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La « libération » de Ceuta évoquée devant Mohammed VI : le double jeu du Maroc

Un ministre marocain a évoqué la libération des enclaves espagnoles Ceuta et Melilla devant le roi Mohammed VI. L’Espagne découvre le vrai visage du Maroc.

La « libération » de Ceuta évoquée devant Mohammed VI : le double jeu du Maroc
Un ministre marocain évoque un ouvrage qui appelle à « libérer » Ceuta et Melilla / Source image : DR pour TSA
Amine Ait
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Alors que les relations sont tendues entre Rabat et Madrid depuis l’évasion spectaculaire de milliers de Marocains vers Ceuta, de fortes insinuations concernant l’enclave de Ceuta ont été faites dernièrement par de hauts responsables au Maroc.

Dernière en date : le 24 août dernier, une allusion à l’enclave espagnole dans un discours du ministre marocain des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, devant le roi Mohammed VI et au sein du palais royal à Rabat.

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Un ministre marocain évoque un ouvrage qui appelle à « libérer » Ceuta et Melilla

Comme on peut s’en douter, la référence à Ceuta dans ce discours, quelques jours seulement après l’afflux massif des 72.000 migrants, n’a pas eu pour objectif de valider la souveraineté espagnole sur l’enclave, mais bien au contraire.

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Le ministre marocain a cité, lors de ce discours prononcé à l’occasion de la cérémonie du Mawlid Ennabaoui, « deux penseurs marocains originaires de Ceuta », mais aussi et surtout, un ouvrage soufi de L’imam Al Jazouli, qui a joué selon lui un rôle important « dans la mobilisation des Marocains pour la libération des villes occupées de la côte atlantique au début de l’époque moderne ».

Le Makhzen utilise ainsi l’arme de Ceuta pour atteindre deux objectifs différents, mais liés. D’abord pour des considérations de politique intérieure.

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Il cherche à faire oublier la honteuse évasion de milliers de Marocains vers Ceuta en détournant l’intérêt de l’opinion publique vers une revendication territoriale.

Ensuite, continuer à faire pression sur l’Espagne pour obtenir de nouvelles concessions sur le Sahara occidental, sa priorité stratégique qu’il considère comme une question de sécurité nationale.

Dans les deux cas, le Maroc franchit un nouveau pas dans sa stratégie belliqueuse de tension permanente avec ses voisins.

En Espagne, l’évocation de la « libération » de Ceuta devant Mohammed VI a fait l’effet d’une bombe. La presse espagnole a compris le message de Rabat qui agit toujours d’une façon détournée, jamais de front.

« Un ministre marocain affirme la souveraineté sur Ceuta devant le roi », titre El Periódico. Le Maroc invoque des « sages médiévaux » pour justifier « la fin de l’occupation », indique L’Español.

Pour Ceuta Hora, un journal local de l’enclave espagnole, « le Maroc réaffirme ses revendications ». Car il ne s’agit pas de la première fois que le Maroc jette le doute sur sa reconnaissance de la souveraineté espagnole sur l’île : le 21 août dernier, le ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi, lors d’un entretien télévisé, a textuellement appelé à « un retour au sein de la partie » de l’enclave marocaine, estimant qu’il s’agit d’un « droit historique et géographique ».

Quand l’Espagne découvre le vrai visage du Maroc

L’Espagne croyait pourtant en avoir fini avec l’histoire de Ceuta, conquise par les Portugais au 15ᵉ siècle, et qui s’est retrouvée sous domination depuis le 16ᵉ siècle, et ce, notamment après avoir reconnu, en mars 2022, la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En contrepartie de cet alignement, le Maroc s’est engagé à ne plus réclamer Ceuta et Melilla.

Mais l’Espagne n’a pas tardé à découvrir que le Maroc n’est pas un pays fiable. Un peu plus de quatre ans après le revirement historique de Madrid sur le Sahara occidental, obtenu après avoir lâché sa bombe migratoire sur les enclaves espagnoles, le Maroc repart à l’attaque, enhardi par le soutien du nouvel allié israélien.

Outre les dernières insinuations de ses responsables concernant la marocanité de Ceuta, le Maroc est aussi sérieusement soupçonné d’avoir facilité le passage des migrants vers l’enclave espagnole fin juillet dernier, causant une grave crise migratoire, un levier qu’il avait déjà utilisé en mai 2021, avant que l’Espagne ne lâche la carte du Sahara occidental.

Il est à noter que ces nouvelles pressions politiques et migratoires exercées par le Maroc sur l’Espagne interviennent après la visite du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, en Algérie, le 20 juillet dernier. Moins de 10 jours après, Ceuta était assaillie par des milliers de migrants marocains.

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