longtemps.

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Zinedine Zidane, fierté des habitants du village natal de ses parents en Algérie

Perché sur un col dominant une vaste vallée, Aguemoune, petit hameau de la commune de Boukhelifa, sur les hauteurs de Tichy, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Béjaïa, semble suspendu hors du temps.

Au milieu de quelques maisons éparses trône une imposante bâtisse qui domine le paysage. Tout autour, les stigmates des incendies récents sautent aux yeux.

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Les flammes se sont dangereusement rapprochées des habitations, dévorant les champs, les vergers et la forêt. De loin, le spectacle est saisissant : les collines noircies donnent au paysage un air de désolation.

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Même le chant des oiseaux semble avoir disparu. Hormis Slimane Haddad et quelques véhicules empruntant de temps à autre cette route de montagne menant vers d’autres villages, rien ne vient troubler le silence.

« On a souffert durant plusieurs jours », confie-t-il en désignant du doigt les coteaux alentours encore calcinés, tandis que l’odeur du brûlé flotte toujours dans l’air. L’un des rares habitants permanents d’Aguemoune, « Aammi » Slimane est surtout le voisin de la maison du père d’un certain… Zinédine Zidane, intronisé mardi 28 juillet à la tête de l’équipe de France de football en remplacement de Didier Deschamps.

« La majorité a déserté le village. Certains vivent en France, d’autres à Tichy ou à Béjaïa », explique-t-il. C’est avec une certaine fierté qu’il évoque cette famille dont il se dit proche par la mère de « Zizou ».

S’il ne suit pas particulièrement le football, il n’a pourtant pas manqué l’information du jour diffusée en boucle sur les chaînes françaises. Comme pour illustrer cette fierté, il exhibe une photographie montrant l’un de ses petits-fils aux côtés de la légende du football mondial. « C’est une photo prise en France », précise-t-il avec le sourire.

Zidane, une famille qui n’a jamais oublié le village

Mais ce qu’il retient avant tout, ce sont les nombreuses actions menées par Dda Smail, le père de Zinédine, à travers sa fondation. « Il aide les pauvres, les malades et les orphelins, surtout pendant le Ramadan et l’Aïd », énumère Slimane.

À cela s’ajoutent l’entretien du cimetière du village, où repose Farid Zidane, un des frères de « Zizou » depuis 2019, la construction d’une mosquée avec une résidence destinée à l’imam venu de la lointaine Timimoun, ainsi que le don d’une ambulance médicalisée à la commune.

Mais l’âge et la maladie ont fini par éloigner le père de Zidane de son village natal. « Cela fait presque un an qu’il n’est plus venu », affirme Slimane. Un constat confirmé par Rabah, cousin de Zinédine Zidane. C’est lui d’ailleurs qui occupe aujourd’hui, avec sa famille, la grande maison familiale qui domine Aguemoune et offre une vue imprenable sur toute la vallée.

« La dernière fois, c’était au mois d’août 2025. Il était venu se recueillir sur la tombe de son fils et visiter le village. Il y avait énormément de monde à sa rencontre », raconte-t-il. Mi-prudent, mi-réservé, il préfère toutefois ne pas s’étendre sur la famille. « En tout cas, lui est entraîneur de l’équipe de France… nous, on est en Algérie », lâche-t-il simplement.

Entre fierté et attentes

Sa réserve contraste toutefois avec l’enthousiasme qui ne souffre d’aucune ambiguïté chez Hanine, propriétaire d’un café à Taguemount, un village voisin situé à un coup de fusil d’Aguemoune. «Inchallah, il gagnera la Coupe du monde », lance-t-il avec conviction.

Pour lui, Zinédine Zidane n’a jamais oublié sa région d’origine. « Il a aidé énormément de familles dans le besoin et pris en charge les soins de nombreuses personnes grâce à la fondation ». Il évoque également les nombreuses actions menées par la fondation Zidane, aussi bien dans la région qu’ailleurs, notamment à Tizi Ouzou. Un projet de stade avait même été envisagé.

Mais faute d’une assiette foncière suffisante dans cette région montagneuse, escarpée et boisée, il n’a pas encore vu le jour. Tandis que Hanine égrenait les réalisations de la fondation Zidane, quatre jeunes qui disputaient une partie de dominos devant son café, attirés par notre conversation, se joignent à l’échange.

Tous saluent le parcours exceptionnel de Zinédine Zidane et reconnaissent les nombreuses actions menées au profit de la région. Mais tous estiment aussi qu’il pourrait encore faire davantage pour ces villages de montagne qui continuent de se vider de leurs jeunes et où les incendies des derniers jours ont laissé un paysage meurtri.

«S’il avait su pour ces incendies, je pense qu’il aurait fait un geste», lance l’un d’eux. «Mais personne ne lui transmet le message », renchérit-il. «Moi, j’aurais aimé qu’il aide davantage les hôpitaux de la région », avance un autre, aussitôt interrompu par ses camarades. «Mais, il l’a déjà fait pour l’hôpital de Béjaïa ! ».

Une troisième tente alors de résumer le sentiment général. «Tout le monde ici est fier de sa réussite. Mais il nous semble que certaines doléances des habitants ne lui parviennent pas».

Joint par téléphone, Nabil, responsable de la fondation Zidane et cousin de la famille, n’a pas souhaité s’exprimer. À Aguemoune, il règne ainsi un sentiment mêlé, difficile à définir : la fierté de voir l’un des leurs accéder au sommet du football mondial, les immenses attentes placées en lui et, en même temps, une forme de résignation face à un lien qui semble s’effilocher au fil des années, à mesure que Dda Smail, aujourd’hui âgé de 91 ans, ne peut plus revenir dans le village de ses ancêtres.

Mais, au fond, peu importe. Ici, au milieu des montagnes noircies par les flammes, on continuera toujours de vibrer aux exploits de « Zizou », comme si chacun gardait l’espoir qu’un jour, l’enfant du pays revienne fouler la terre de ses parents…

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