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En plus des échanges commerciaux qui ont fortement baissé, la crise entre la France et l’Algérie a impacté de nombreuses entreprises françaises.
Dans une note d’éclairage sur la relation algéro-française réalisée en ce mois de septembre 2026, l’Institut Montaigne a décortiqué, entre autres aspects de la relation bilatérale, celui de l’économie.
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Il donne un chiffre sur le nombre d’entreprises françaises qui ont fait faillite à cause de la crise entre les deux pays qui s’est déclenchée en juillet 2024 à la suite de la décision du président Emmanuel Macron de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
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L’Institut Montaigne fait état d’une relation économique centrée sur les hydrocarbures et de retombées de la crise bilatérale et des changements tant juridiques que politiques survenus en Algérie.
Intitulée « Sortir de l’émotion », la note est rédigée par Michel Duclos et Augustin Motte. Les deux auteurs mettent en évidence d’emblée les liens économiques plus forts de la France avec le Maroc et la Tunisie plutôt qu’avec l’Algérie.
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Au classement des partenaires de la France dans la région Mena, l’Algérie n’est que troisième (derrière le Maroc et les Émirats Arabes Unis). Et alors que 2 000 entreprises françaises opèrent au Maroc et autant en Tunisie, le chiffre est quatre fois moins important qu’en Algérie. Aussi, le volume des échanges France-Algérie était limité à 11 milliards d’euros en 2024, tandis que les deux autres pays du Maghreb dépassent ce chiffre “alors que leurs sous-sols ne renferment que peu d’hydrocarbures”.
Les hydrocarbures, “l’un des rares aspects gagnant-gagnant de la relation”
Les hydrocarbures demeurent “au cœur de la relation économique”, au moment où la présence économique de la France en Algérie “se heurte aujourd’hui à une méfiance croissante, faisant le jeu de puissances économiques concurrentes”, pointe le think tank proche du patronat français.
Les énergies fossiles représentent en effet plus de la moitié des échanges bilatéraux et près de 90% des importations françaises depuis l’Algérie, précise la note.
Même dans les périodes de tension les plus aigües, la rupture de la fourniture d’hydrocarbures algériens à la France n’a jamais été envisagée, ce qui, soulignent deux spécialistes, constitue “l’un des rares aspects gagnant-gagnant de la relation”.
Cependant, la France est moins dépendante du gaz algérien que de ses partenaires européens. Elle n’importe que 12% de son gaz naturel et 9% de son pétrole d’Algérie, qui est son 4e fournisseur pour chacune de ces ressources.
“Une méfiance à l’égard de la France”
La culture économique de l’Algérie étant d’essence “étatiste”, c’est sans surprise que la dégradation des relations entre les États se ressent sur l’intensité des rapports économiques, expliquent les auteurs de la note d’éclairage.
En termes d’investissement, la France est plus présente au Maroc et en Tunisie (2,8 milliards d’euros de stock d’IDE en Algérie, autant en Tunisie qui a un PIB 5 fois moins élevé et 8,4 milliards au Maroc). Néanmoins, l’investissement français en Algérie apparaît “très résilient à la dégradation des relations bilatérales”, selon l’Institut Montaigne.
Aussi, la France est l’un des seuls pays à disposer d’un portefeuille d’investissements très diversifié en Algérie (hydrocarbures, électricité, agroalimentaire, santé…) et qui génère 40 000 emplois directs.
La note fait toutefois état d’une “méfiance à l’égard de la France particulièrement renforcée” depuis 2019 qui rejaillit sur ses grandes entreprises.
Cela s’est traduit par “une restriction systématique de l’accès de la France aux marchés stratégiques algériens”, à l’image du blé, dont les importations algériennes provenaient de France à 80-90% jusqu’à 2019, avant de chuter à presque rien, pointe encore l’Institut Montaigne.
En 2025, 600 entreprises françaises exportatrices vers l’Algérie ont fait faillite
Le recul de la part de la France sur le marché algérien se fait au profit d’autres partenaires, particulièrement la Chine, la Turquie et l’Italie. Cette dernière “n’a jamais manqué l’occasion de profiter des carences de la France dans sa relation avec l’Algérie”, lit-on dans la note de l’Institut Montaigne. FIAT a par exemple ouvert une usine à Oran après la suspension de l’activité de l’usine Renault de la même ville, pour le manque d’intégration locale de ses pièces.
En janvier 2025, c’est Michelin qui a quitté le marché algérien. A contre-courant de cette tendance, la banque Société Générale a inauguré en avril 2026 un nouveau siège très moderne à Alger pouvant accueillir plus de 900 salariés.
Les auteurs de la note signalent toutefois que la relation commerciale franco-algérienne est aussi le fait de petites entreprises, souvent tenues par des binationaux et dont beaucoup dépendent fortement du marché algérien.
Sur 5 000 entreprises françaises qui exportent vers l’Algérie, un tiers y font plus du quart de leur chiffre d’affaires. Et c’est cela qui explique “la relative résilience de la part de marché française” mais le risque est réel “en cas de fortes tensions diplomatiques” comme en témoignent “les quelque 600 faillites d’entreprises françaises exportatrices vers l’Algérie pendant la crise de 2025”.
En plus de ces faillites, la crise franco-algérienne a impacté les échanges commerciaux entre les deux pays qui ont passés en août à moins de 9 milliards d’euros contre 11 milliards en 2024.