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Confrontées à un manque de liquidités, les banques tentent de capter l’argent de l’informel

Les banques algériennes vivent une situation de manque de liquidités qui s’explique essentiellement par le volume important des crédits accordés ces dernières années et par la crise financière provoquée par…

Confrontées à un manque de liquidités, les banques tentent de capter l’argent de l’informel
Mounir Acef
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Les banques algériennes vivent une situation de manque de liquidités qui s’explique essentiellement par le volume important des crédits accordés ces dernières années et par la crise financière provoquée par la baisse des prix des hydrocarbures, a expliqué, ce mardi 10 octobre, Boualem Djebbar, président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF).

Une forte croissance des crédits à l’origine des difficultés

« Il y a eu une baisse de la liquidité qui s’explique essentiellement par deux facteurs. Le premier facteur est lié à la croissance des crédits des banques ces dernières années. Elle atteint une moyenne de 20% sur pratiquement les trois, quatre dernières années. On a même atteint un pic de 26% de croissance des crédits en 2014 (…) et même en 2017, on a fait 7% à la fin juin par rapport au 31.12.2016 », a détaillé M. Djebbar.

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« Le second facteur qui a contribué à la baisse de la liquidité est lié au choc externe dû à la baisse des prix du pétrole et donc la baisse des recettes provenant des hydrocarbures », a-t-il ajouté.

Pour Boualem Djebbar, le manque de liquidités que connaissent les banques n’est pas lié à un non-recouvrement des dettes. Il a imputé l’impact des crédits sur les liquidités aux délais de remboursements et aux différés de paiement.

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« C’est essentiellement les crédits qui sont donnés et c’est la nature des crédits aussi. Quand on voit la composition des crédits qui sont à 75% des crédits, moyen et long termes, et une bonne partie est donnée avec un différé important qui peut aller jusqu’à dix ans dans certains cas de crédits publics (…) Quand on donne un crédit aujourd’hui avec un différé de cinq ans, ça veut dire que je ne peux pas renouveler rapidement la ressource que j’ai allouée ».

Les fonds informels

Malgré ces difficultés sur le plan des liquidités, la situation des banques est « normale », d’après M. Djebbar qui a annoncé le retour aux instruments de refinancement des banques par la Banque d’Algérie qui étaient « pratiquement gelés pendant très longtemps vu que les banques avaient des liquidités pendant plusieurs années ».

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À propos des nouvelles mesures instaurées par la Banque d’Algérie concernant les opérations d’importation, Boualem Djebbar a déclaré : « La Banque d’Algérie est en train de durcir les conditions d’importation avec un nouveau règlement qui concerne la révision des modalités de domiciliation. L’opérateur devra mobiliser 120% de la provision au moins un mois avant l’opération de domiciliation ». Une mesure qui, d’après M. Djebbar, permettrait de « remettre un peu d’ordre dans les opérations de domiciliation et ça donnera surtout de la visibilité à la Banque d’Algérie en matière de consommation des devises ».

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Boualem Djebbar a rappelé que cette nouvelle procédure imposée par la Banque d’Algérie aux importateurs s’inscrit dans la continuité d’une autre mesure prise l’année dernière : la pré-domiciliation électronique. Cette dernière, selon le président de l’Abef, « permet de connaître à l’avance la nature de l’opération, de la marchandise, de connaître le client et de permettre aux banques de faire les premiers contrôles sur l’entreprise elle-même et sur ses indicateurs financiers, selon les exigences de la Banque d’Algérie ».

Dans le but de capter les fonds circulant en dehors du circuit bancaire, « les banques ont mené plusieurs actions. D’abord à travers la diversification des produits d’épargne et le développement des moyens de paiement électronique », a affirmé M. Djebbar.

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« En matière de développement des moyens d’épargne, la finance participative ou islamique va permettre à ceux qui sollicitent ce type de financement d’avoir une offre existante au niveau des banques ». « Les banques publiques, au moins, se préparent toutes pour entrer dans ce dispositif (de finance islamique). Certaines vont démarrer avant la fin de l’année, d’autres au premier semestre de l’année 2018 », a-t-il rappelé.

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