
Créé par Karim Hanni, un Franco-Algérien, en 2024, Racines d’Algérie assiste les personnes qui souhaitent revenir en Algérie mais qui n’ont pas les documents requis.
Le fondateur explique à TSA pourquoi il a créé cette entreprise.
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L’idée du projet est née à la suite d’un voyage en Algérie organisé avec son frère. Très attaché à sa famille, il souhaitait lui faire découvrir leur village d’origine et leurs racines.
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Cette expérience a profondément bouleversé son frère, pourtant peu intéressé jusque-là par ses origines. « Il en a pleuré au village », raconte-t-il, évoquant l’accueil de la famille et la découverte de leur histoire.
De retour en France, son frère décide d’entreprendre les démarches pour obtenir ses papiers algériens. Depuis, il a également effectué les démarches pour ses filles et prépare aujourd’hui un voyage en Algérie avec son épouse.
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Cette expérience personnelle fait prendre conscience à Karim Hanni que beaucoup de descendants d’Algériens ressentent ce même besoin de renouer avec une partie de leur histoire. Il crée alors Racines d’Algérie avec l’ambition d’accompagner ces parcours de reconnexion.
L’idée n’est pas simplement d’organiser un voyage, mais d’aider chacun à retrouver un lien avec son histoire familiale, sa culture et ses origines. Selon lui, beaucoup de membres de la diaspora ressentent ce besoin de reconnexion, parfois après plusieurs décennies d’absence.

Karim Hanni à Alger, avec Fatima, la première personne accompagnée par Racines d’Algérie dans son retour aux sources, après plus de 20 ans d’absence en Algérie / DR
Très rapidement, les demandes administratives prennent une place importante dans son activité. « Aujourd’hui, environ 80 % de mon travail concerne les démarches administratives », précise-t-il.
Karim accompagne notamment les personnes dans leurs demandes de nationalité algérienne, de passeport, de documents d’état civil, ou encore dans la résolution de dossiers complexes liés à la filiation, aux erreurs d’état civil ou aux recherches généalogiques.
Mais pour lui, ces démarches ne sont jamais une finalité. Elles constituent souvent la première étape d’un parcours beaucoup plus personnel. Derrière chaque dossier se cache une histoire familiale, parfois marquée par l’exil, la séparation ou des décennies de silence. Son rôle consiste autant à guider et rassurer qu’à résoudre les difficultés administratives.
« Depuis 2024, j’ai accompagné plus d’une centaine de personnes afin qu’elles puissent retourner en Algérie », indique-t-il.
Karim Hanni a accompagné toutes sortes de profils, âgés de 18 à plus de 75 ans.
« Les profils sont très variés : jeunes adultes, retraités, enfants ou petits-enfants d’Algériens, personnes métissées, ou encore personnes qui n’ont pas remis les pieds en Algérie depuis plusieurs décennies », détaille-t-il. « Certaines n’étaient pas revenues en Algérie depuis plus de 20, 30 ou 40 ans », précise le Franco-Algérien.
Il cite notamment le cas d’une femme qu’il accompagne actuellement et qui n’était pas revenue en Algérie depuis plus de quarante ans.
Racines d’Algérie reconnecte la diaspora à leurs origines
D’autres témoignages l’ont également marqué, comme celui d’une personne revenue au pays après vingt-quatre ans d’absence, qui lui a confié avoir enfin trouvé le courage de franchir le pas.
Au fil de son activité, il constate que les démarches administratives permettent souvent de renouer des liens familiaux, de transmettre une histoire aux enfants ou de préparer un premier voyage longtemps repoussé.
« Derrière chaque dossier, il y a une histoire familiale. Ce que j’essaie de retrouver, ce ne sont pas seulement des papiers, ce sont des racines », résume-t-il.
Pour cet ancien agent de sûreté aéroportuaire, cette reconversion représente également une réussite personnelle.
Après avoir perdu son emploi dans ce secteur, il s’est retrouvé, pour la première fois de sa vie, au chômage. « C’était la première fois que je me retrouvais sans travail », confie-t-il.
« Quand une personne retrouve une partie de son histoire ou ose enfin retourner en Algérie, je me dis que j’ai atteint mon objectif », conclue-t-il, selon lui, retrouver ses racines, c’est retrouver une part de soi.