
L’avenir s’assombrit pour les concessionnaires automobiles. Le blocage des importations de véhicules place dans le rouge la majorité des représentants locaux des constructeurs étrangers. « Les concessionnaires automobiles sont dans le rouge », alerte un membre de l’Association des constructeurs et concessionnaires automobiles en Algérie (AC2A) qui a requis l’anonymat. Parmi les concessionnaires durement touchés par la crise figurent les représentants de grandes marques comme Nissan, Toyota, Mercedes, Peugeot et Diamel.
Réunis lundi, une douzaine de membres de cette association ont discuté des conséquences de la décision du gouvernement de ne pas attribuer de quotas d’importation de véhicules en 2017 sur leurs activités. « Il n’y aura pas de quotas même en 2018 », anticipe notre source qui a assisté à cette réunion, en rappelant que le ministre du Commerce, Mohamed Benemeradi, a laissé entendre, il y a quelques jours, qu’il n’y aura pas de quotas de véhicules en 2017 et en 2018.
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« Il y a quatre concessionnaires qui ont obtenu des autorisations pour lancer des usines d’assemblage. Les autres ont déposé des dossiers pour des usines d’assemblage et ils attendent la réponse du gouvernement », explique notre source. Cette attente commence à devenir pesante et longue pour les concernés. « Certains concessionnaires risquent de déposer le bilan avant la fin de l’année », affirme la même source.
Seul Peugeot semble optimiste sur l’issue de ses négociations avec le gouvernement qui durent depuis deux ans. « Peugeot est confiant et pense que son dossier va aboutir», affirme notre source. « Le responsable de Peugeot a laissé entendre que la signature du contrat attend une rencontre de haut niveau entre les deux pays », explique notre source.
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Le moral est donc au plus bas dans le secteur automobile, même si le président de l’AC2A, Sefiane Hasnaoui tente de rester positif. « Aucun quota de véhicules n’a été remis en 2017 », déplore-t-il. « On peut ne pas comprendre, mais on doit accepter. Tous les secteurs sont touchés par la crise, il n’y a pas que l’automobile », relativise-t-il.
Le président de l’AC2A avoue toutefois que la situation devient « intenable » pour les membres de son association. « On doit faire face à des situations compliquées. Rester 15 mois sans activité, ce n’est pas tenable. Le service après-vente ne couvre que 10% à 15% des frais d’une entreprise et ce n’est pas suffisant pour sauvegarder les emplois », reconnait le président de l’AC2A.
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M. Hasnaoui dit attendre du premier ministre, Ahmed Ouyahia, et du ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, des « clarifications » sur leurs positions concernant le secteur automobile. « Les investissements industriels ont été réalisés par les concessionnaires pour se conformer à la Loi de finances de 2014 sont aujourd’hui fragilisés. Il faut une approche juste pour tous les investisseurs », réclame-t-il, tout en affirmant qu’il y a « une volonté » des pouvoirs publics d’être « justes ». « On n’a pas de doutes là-dessus », insiste-t-il.
M. Hasnaoui, qui est aussi le patron de Nissan Algérie, pense que même les usines d’assemblage déjà en service pourraient être rattrapées par la crise. « Il y a trois ou quatre acteurs qui ont obtenu des autorisations pour assembler des véhicules. Mais en cas d’aggravation de la crise financière qui affecte le pays, tout le monde peut être touché », prévient-il.